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Jeux européens: Mourad Aliev, le poids lourds français venu du froid

Mourad Aliev

Mourad Aliev - ICON

Après Tony Yoka, la boxe olympique française a déniché un autre poids lourd de talent. Mourad Aliev, 23 ans, s’est qualifié ce vendredi à Minsk pour la finale du tournoi des Jeux européens.

Mais comment l’arbitre serbe de la demi-finale de boxe des Jeux européens, entre Mourad Aliev et l’Allemand Nelvie Tiafack, n’a pas vu le coup de tête qui a dégommé le Français au 1er round ? Heureusement, les cinq juges ne se sont pas laissés abuser par le compte. Fort de ses 2,01m, Aliev a patiemment boxé à distance et par séries pour grignoter son début raté face à Tiafack. Il n’y a que le speaker qui s’est trompé en lisant mal la carte des juges, annonçant bleu au lieu de rouge... "Au début, j’étais étonné, j’étais mécontent. Mais au final, ils ont annoncé rouge", souffle Aliev, tout transpirant en descendant du ring.

La France, sa terre d’adoption

Après des test-matchs, Aliev vit à Minsk sa première compétition officielle avec le drapeau français sur le corps. Car le colosse est né à Moscou et a rejoint la France et Lille à l’âge de six ans. "Ma jeunesse est en France. Je suis heureux de représenter ce pays et encore plus d’être en super-lourds (+91 kilos) car c’est tout le monde qui vous regarde", explique-t-il.

C’est son père, Ozer 1,92m, 120 kilos, ancien boxeur amateur en ex-URSS, qui lui a tout appris. "Mon père m’a dit tout petit que je représenterai l’équipe de France. Quand j’étais enfant, cet avenir me paraissait incertain mais il faut avouer que mon père était visionnaire."

Fan de Klitschko

Débarqué en tant que réfugié politique, Aliev et ses parents "n’avaient rien". Il a été naturalisé juste après sa majorité. Un sésame pour entrer à l’Insep il y a quelques mois et devenir, avec cette finale des Jeux européens, le poids lourds numéro un français en boxe olympique.

Samedi en finale, il affrontera l’Ukrainien Viktor Vykhryst, champion d’Europe, un drôle de géant lui aussi. "Je m’entraîne pour affronter n’importe qui, je suis ici pour boxer n’importe qui. Je vais donner corps et âme pour arracher cette médaille d’or", annonce Aliev, fan de Wladimir Klitschko. La taille, le style, c’est vrai qu’il y a des similitudes entre les deux: "C’est de lui que je m’inspire mais je suis encore loin de son niveau." Samedi, Aliev pourra prouver qu’il est sur le bon chemin.

Morgan Maury à Minsk