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Clément d’Antibes, le 12e homme des Bleus

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Avec près de 200 matches au compteur, Clément d’Antibes, 65 ans, est le supporter numéro 1 de l’équipe de France. Personnage haut en couleurs, inconditionnel de ses petits Bleus, il promet la victoire face à l’Ukraine.

Trente-six pays, quatre continents, près de 300 000 km parcourus, en avion, en train, en bus, en stop… Clément Tomaszewski, dit Clément d’Antibes, est ce qu’on appelle un passionné. Depuis un certain France-Angleterre, à Bilbao, lors du Mondial 1982, il a suivi l’équipe de France dans quasiment tous ses déplacements et s’apprête à vivre, face à l’Ukraine, ses 199e et 200e « sélections ». « Arriver à 200 matches, c’est la fierté, s’exclame-t-il. Ce n’est pas que je fasse du nombrilisme ou quoi que ce soit, mais c’est beau, quand même ! »

Du haut de ses 65 ans et de ses 198 matches, Clément n’a rien oublié. Et raconte à qui veut l’entendre, l’œil brillant, ses souvenirs tricolores. « Dans les années 80, j’ai commencé à connaître l’OGC Nice, grâce à un copain. Il y avait le petit Daniel Bravo qui jouait là-bas. Le petit « Danny », le petit Bravo. Il devait partir à la Coupe du monde en 82. Mais il s’est blessé au dernier moment. On voyait à quel point il était malheureux. Et moi, ça m’a donné une idée. Je me suis dit : « Tiens, lui il n’y va pas, mais pourquoi moi je n’irais pas ». 

« No hablo espanol »

Du genou de Bravo au barrage ukrainien, des anecdotes par centaines : « J’ai fait 92 villes étrangères, à travers 36 pays. La particularité, c’est que je ne parle ni english, no hablo espanol, spreche nicht deutsch, le russe encore moins. Et je me suis toujours débrouillé. C’est un peu partir à l’aventure à chaque fois, c’est ça qui est merveilleux. Tu ne connais pas un pays, tu arrives, tu dois te débrouiller. » Comme lors de la célèbre demi-finale France-Allemagne de Séville 82. « Avec un copain, qui s’appelait Balthazar Comandato, on avait acheté un coq blanc énorme. On avait peint les ailes en bleu et en rouge, c’était merveilleux. Mais financièrement, il nous a été impossible d’y aller. »

De l’eau a coulé sous les ponts, mais le coq – puis ses descendants - est resté. « Balthazar » le coq, fièrement brandi devant les caméras un soir de juillet 98, qui a pour beaucoup contribué à la notoriété de celui qui se définit comme « le plus fidèle des supporters ». Une fidélité, jusqu’alors sans faille, mais sérieusement éprouvée par le nuage Knysna : « Evidemment, j’étais humilié, écœuré même. J’ai bien failli arrêter en 2010, à mon retour. Parce que quand même, je m’étais saigné financièrement. Les gens croient que je suis millionnaire, mais pas du tout. Pour partir en 2010, j’ai fait un crédit à la banque de 4000 €. »

« On va gagner les deux matches »

Et comme à chaque fois, la passion a fini par l’emporter. Clément sera bien du voyage à Kiev, coq à la main, pour faire avec les Bleus un premier pas vers le Brésil. « Tout le monde répète que l’Ukraine a accroché l’Angleterre, qu’ils n’ont pris que trois buts (4 en vérité, ndlr), qu’ils ont gagné huit matches (6), qu’ils sont têtes de série. Moi, je pense qu’à la sortie, ça va être la montagne qui accouche d’un grand ballon de football, tout simplement. Vu l’équipe qu’on a, vu la dynamique nouvelle qu’on a, il n’y aura pas de problème. Il y aura deux victoires, pour moi, c’est net et clair. » Cocorico !

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A.T. avec Y.P.