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Retours de Masvidal et du public, trois combats pour un titre: pourquoi l’UFC 261 est un énorme événement

L’UFC 261, ce week-end à Jacksonville en Floride (en direct à 4h dans la nuit de samedi à dimanche sur RMC Sport 2), se fera dans une salle comble, une première en intérieur dans le monde du sport depuis le début de la pandémie de Covid-19. Avec une carte à la hauteur de ce retour des fans: la superstar Jorge Masvidal tente une nouvelle fois de devenir champion des welters face à Kamaru Usman et deux titres féminins sont en jeu avec des combats Weili Zhang-Rose Namajunas et Valentina Shevchenko-Jessica Andrade qui promettent.

La formule va avec son sourire du moment, XXL. "J’attends ça depuis très longtemps. C’est génial." Patron exécutif de l’UFC, Dana White ne pouvait pas cacher son sourire ce jeudi au moment de démarrer la dernière conférence de presse avant l’UFC 261. Raison de son bonheur? La présence des fans en tribunes. Pour l’exercice médiatique mais surtout lors de l’événement en lui-même, ce samedi soir à la VyStar Veterans Memorial Arena de Jacksonville, en Floride. Un an après avoir été la première grosse organisation sportive à reprendre ses activités malgré la pandémie de Covid-19, le 9 mai dernier pour l’UFC 249, l’UFC retrouve la même salle floridienne pour une nouvelle grosse étape vers le retour à la vie "normale": près de 17.000 spectateurs garniront l’enceinte pour le premier événement sportif à faire salle comble en intérieur depuis plus d’un an.

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"J’ai connu beaucoup de grands moments dans ma carrière, poursuit White. Et c’est l’un d’entre eux. C’est une grande soirée, non seulement pour les combattants et l’UFC mais pour le sport en général. On prouve que ça peut être fait sans danger." Ce qui n’empêche pas la controverse sur cette décision, surtout après la sortie du boss de l’UFC expliquant que chaque spectateur serait "libre de son choix" pour porter un masque ou non. Républicain affiché, soutien de longue date de l’ancien président Donald Trump, White n’en a cure et garde le pied sur l’accélérateur. Et les fans lui ont donné raison en se ruant très vite sur les tickets, preuve d’une forte envie de revoir du sport depuis les tribunes mais aussi d’une carte de qualité.

Les 17.000 "chanceux" auront de quoi se régaler. Le retour du public est aussi celui de Jorge Masvidal. "Gamebred", la plus grande star de l’UFC et du MMA derrière Conor McGregor, qui a passé son automne à faire campagne pour Trump, se voit accorder une nouvelle chance pour le titre des welters face au champion Kamaru Usman, qui l’avait battu sur décision unanime en juillet dernier lors de l’UFC 251 sur la "Fight Island" à Abu Dhabi après l’avoir asphyxié au sol en fin de combat. Mais avec une différence de taille: le "Baddest Motherfucker" de l’UFC (il a même une ceinture pour ça) avait accepté ce premier combat six jours avant l’événement, en remplacement d’un Gilbert Burns frappé par le Covid, et avait dû couper une dizaine de kilos et un peu plus d’une centaine d’heures. Pas l’idéal pour le cardio, quoi.

"Briser sa volonté"

"Toute l’énergie que j’avais dépensée à perdre du poids va être utilisée pour le finir dans la cage", précise avec un sourire plein d’appétit celui qui a pu cette fois se préparer pendant plusieurs semaines et a notamment travaillé des techniques pour contrer les coups sur les pieds infligés par son adversaire en juillet. En face, Usman cherchera à poursuivre sa série d’invincibilité depuis son arrivée à l’UFC – treize victoires de rang, deuxième meilleur total de l’histoire de l’organisation derrière les seize du Brésilien Anderson Silva – et à se rapprocher un peu plus du légendaire Georges St-Pierre dans le débat sur le "GOAT" (le meilleur de tous les temps) des welters.

Le Nigérian, spécialisé dans la lutte à l’origine, vient aussi prendre un gros chèque : c’est lui qui avait défié Masvidal pour une nouvelle danse, après sa victoire dominante sur Burns en février, avec l’envie de "briser sa volonté pour de bon" et conscient de ce que rapporte un moment partagé dans la cage avec la star floridienne qui avait permis à leur premier combat de vendre 1,3 million de pay-per-views. Le "main event" (combat principal) fait saliver mais il ne sera peut-être pas le combat le plus spectaculaire. Car il y a du lourd derrière. Pour la septième fois de son histoire, qui compte plus de 550 événements depuis 1993, l’UFC organise une soirée avec trois combats pour un titre: Usman-Masvidal, donc, mais aussi les deux chocs féminins Weili Zhang-Rose Namajunas et Valentina Shevchenko-Jessica Andrade.

"Better dead than red"

Le premier promet une "guerre" passionnante et un festival de striking entre la Chinoise, qui défend son titre des pailles pour la deuxième fois, et la combattante américaine, ancienne championne de la catégorie qui tente de devenir la première à remporter deux fois cette ceinture. La puissante Zhang, qui n’aura pas vraiment vu les effets de la pandémie puisque sa dernière sortie – une victoire sur l’ancienne championne Joanna Jedrzejczyk dans un combat inoubliable, qui a dû laisser des traces aux deux – date du dernier événement avec salle comble, l’UFC 248 en mars 2020, sera sans doute plus déterminée que jamais pour garder sa couronne après la sortie controversée de Namajunas qui a expliqué dans un média lituanien (en utilisant notamment l’expression historique détournée "better dead than red") trouver une partie de sa motivation face à sa rivale chinoise dans l’opposition au communisme (elle est d’origine lituanienne) alors que la championne n’a jamais soutenu son régime ou exprimé ses idées politiques publiquement.

Bref, ça sent la castagne entre les deux. Même parfum autour du combat pour le titre des mouches entre la championne kirghize Valentina Shevchenko et sa challenger brésilienne Jessica Andrade. Ancienne détentrice de la ceinture des pailles, cette dernière – qui connaît bien les deux combattantes précédentes pour avoir gagné le titre contre Namajunas avant de le perdre contre Zhang – peut devenir la deuxième femme de l’histoire de l’UFC sacrée dans deux catégories après sa compatriote Amanda Nunes. Mais pour atteindre son but, cette combattante agressive qui met beaucoup de pression à l’adverse doit faire face à une tueuse de l’octogone, Shevchenko, considérée comme la meilleure combattante féminine toutes catégories confondues avec Nunes – Andrade la met même devant – qui détruit une à une les rivales mises devant elle.

"Ça me donne une cible claire"

Andrade avoue même qu’elle s’attend à se faire toucher, car Valentina est "trop rapide", mais prétend avoir les armes pour faire mentir les pronostics (elle a le deuxième plus grand nombre de "finishs" chez les femmes dans l’histoire de l’UFC derrière Nunes et à égalité avec Ronda Rousey). En face, la machine à coups de pied Shevchenko se régale d’avance car elle adore ce genre d’adversaire qui va courir sur elle pour tenter de l’étouffer: "Ça me donne une cible claire, je n’ai pas à chercher le bon spot".

En cas de victoire des deux, ce qui loin d’être fait, on rêve déjà d’une Weili Zhang qui monterait chez les mouches pour la défier dans un combat de championnes, ce qui lui donnerait peut-être un peu plus de fil à retordre que d’habitude même si Andrade est une belle opposition, ou encore mieux d’un troisième combat contre Nunes, qui l’a déjà battu deux fois mais avec une décision qui prête à discussion dans le deuxième, pour régler une bonne fois pour toutes le débat de la meilleure combattante de la planète. Les combattant(e)s sont bouillant(e)s, les fans sont prêts à donner de la voix: attention grand spectacle, ça va rugir façon jaguars à Jacksonville.

https://twitter.com/LexaB Alexandre Herbinet Journaliste RMC Sport