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Le capitaine soviétique Igor Netto mène ses troupes avec le trophée de vainqueurs de l'Euro 1960

Le capitaine soviétique Igor Netto mène ses troupes avec le trophée de vainqueurs de l'Euro 1960 - Icon Sport

Le premier Euro raconté par ceux qui l'ont joué

Un Français à l’origine de sa création, un tournoi boudé par plusieurs nations, des Yougoslaves à pied après le train, un quart de finale zappé pour raisons géopolitiques, une équipe de France à domicile qui s'écroule en cinq minutes, l’URSS du légendaire Lev Yachine qui s’offre son seul sacre: RMC Sport vous raconte la première édition de l’Euro, en 1960, avec des témoins de l’époque. Une compétition encore loin d’être le mastodonte qu’elle est devenue aujourd’hui.
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La Coupe décernée aux champions d’Europe porte toujours son nom soixante-et-un an plus tard. Mais il n’aura jamais vu son bébé pousser ses premiers cris. Quand la phase finale de l’édition originelle de l’Euro débute en juillet 1960 sous le nom de Coupe d’Europe des nations (rebaptisée Championnat d’Europe des nations huit ans plus tard), son créateur a déjà quitté ce monde depuis près de cinq ans. Alors qu’il avait proposé l’idée dès 1927, inspiré par une Copa America qui voyait les pays sud-américains se disputer le trône continental depuis 1916, Henry Delaunay meurt en novembre 1955.

Secrétaire général de la Fédération française depuis 1919, le dirigeant français occupe le même poste à l’UEFA depuis la création de cette dernière en juin 1954. L’homme a participé à la création de la Coupe du monde, dont la première édition a eu lieu en 1930 en Uruguay, avec son compatriote Jules Rimet. Quelques années plus tôt, il a aussi été l’un des premiers à imaginer une Coupe d’Europe des clubs champions apparue en 1955 via L’Equipe et son journaliste Gabriel Hanot. Bref, créer des compétitions, ça le connaît. Mais il ne verra pas la naissance de son "Euro", gérée par son fils Pierre, descendant qui a pris sa suite à l’UEFA – appelée Groupe des associations européennes à sa création, impulsée par Delaunay après la levée de l’interdiction de confédérations continentales par la FIFA, à laquelle s’était longtemps opposé le président de l’organisme mondial... Jules Rimet – comme à la FFF.

Henri Delaunay, le dirigeant français à l'origine de la création de l'Euro
Henri Delaunay, le dirigeant français à l'origine de la création de l'Euro © AFP

L’annonce du tournoi, légitimé par le succès des compétitions européennes entre clubs, se fait en juin 1958. Problème? En Europe, cette Coupe des nations n’emporte pas une adhésion dingue. La nouveauté n’attire pas plus que ça. Dix-sept sélections s’inscrivent. Pas emballée par l’idée, l’Angleterre, championne du monde six ans plus tard, n’est pas au rendez-vous. Tout comme l’Allemagne de l’Ouest, victorieuse du Mondial en 1954, la Suède, vice-championne du monde deux ans plus tôt, l’Italie, qui a remporté le trophée planétaire en 1934 et 1938, ou encore les Pays-Bas. Le tournoi est organisé en matches aller-retour avec élimination directe. Avec seize place en huitièmes de finale, il faut éliminer une équipe avant de passer aux choses sérieuses.

URSS-Espagne, le quart qui n'aura jamais lieu

Le tirage au sort désigne l’Irlande et la Tchécoslovaquie pour ce tour préliminaire, disputé en avril et mai 1959 pour une qualification tchèque (4-2 au total). Mais cette mise en bouche ne marque pas les vrais débuts de l’Euro. Ils datent de quelques mois plutôt, le 28 septembre 1958, première manche du huitième entre l’URSS et la Hongrie avec le Soviétique Anatoli Ilyin premier buteur de l’histoire de la compétition au bout de quatre minutes de jeu. Et un retour qui aura lieu… un an plus tard, le 27 septembre 1959. La première équipe éliminée, la Grèce, le sera aussi avant la tour préliminaire, sortie par la France (8-2 au total dont un 7-1) le 3 décembre 1958.

Après des huitièmes qui auront duré de septembre 1958 à octobre 1959, les quarts de finale vont être perturbés par la situation géopolitique. L’Espagne du général Francisco Franco, autoritaire chef de l’Etat, refuse de se rendre à Moscou pour le quart aller. Elle ne veut pas plus accueillir le retour à Madrid. Proposition est lancée de jouer le tour en un match sec sur terrain neutre. L’URSS refuse et l’Espagne est disqualifiée. Les Bleus, qui ont sorti l’Autriche (9-4 au total), la Yougoslavie, la Tchécoslovaquie et l’URSS sont les quatre qualifiés pour la phase finale – qui se jouera ensuite à huit, seize puis vingt-quatre respectivement à partir de 1980, 1996 et 2016 – à l’issue de quarts qui s’étendent entre décembre 1959 et mai 1960.

Trois pays de l’Est et du bloc communiste contre un représentant de l’Ouest. Qui aura la chance de disputer la chose à domicile: la France, qui a vu Just Fontaine surfer sur son record de buts (treize) au Mondial suédois en 1958 pour terminer meilleur buteur des tours qualificatifs à égalité avec le Tchèque Titus Bubernik (cinq chacun), est désignée pays-hôte après concertation des quatre avec l’instance européenne. Troisièmes de la Coupe du monde deux ans auparavant, où l’URSS et la Yougoslavie ont arrêté leur parcours en quarts, les Bleus ne sont pas pour autant des favoris évidents car décimés par les blessures: Just Fontaine, Raymond Kopa, Ballon d’Or en 1958 quand il évoluait au Real Madrid, et Roger Piantoni sont sur le flanc, soit l’ensemble du trio offensif de l’épopée de 1958, tout comme le solide défenseur central Raymond Kaelbel et le gardien François Remetter. "Vous prenez un coup au moral car vous êtes prêt à représenter la France mais vous êtes clairement diminué", confirme Maryan Wisniewski, alors attaquant au RC Lens, quatre-vingt-quatre ans aujourd’hui.

L'équipe de France retenue pour l'Euro 1960 prend la pose avec son staff
L'équipe de France retenue pour l'Euro 1960 prend la pose avec son staff © DR/FFF

Les Français se préparent à Chantilly, leur camp de base pour le tournoi, "dans une ambiance sympa" dixit Michel Stievenard, alors attaquant du RC Lens. Avec "deux matches amicaux contre des petites équipes" qui vont permettre à certains de gagner leur place dans un collectif à reconstruire qui ne compte que quatre joueurs de l’équipe de 1958 (Jean Vincent, Robert Jonquet, Jean-Jacques Marcel et Maryan Wisnieski). "J’avais l’habitude de jouer en 11 mais il y avait Jean Vincent sur l’aile gauche et Albert Batteux m’a fait jouer en 10, se souvient Michel Stievenard, quatre-vingt-trois ans aujourd’hui, l’un des sept Bleus de l’époque encore vivants (sur dix-huit) avec François Heutte, Lucien Muller, Robert Siatka, Jean Taillandier, Jean Wendling et Maryan Wisniewski. J’étais étonné mais j’étais en plein boom sur le plan physique et c’est pour ça qu’il l’a fait. Pour moi, c’était l’année ou jamais. C’est aussi l’année de mon mariage et ça m’avait fait du bien. J’étais en pleine bourre. Jouer en équipe de France, c’était le Graal."

"Quelques anciens n'ont pas été très sérieux"

Comme le défenseur central Robert Herbin, le milieu Robert Siatka et le gardien Jean Taillandier, Michel Stievenard va connaître sa première sélection lors de cet Euro. Ses deux seules capes sous le maillot bleu en carrière –il a été présélectionné une dizaine de fois mais les remplaçants ne pouvaient pas entrer en cours de match à l’époque – auront été les deux matches de cette compétition. Entraîneur du grand stade de Reims en parallèle, Albert Batteux tient les commandes d’un paquebot France remis à neuf (la vraie version du bateau, alors plus grand transatlantique au monde, avait été mise à l’eau à Saint-Nazaire en mai 1960). "Pour nous, c’était monsieur Batteux, raconte Maryan Wisniewski, plus jeune joueur à avoir évolué avec les Bleus (dix-huit ans, deux mois et deux jours) avant de voir son record battu par Eduardo Camavinga en 2020. Pour les Rémois les plus anciens, c’était Bébert car il avait joué avec eux. C’était un monsieur avec une grande classe. Quand il faisait son discours avant les matches, c’était quelque chose de magnifique. Il pouvait être assez dur mais il avait beaucoup de respect pour les joueurs, une grande sympathie, de la douceur. C’était réciproque: les joueurs le respectaient."

La Une de France Football Officiel, organe officiel de la FFF, à la veille de l'ouverture de la phase finale de l'Euro 1960
La Une de France Football Officiel, organe officiel de la FFF, à la veille de l'ouverture de la phase finale de l'Euro 1960 © DR/FFF

"C’était un sacré personnage, d’une gentillesse incroyable, poursuit Michel Stievenard. Il avait l’art de mettre les jeunes en confiance." Pour le sélectionneur, ce premier Euro est "important" (Stievenard). Pour les joueurs, un peu moins, nouvelle compétition oblige. "C’était un truc un peu rapporté, un truc du moment, se souvient Maryan Wisniewski. On le prenait au sérieux, bien sûr, mais ça n’avait rien à voir avec la Coupe du monde. C’était nouveau et il fallait jouer. Mais ça n’avait aucune incidence huit ou dix jours après. Ce n'est pas un souvenir qui est resté très longtemps ou qui me taquine encore. C’était vite oublié, peut-être pas pour tout le monde, mais pour moi en tout cas." "J’étais jeune et motivé pour gagner ma place mais dans mes souvenirs, il y a quelques anciens qui n’ont pas été très sérieux, enchaîne Michel Stievenard. C’était un peu une ambiance de vacances, oui. (Rires.)"

Les Bleus vont jouer à domicile. Mais la pression médiatique reste loin de celle qui accompagne les joueurs modernes. "Il y avait très peu de journalistes qui venaient et nous suivaient, se souvient Michel Stievenard. Il y avait Robert Vergne de L’Equipe, Jean-Philippe Réthacker de France Football… Des gars que je n’ai pas oubliés." Et un petit nouveau qui lance une carrière mythique. "Je me souviens aussi des débuts de Thierry Roland, qui était tout jeune, poursuit l’ancien attaquant lensois. On le connaissait à peine mais au bout de quelques jours, il nous parlait comme s’il nous avait toujours connu." "C’était un tournoi en France avec l’équipe de France donc il y a toujours une forme de pression mais elle était minime car ce n’était pas la Coupe du monde et c’était une première, confirme Maryan Wisniewski. L’équipe n’était pas complète, il y avait pas mal de jeunes…"

Les demi-finales, disputées le 6 juillet, se jouent à Paris (Parc des Princes) et Marseille (Vélodrome). Mais la logistique a quelques ratés, pas illogiques pour une première édition. Après un trajet de vingt-huit heures, les Yougoslaves attendent en vain le car de l’organisation qui doit les récupérer à la gare de Lyon: ils gagneront finalement leur hôtel à pied, trois jours avant la demie face aux Bleus. "On n’aimait pas l’équipe yougoslave, avoue Maryan Wisniewski. C’était la bête noire de l’équipe de France." Les Yougoslaves avaient battu les Bleus lors des Coupes du monde 1954 et 1958 et n’avaient plus perdu contre la France depuis cinq matches. Le sixième de la série sera inoubliable côté français… dans le mauvais sens du terme.

"Quatre buts pour lui sur les cinq"

Les Bleus, qui jouent en rouge, encaissent un premier but mais en marquent trois derrière (dont un signé Wisnieswki). La Yougoslavie revient à 3-2 mais François Heutte marque une seconde fois pour redonner de l’air aux siens. Non sans avoir douté. Alors qu’il se pense (à raison) hors-jeu de quelques mètres, l’attaquant arrête son action mais un photographe placé derrière les cages voit que l’arbitre laisse jouer et lui dit de poursuivre: "Marque, François, marque!" Il ne se fait pas prier. Comme en Suède en 58, les Bleus marquent beaucoup. Mais ils encaissent aussi beaucoup. Cela va leur coûter cher. La France mène 4-2 à la 74e minute. Cinq minutes plus tard, à la 79e, les Yougoslaves sont devant, 5-4, pour ce qui reste encore aujourd’hui le match le plus prolifique (neuf buts) de l’histoire en phase finale d’un l’Euro… alors que c’était le premier du genre.

L'équipe de France avant la demi-finale de l'Euro 1960 perdue 4-5 contre la Yougoslavie
L'équipe de France avant la demi-finale de l'Euro 1960 perdue 4-5 contre la Yougoslavie © Icon Sport

"C’était une très, très grosse déception, raconte Maryan Wisniewski. Déjà d’être battu comme ça, avec ce scénario, et de l’être par la Yougoslavie. On avait l’occasion de les éliminer mais la bête noire a encore resurgi sur la fin. Ils ont eu de la chance, comme ils ont toujours eu contre nous. On ne méritait pas de prendre le dernier but." Dans L’Humanité, le compte-rendu du match évoque des buts adverses "marqués avec une facilité inadmissible" contre une France "tirée vers l’arrière sur la fin au lieu de continuer à attaquer". Et qui va voir son dernier rempart se trouer plusieurs fois. "Je ne veux pas citer de noms, c’est trop vieux, ça ne sert à rien de ressasser les mauvais souvenirs, mais il y a des fautifs sur ce résultat", expose Maryan Wisniewski.

Michel Stievenard prend moins de pincettes: "Notre pauvre gardien, Georges Lamia, qui jouait à Nice, il y a au moins quatre buts pour lui sur les cinq. Franchement, ce n’était pas son jour. C’est aussi un mauvais souvenir pour Robert Herbin, qui débutait en défense centrale. On aurait dû les battre, même s’ils avaient de super joueurs." Dans France Football, Jacques Ferran désigne le même "coupable": "Lamia n’a pas commis une erreur, ou deux, ou trois. Il a en quelque sorte commis l’erreur d’être là." Sorti du stade en larmes, le portier souffrira longtemps de cette désillusion et ne connaîtra plus qu’une seule sélection, plus de deux ans plus tard en amical contre l’Allemagne de l’Ouest. Albert Batteux est abattu: "A 4-2, j’aurais parié ma fortune que nous jouerions la finale". Raté. Elle opposera la Yougoslavie aux Soviétiques, qui ont dominé sans trembler la Tchécoslovaquie (3-0) dans l’autre demie.

Le gardien français Georges Lamia lors de la défaite en demi-finale de l'Euro 1960 contre la Yougoslavie
Le gardien français Georges Lamia lors de la défaite en demi-finale de l'Euro 1960 contre la Yougoslavie © DR/FFF

Mais avant cela, il faut jouer la "petite finale" entre des Bleus renouvelés de moitié par Albert Batteux et les Tchèques de Josef Masopust (futur Ballon d’Or 1962), finalistes au Mondial deux ans plus tard. Opération rédemption pour les joueurs français? Pas vraiment. "On n’y était plus, reconnaît Michel Stievenard. On était là pour gagner le tournoi, pas pour finir troisième ou quatrième. Il n’y avait plus de motivation." Le public aurait pu leur donner. Mais il n’est pas au rendez-vous. Le Vélodrome remplit un petit quart de ses tribunes avec un peu plus de 9000 spectateurs, une récurrence pour une compétition qui ne fait pas un carton populaire entre une nouveauté qui n’attire pas et la concurrence du Tour de France (moins de 18.000 spectateurs pour la finale au Parc, soit moins de la moitié du stade, qui en avait accueilli 26.000 pour la demie avec les Bleus). "Il y avait juste les stadiers, les gens qui viennent vous placer", s’en amuse Maryan Wisniewski dans un éclat de rire.

"On n'arrivait pas à faire une passe"

Pour la cinquante-huitième et dernière sélection de Robert Jonquet, à trente-cinq ans, les Français entament bien le match mais s’écroulent en seconde période, battus 2-0 sur des buts de Bubnik et Pavlovic. "Il y avait une de ces chaleurs… C’était à crever, raconte Maryan Wisniewski. Entre ça et la déception du groupe après la Yougoslavie, on n’arrivait pas à mettre un pied devant l’autre. C’était atroce. On n’arrivait pas à faire une passe. On n’a pas joué du tout, on n’était pas là. On était peut-être encore à Paris." Les spectateurs sont peu nombreux mais les sifflets tombent. "S’il y avait 500 personnes de plus, ils seraient descendus sur le terrain et nous auraient giflé, poursuit l’ancien attaquant aux trente-trois sélections et douze buts avec les Bleus. Je ne me rappelle pas d’avoir fait un match aussi moche. Je parle de moi mais aussi de l’équipe dans son ensemble."

Le gardien soviétique Lev Yahcine (à terre) repousse un tir yougoslave lors de la finale de l'Euro 1960
Le gardien soviétique Lev Yahcine (à terre) repousse un tir yougoslave lors de la finale de l'Euro 1960 © Icon Sport

A la maison, la France a encaissé deux défaites en deux matches. Mais il faudra attendre vingt-quatre ans et la victoire à domicile en 1984 pour voir les Bleus faire mieux à l’Euro que cette quatrième place. A l’époque, il n’y a pas de débat sur les primes. Elles n’existent pas. "On a fait la demi-finale du championnat d’Europe mais on n’a rien eu à part un 'bonjour'", sourit Maryan Wisniewski. Avant de faire une référence à un chant connu des leveurs de coude: "A Marseille, on a juste eu le bonjour de Panis. (Rires.)" L’ancien attaquant tente de fouiller dans sa mémoire. Mais 1958 remonte bien plus facilement que 1960. "Les histoires de 1960, c’est vous qui me les rappelez. Les souvenirs de la Coupe du monde 1958, je ne peux pas les oublier. En Suède, si Jonquet n’est pas blessé en demie, on va en finale. Quand je parle de ça, j’ai encore le cœur qui se serre. Sur les souvenirs, entre les deux, ça n’a rien à voir."

Et la finale dans tout ça? Une opposition de style entre la technique yougoslave et le physique soviétique. Menée par le gardien Lev Yachine, Ballon d’Or en 1963 et seul portier à avoir reçu cette distinction individuelle dans l’histoire, l’URSS impressionne par sa solidité et sa dimension athlétique. L’ouverture du score est yougoslave juste avant la pause, avec Milan Galic, mais Slava Metrevelli remet les siens à égalité au retour des vestiaires avant la délivrance signée Viktor Ponedelnik en prolongation (le Soviétique termine meilleur buteur de la phase finale à égalité avec les Yougoslaves Galic et Drazen Jerkovic, son compatriote Valentin Ivanov et le Français Heutte).

L'équipe d'URSS avec le trophée Henri-Delaunay après avoir remporté l'Euro 1960
L'équipe d'URSS avec le trophée Henri-Delaunay après avoir remporté l'Euro 1960 © Icon Sport

Après l’or olympique de 1956, l’URSS de coach Gavril Kashalin et capitaine Igor Netto s’offre son deuxième titre international. Le dernier malgré trois autres finales de l’Euro en 1964, 1972 et 1988. Désigné "joueur-clé" du tournoi, Viktor Ponedelnik accompagne cinq de ses camarades, dont l’incontournable Lev Yachine, dans l’équipe-type de la compétition. Cette belle génération chutera en quart de finale contre le Chili lors du Mondial 1962, avec un Yachine diminué physiquement. La Yougoslavie, elle, prendra une "revanche" quelques semaines plus tard avec l’or olympique à Rome en août 1960. Avec dix-sept réalisations en quatre rencontres, soit 4,25 buts par match, la première phase finale de l’Euro a été à la hauteur niveau spectacle: seule l’édition 1976 fera mieux avec 4,75.

L’année 1960 aura été celle de la mise en circulation du nouveau franc (qui valait cent anciens francs), du décès d’Albert Camus, de la première télévision d’un certain Johnny Hallyday, de la première explosion d’une bombe atomique française ou encore de l’annonce du référendum sur l’autodétermination de l’Algérie. Elle aura aussi vu naître, sans son géniteur, ce qui est devenu une des plus grosses compétitions de la planète football, évolution plus que logique car globale. "Beaucoup de choses sont devenues plus importantes, conclut Maryan Wisniewski. Tout le milieu sportif, globalement. Le championnat de France, la Coupe de France, les Coupes d’Europe, les médias, tout… Il y a aussi l’argent désormais. Il y a trop de pognon en jeu!" On vous parle d’un temps que les moins de soixante ans ne peuvent pas connaître.

https://twitter.com/LexaB Alexandre Herbinet Journaliste RMC Sport