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Sakho : « J’avais la certitude qu’on allait se qualifier »

Mamadou Sakho

Mamadou Sakho - -

EXCLU. Invité de Luis Attaque sur RMC, Mamadou Sakho, le héros de France-Ukraine (3-0), est revenu sur son improbable doublé, synonyme de qualification pour la Coupe du monde au Brésil. Avec le sentiment du devoir accompli.

Il a fallu plusieurs ralentis pour s'en persuader mais c'est bien vous qui avez inscrit le troisième but face à l'Ukraine mardi au Stade de France ?

Oui, bien sûr, je la touche. Si je ne la touche pas, la balle sort. Je marque du genou !

Vous allez désormais évoluer au poste d'avant-centre ?

Non, je suis toujours défenseur ! (rires) Mais c’est sûr qu’occasionnellement, si je peux marquer des buts pour aider l’équipe, je le fais. Mon dernier doublé ? Ça remonte... J’avais 16 ans, je crois. C’était un match contre Caen. On avait gagné 5-0 et j’avais mis un doublé.

Votre doublé a rappelé celui de Lilian Thuram face à la Croatie lors de la Coupe du monde 1998...

J’ai eu ce retour après le match. Beaucoup de gens ont comparé mon doublé à celui de Thuram. C’est flatteur pour moi. Mais moi j’essaie simplement de toujours donner le maximum pour l’équipe. Et je reste Sakho.

Etiez-vous persuadé de pouvoir arracher cette qualification ?

Oui, évidemment. Après la défaite à Kiev (0-2, ndlr), quand le coach m’a annoncé que j’allais être titulaire, j’avais la certitude qu’on allait se qualifier. Quand je parlais avec les autres joueurs, on était vraiment déterminés. On a pris conscience qu’on avait fait une erreur en Ukraine et qu’il fallait rectifier le tir. J’ai senti tout de suite à l’entraînement que tout le monde était concerné. Il y a peu de gens qui croyaient en nous. Mais on était sûrs de notre force. On savait qu’en mettant un peu plus de grinta et de folie dans notre jeu, on pouvait le faire. Il fallait être déterminés dans tous les compartiments du jeu. Ça nous a réussi. On peut vraiment être fiers de nous.

« Paris, c'est derrière moi »

Après votre départ du PSG pour Liverpool cet été, ce match est une belle récompense pour vous...

Bien sûr. Je suis très fier. Dans la vie comme dans le football, il faut savoir faire des choix et les assumer. J’ai pris la décision de quitter le PSG. J’ai atteint tous mes objectifs avec Paris. Aujourd’hui, Paris, c’est derrière moi. Je suis content d’avoir fait ce choix d’aller à Liverpool, dans un grand club anglais. Comme Laurent Blanc le disait auparavant, il a toujours fait ses choix de carrière par rapport à la sélection. C’est pareil pour moi. Aujourd’hui, ça me sourit. Je vais continuer à travailler pour progresser.

Cette qualification va permettre à l'équipe de France d'avancer plus sereinement ?

Evidemment. Je pense que cette équipe se construit. Il y a beaucoup de jeunes, avec des anciens pour les encadrer. On sait qu’on a des qualités, c’est indéniable. Hier, on a vraiment montré du caractère. Dans le football, quand on allie le caractère aux qualités de chacun, ça donne un match comme ça. On a montré qu’on avait beaucoup de ressources mentales. On a marqué l’histoire. Aucune équipe n’avait réussi à remonter une telle défaite (en barrage de la zone Europe). J’espère qu’on a réussi à conquérir beaucoup de cœurs français, parce que ce maillot-là nous tient vraiment à cœur.

« On n'a encore rien gagné »

La reconquête du public est quelque chose d'important à vos yeux ?

Oui, bien sûr. Quand on a vu le public derrière nous dès l’échauffement, on est rentrés dans le vestiaire remontés à bloc. On s’est dit qu’on ne pouvait pas les décevoir. On a senti le peuple français derrière nous. Déjà dans le car, en allant au stade, les gens nous encourageaient. Il y a eu aussi les paroles du coach avant le match qui nous ont beaucoup touchés. Cette préparation collective a débouché sur cette belle victoire.

Quelles sont vos ambitions pour cette Coupe du monde au Brésil ?

Il faut savourer cette qualification. Mais on n’a rien gagné. Il faut aller à la Coupe du monde en étant prêts. En tant que compétiteurs, on commence un tournoi pour essayer d’aller au bout. On va tout donner pour essayer de faire le meilleur parcours.

Quels enseignements allez-vous tirer de ces barrages face à l'Ukraine ?

C’est la solidarité. Il faut retenir que quand on veut, on peut. On l’a montré. Toute l’équipe était prête psychologiquement, physiquement. Quand on joue tous ensemble, avec de la détermination, on peut faire quelque chose de grand. Je dédie d’ailleurs cette victoire à Laurent Koscielny (expulsé à Kiev), qui a vraiment donné le maximum à l’aller. J’ai une pensée pour lui parce que je sais qu’il avait envie de jouer ce match-là.

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Luis Attaque