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UFC: takedown et lutte au sol, comment Ngannou a réussi à dominer Gane

Vainqueur par décision unanime des juges à l'issue du cinquième round, Francis Ngannou a conservé son titre de champion du monde des lourds de l'UFC face à Ciryl Gane. Mais le combattant camerounais a surpris en misant sur le sol, lui qu'on attendait avec ses poings.

Francis Ngannou a su faire preuve de patience. Opposé à Ciryl Gane samedi à Anaheim (Californie), le Camerounais a conservé sa ceinture de champion du monde des lourds de l'UFC sur décision unanime des juges (48-47, 48-47, 49-46), infligeant une première défaite en carrière à son adversaire.

Ngannou a travaillé le sol

Dans l'octogone du Honda Center, sous les yeux notamment de Mike Tyson, Francis Ngannou a pris l'avantage lors du troisième round, en plaquant au sol Ciryl Gane, pour lui imposer tout son poids (115kg). Seulement pratiquant de MMA depuis un peu plus de trois ans, le Vendéen de 31 ans n'avait jamais encore été confronté dans sa carrière à cette configuration.

Habitué des K.O, Ngannou peinait à trouver la faille dans les deux premiers rounds, face à un adversaire très mobile, capable de placer plusieurs coups de pied retournés. Mais touché au genou il y a trois semaines, Francis Ngannou a été dans l'obligation de se réinventer. "Comme j'avais un handicap avec un ligament croisé antérieur déchiré il y a trois semaines, j'ai saisi l'occasion au sol car je n'étais pas très stable sur mon genou, a révélé Ngannou à RMC Sport, qui s'est entraîné spécifiquement au sol ces dernières semaines. Cela m'évitait d'étouffer mon genou."

Francis Ngannou s'est donc appliqué à envoyer plusieurs fois Ciryl Gane au sol, le fatiguant peu à peu. Habitué à frapper avec ses poings, le "Predator" s'est avéré plus méthodique dans sa tactique face au "Bon Gamin", qui peinait à cacher sa "frustration" après le combat, souhaitant déjà une "revanche" future. Envoyé au sol, Gane avait réussi dans le troisième round à se relever une première fois, avant de subir un nouveau takedown, bloqué ensuite par son rival contre la cage.

Gane regrette sa clé de talon

Pourtant, Ciryl Gane a bien eu des occasions malgré tout. Sur une prise au sol dans le troisième round, le champion français n'était pas loin de réaliser une kimura (prise de soumission), dont Ngannou a réussi à se défaire avec puissance. Mais un nouveau takedown dans la quatrième reprise continuait de fatiguer Gane, qui enchaînait les moments difficiles.

Pourtant, sur une clé de talon lors de la cinquième reprise, Ciryl Gane a failli avoir l'occasion de renverser la tendance. " On était à pas grand-chose de le faire taper sur la clé de talon, a déclaré Gane à RMC Sport. Il m'a manqué des détails." Mais malgré cette ultime tentative, Ciryl Gane avait compris la sentence à l'issue du cinquième et ultime round, se disant "désolé" pour tous ceux qui le soutiennent.

Dix mois après son K.O contre l'Américain Stipe Miocic, Ngannou a prouvé qu'il était finalement plus complet que ce que les observateurs pouvaient penser. "Je voulais rappeler à tout le monde que j'étais le champion", a commenté Ngannou dès ses premiers mots prononcés dans l'octogone.

Ngannou se voit dans la boxe

"Surpris" par la capacité de Ciryl Gane à résister pendant cinq rounds, Francis Ngannou est désormais libéré, selon lui, de ses obligations avec l'UFC. Son contrat a expiré avec ce combat et les négociations pour une prolongation n'ont pas encore abouti. 'J'ai la boxe dans un coin de la tête, je ne vais pas passer ma vie à l'UFC", a prévenu Ngannou, qui admet une "situation tendue" avec les dirigeants de l'UFC.

Pour que les spectateurs puissent assister à une revanche entre les deux hommes, il faudra déjà donc que Ngannou reste dans le giron UFC, lui qui conteste avec son clan la clause de champion, qui devrait l'obliger à signer pour une année de plus ou disputer trois nouveaux combats. "Tout est possible pour la suite (...). Je combats pour la liberté et l'indépendance", a assuré Ngannou, qui veut que son contrat soit largement revalorisé.

GL