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UFC 266: Volkanovski-Ortega, la télé-réalité en booster de rivalité

Champion des plumes, Alexander Volkanovski remet son titre en jeu contre Brian Ortega ce samedi soir à Las Vegas lors de l’événement UFC 266. Prévu en mars mais reporté, ce combat intriguant a pu bénéficier de l’émission The Ultimate Fighter, où les deux étaient opposés comme coaches, pour voir leur inimitié grandir, promesse d’un choc encore plus acharné que prévu.

Il y a des reports qui ne modifient rien. Et d’autres qui changent la donne. Champion des plumes de l’UFC depuis sa victoire par décision unanime sur Max Holloway en décembre 2019, Alexander Volkanovski (22-1 en carrière) devait effectuer sa deuxième défense de titre – la première était une revanche contre Holloway en juillet 2020, pour un succès sur décision partagé – contre Brian Ortega (15-1, 1 NC en carrière) en mars dernier, sur le pay-per-view UFC 260 qui a vu Francis Ngannou s’emparer de la couronne des lourds. Mais le combat avait été annulé en raison des protocoles sanitaires, Volkanovski confirmant ensuite avoir été positif au Covid.

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L’UFC décidait alors de reporter ce choc mais aussi et surtout de placer l’Australien – premier natif de son pays champion de la plus grande organisation de combats de MMA, son compatriote Robert Whittaker un temps monté sur le trône des moyens étant né en Nouvelle-Zélande – et l’Américain comme coaches pour le retour de l’émission The Ultimate Fighter, le show de télé-réalité qui offre un contrat UFC à son vainqueur. La solution pour rendre une booster une rivalité à la base trop terne pour "vendre". Résultat? Obligés de se côtoyer plus que de raison, "The Great" (surnom de Volkanovski, jeu de mots avec son prénom) et "T-City" (surnom donné à Ortega pour sa capacité à infliger des soumissions via des étranglements en triangles) ont pu faire grandir leur inimitié à vitesse grand V.

"C'est pour ça que je l'ai surnommé Little Princess"

Quelques noms d’oiseaux par-ci, quelques mauvais coups par-là, comme quand le clan Ortega met la voiture de Volkanovski sur des crics et lui laisse des poneys et des chevaux comme moyen de transport, et "cette rivalité plutôt amicale est devenue bouillante" comme le résume le narrateur de la vidéo UFC Countdown publiée ces derniers jours. Le challenger y a même gagné un nouveau sobriquet. "Certaines des choses qu’il disait ou faisait… Ça m’a fait dire qu’il était juste un petit morveux trop gâté, lance le champion des plumes. Il s’en est pris à ma voiture et il a ensuite été pleurer auprès des producteurs pour que je ne touche pas la sienne. Qui fait un truc comme ça? C’est pour ça que je l’ai surnommé Little Princess" (petite princesse en français).

Les dernières heures, entre la conférence de presse et le face-à-face pour les photographes, a confirmé que les deux hommes ne s'aimaient pas. Jusqu'à voir Volkanovski revenir sur le contrôle positif à un stéroïde (il avait été suspendu neuf mois) de son rival en 2014 après son premier combat à l'UFC... qu'il venait d'apprendre: "Tu ne mérites pas d'être là après ce que je viens de savoir. Tu es juste un p... de tricheur dopé!" Et l’Australien, qui reste sur dix-neuf victoires consécutives dont l'ancien champion José Aldo et Chad Mendes juste avant les deux sur Holloway, de se projeter: "Ma confiance est à un niveau tellement haut que simplement gagner n’est pas assez pour moi. Quand on sera dans la cage, il n’y aura aucun moyen pour toi de s’échapper. Quand je t’aurai mis dans une position inconfortable, tu ne pourras plus aller pleurer auprès des producteurs. Je serai sur toi, à te frapper sans cesse, et rien ne pourra te sauver. Je vais te mettre la pression, te mettre une raclée. J’y vais pour te mettre KO et c’est ce qui va se passer."

Battu par Max Holloway pour la ceinture des plumes en décembre 2018 (arrêt du docteur), combat où il avait pris 290 "coups significatifs" en quatre reprises alors que Volkanovski en a pris 236 en… dix rounds face au même adversaire, Ortega paraît aujourd’hui plus complet, notamment debout, comme l’a prouvé sa démonstration de force face au "Korean Zombie" Chan Sung Jung en octobre dernier (victoire sur décision unanime). Problème? Sur les trois dernières années, il n’est monté dans la cage que pour ces deux combats.

Une inactivité qui pourrait entrer dans l’équation face au très complet Volkanovski, déjà quatorzième au nombre de coups de pied infligés à ses adversaires dans l’histoire de l’UFC (264) alors qu’il n’a que le 251e plus gros total de temps de combat dans cette organisation (un peu plus de 136 minutes), connu pour son endurance et son rythme et qui confirme être remis "à 100%" de son épisode Covid. Ortega préfère balayer l’argument et annoncer la couleur: "Si tu pars à la guerre avec moi, tu es déjà foutu. Volkanovski est un combattant qui va à la décision. Ce n’est pas mon truc, pas mon jeu. Je viens direct devant ta tête pour que ça swingue. Le plan est d’aller dans la cage et de détruire cet homme par tous les moyens." La couronne des plumes est au bout. Mais son détenteur ne compte pas la lâcher. "Brian a évolué comme combattant, admet le champion, mais est-ce que ce sera suffisant? Non." Réponse définitive ce samedi soir à Las Vegas.

https://twitter.com/LexaB Alexandre Herbinet Journaliste RMC Sport