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Paris 2024: comment le secret a été gardé jusqu'au bout pour le logo

Paris 2024 a présenté son nouveau logo le 21 octobre dernier au Grand Rex à Paris. Un moment symbolique important pour le comité d’organisation, qui, pendant plusieurs mois, a tout fait pour éviter les fuites. Au final, la surprise a été totale jusqu'à ce lundi d’octobre à 20h24 au moment où il est apparu sur écran géant.

"Tout le monde a joué collectif". Après le dévoilement du logo représentant la médaille et la flamme olympique, ainsi que le visage de Marianne, les dirigeants de Paris 2024 étaient rassurés le 21 octobre dernier. Il faut dire qu’entre le choix de cette identité visuelle parmi une vingtaine d’autres et sa présentation, il s’est écouté plusieurs mois. Un long laps de temps durant lequel le logo a été modifié, puis présenté à plusieurs acteurs liés à l’organisation. Sans parler de la mise en place de la soirée au Grand Rex qui a elle-même mobilisé plusieurs entreprises pendant des semaines. Et pourtant, il n’y a pas eu de fuites.

Il faut dire que toutes les précautions ont été prises. L’image n’a par exemple jamais circulé par mail ou tout autre moyen électronique. Hormis un nombre restreint d’employés à la direction de la marque, aucun membre de Paris 2024 ne l’avait sur son ordinateur ou son téléphone portable. Pas même son président, Tony Estanguet. Plus qu’une peur des hackers, c’est surtout le risque d’une fausse manipulation, comme une erreur dans le transfert d’un mail qu’il a fallu éviter.

Aucune photo ne pouvait être prise

Tony Estanguet s’est donc transformé en VRP de luxe, transportant le logo accompagné du directeur de la marque tantôt à la mairie de Paris, tantôt à la région en passant par le CNOSF (Comité national olympique et sportif français), le CIO (Comité international olympique) à Lausanne et même l’Elysée. Anne Hidalgo, Valérie Pécresse, Denis Masseglia et même Emmanuel Macron ont eu à donner leur avis sur la nouvelle identité visuelle. Mais au moment de repartir, aucun document n’était laissé sur place. Et bien sûr, aucune photo ne pouvait être prise.

Mot d’ordre du comité d’organisation: ne jamais faire circuler ce logo. Ne jamais laisser de trace. Ainsi, au siège du COJO (Comité d'organisation des Jeux olympiques) boulevard Haussmann, une salle de réunion a été réquisitionnée pour l’organisation de la soirée plusieurs semaines avant le 31 octobre. Fermée à double tour, seules quelques personnes qui travaillaient sur le dossier pouvaient y entrer, s’ils y étaient invités. L’objectif étant de ne pas laisser traîner des documents dans différents lieux de réunions. Et quand quelques jours avant la présentation au grand public les employés de Paris 2024 ont eu accès au logo en exclusivité, la paranoïa ambiante était à son apogée: obligation de laisser son téléphone portable à l’entrée.

Un long travail de recherche

Autre moment sensible: le dépôt de l’image à l’institut national de la propriété industrielle. Passage obligatoire avant la révélation, mais qui rend public le logo. Ce n’est qu’au dernier moment que cette étape a donc été réalisée. Mais pour s’assurer qu’il était dans les clous, le CIO s’était chargé de le déposer dans le reste du monde, et un long travail de recherche d’antériorité avait été effectué par le service juridique pour s’assurer qu’il n’avait pas été déjà utilisé.

Enfin, le jour de la présentation, toutes les répétitions de la soirée se sont faites avec un simple cercle sur l’écran géant à la place du logo. Ce n’est donc qu’à 20h24 le lundi 21 octobre qu’il était projeté pour la première fois.

dossier :

Paris 2024

Antoine Arlot et Anthony Rech