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Amsalem : "Paris n’est pas prêt pour 2024"

Bernard Amsalem

Bernard Amsalem - AFP

Le président de la Fédération française d’athlétisme a profité de la présentation de ses vœux pour évoquer une possible candidature de Paris à l’organisation des JO 2024. Alors qu’un rapport de faisabilité doit être remis le 12 février par Bernard Lapasset et Denis Masseglia, Bernard Amsalem estime que les conditions ne sont pas réunies pour permettre à la capitale française de l’emporter.

Bernard Amsalem, croyez-vous dans les chances de Paris d’organiser les JO en 2024 ?

Quand on est dirigeant d’une fédération ou acteur du mouvement sportif, on rêve d’organiser les Jeux olympiques. C’est le summum de toutes les manifestations sportives au monde. Alors évidemment qu’on aimerait les avoir à Paris. Je sais qu’il y a une forte mobilisation au niveau du Comité olympique et des instances mais il faut vraiment réfléchir sur l’échéance à choisir. Pour l’instant, on est sur 2024, mais sommes-nous prêts ? Il ne suffit pas d’avoir le meilleur dossier. On l’a vu pour ceux de 2012 contre Londres, qui avait un dossier virtuel et a gagné. Il faut vraiment tirer les leçons de cet échec. On a eu trois occasions et on a perdu à chaque fois. Si on rajoute les Jeux d’hiver, ça fait quatre. Il ne faudrait pas un cinquième échec. Nous avons en face de nous des candidats sérieux comme Boston. Quand les Américains vont quelque part, c’est généralement pour gagner et ils ont les moyens de le faire. On est capable d’organiser, de mobiliser des gens, de construire les équipements nécessaires. Par contre, en ce qui concerne le lobbying international, qui permet convaincre ceux qui vont décider, c’est beaucoup plus compliqué. Il faut une attention extrêmement forte sur cet aspect déterminant de la réussite d’une candidature. Je ne sais pas si on est prêt aujourd’hui.

D’autant que le principe de l’alternance des continents semble favorable aux Etats-Unis...

C’est un des éléments qui ne nous permettent pas d’être très optimistes aujourd’hui. Il y a aussi le facteur économique. La conjoncture va peut-être s’améliorer en 2015 mais est-ce que les Français sont prêts à soutenir une candidature qui coûte cher ? Il faut aussi prendre en compte les collectivités. Le Grand Paris est en train de mettre en place. A-t-on une franche adhésion chez les élus ? Aura-t-on les moyens de financer les équipements qui nous manquent ? Il y a beaucoup de questions. Le travail qu’a engagé Bernard Lapasset (président du Comité français du sport international) est de grande qualité. J’y ai d’ailleurs participé en animant un atelier sur le sport et le développement durable. Il y a des propositions très intéressantes mais est-ce suffisant ? On doit avoir une réflexion en profondeur sur la stratégie. 2024 ou 2028 ? J’espère qu’on va être raisonnable.

On sent que vous penchez plutôt pour 2028…

Vous avez bien compris que je pense qu’on n’est pas prêt pour 2024. Mais si on avait les Jeux à ce moment-là, je serais le plus heureux des hommes.