RMC Sport

L’économie florissante du Tour de France

Peter Sagan

Peter Sagan - ICON SPORT

La 106e édition de la Grande Boucle commence samedi, avec un départ de Bruxelles, pour 21 étapes jusqu’au 28 juillet 2019. Depuis sa création, en 1903, le tour de France est devenu l’une des compétitions les plus cotées et les plus médiatisées du monde. Démonstration en chiffres.

3,5 milliards de téléspectateurs en cumulé sur trois semaines, c’est le score d’audience extraordinaire que le Tour de France a réalisé l’année dernière, plaçant directement la compétition derrière les Jeux olympiques d’été et la Coupe du monde de football au classement des événements les plus importants du monde.

190 pays diffusent la course, sur les 5 grands continents. Le monde entier regarde et apprécie les étapes dans les Alpes et les Pyrénées, les sprints sur les Champs-Elysées et les exploits de Romain Bardet ou de Nairo Quintana. Le potentiel médiatique est comparable à celui de la Coupe du monde de football, en 2018 en Russie, qui en 1 mois de compétition, avait réuni 3,57 milliards de téléspectateurs.

>>Retrouvez Grand Plateau, le podcast vélo de RMC

Un gain certain pour l'organisateur, et les autres...

Le chiffre d'affaire d'ASO pour le Tour de France est estimé à 150 millions d'euros. Les droits de retransmission en représentent 60% (90 millions d'euros), les revenus commerciaux, sponsoring, marketing, 25% (37,5 millions d'euros) et les revenus villes-étapes, 15% (22,5 millions d'euros).

Une ville, pour devenir ville-étape, doit débourser un forfait aux organisateurs. Pour une ville de départ, le forfait est fixé à 100.000 euros. Pour une ville d'arrivée, le forfait est de 60.000 euros. Et les villes-candidates sont très nombreuses, attirées par les retombées économiques et médiatiques importantes.

Par exemple, en 2013, Gap a déboursé 160.000 euros pour être, à la fois, ville-départ et ville-arrivée, et a estimé ses gains, en 48h de compétition, à 3 millions d’euros, soit 18 fois l’investissement initial. Cela s'explique par la visibilité et la notoriété internationale de la Grande Boucle. La réputation de la ville grandit considérablement grâce au tour de France et permet de nombreuses rentrées financières.

Pour les marques et les annonceurs, les bénéfices sont aussi très importants. Une marque qui va intégrer la caravane du Tour va gagner une visibilité quotidienne. Chaque année, des millions d'échantillons sont distribués le long des routes à quelques 12 millions de fans, et donc de potentiels consommateurs.

Pour figurer parmi les marques de la Caravane du Tour, il faut payer 37.000 euros pour 4 véhicules, plus 6.300 euros pour un véhicule supplémentaire. Le rapport coût-bénéfice est ainsi largement au profit de la marque. Pour un prix inférieur à 50.000 euros, elle peut potentiellement toucher plus de personnes que lors d’un match de l’équipe de France en coupe du Monde de football.

Une dotation financière intéressante pour les coureurs

La dotation financière prévue par les organisateurs aux coureurs et aux équipes du tour de France était de 2,3 millions d'euros en 2018. Soit 500.000 euros pour le vainqueur final, 200.000 euros pour le deuxième, 100.000 euros pour le troisième, 70.000 euros pour le quatrième, etc. jusqu'à 1.000 euros par coureur participant au-delà de la 19e place.

Quant aux classements par point et du meilleur grimpeur, c’est 25.000 euros pour le leader, 15.000 euros pour le dauphin, 10.000 euros pour le troisième, 4.000 euros pour le quatrième, etc. et jusqu’à 2.000 euros octroyés au huitième. Le classement des jeunes est légèrement moins doté, avec 20.000 euros donnés au premier, 15.000 au deuxième, 10.000 au troisième et 5.000 au quatrième. Et rien pour les autres.

Enfin, les vainqueurs d’étape empochent 11.000 euros à chaque fois, contre 5.500 pour le deuxième, 2.800 pour le troisième, 1.500 pour le quatrième et 830 euros pour le quatrième.

Compétition mondialement connue, le Tour de France est donc rentable et terriblement profitable aux organisateurs et aux participants. Sa force de frappe médiatique est sans commune mesure et fait de la Grande Boucle l’événement sportif de l’été.

Pierre Rondeau