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Tyson s’offre une seconde carrière sur les planches

Mike Tyson sur scène

Mike Tyson sur scène - AFP

EXCLU RMC SPORT. Invité exceptionnel du Super Moscato Show sur RMC pour promouvoir le one-man show tiré de son livre Undisputed Truth, la légende de la boxe Mike Tyson est revenue en détails sur sa nouvelle vie de showman. Verbatim.

Sa première représentation en Europe à l’occasion du Sportel de Monaco

« Je suis très impatient de le faire. Ça ne va pas être facile car c’est la première fois en Europe et les Européens ont un sens de l’humour différent de celui des Américains donc ça va être sympa. Est-ce qu’ils vont trouver le spectacle drôle ? Offensant ? Ça va être intéressant à vivre. On va aussi avoir des interprètes pour le spectacle. Ça va être marrant car je ne parle pas un anglais typique. C’est un anglais de Brooklyn. Je parle très vite et parfois sans finir les mots. »

La scène, autant de stress que pour un combat de boxe ?

« J’ai toujours le trac. Si je n’en ai pas, je ne monte pas sur scène. Je ne fais rien dans la vie si je ne prends pas le risque de m’humilier. Ce feeling me permet d’être à la hauteur de la situation car je sais que je n’ai pas le droit à l’erreur. J’aime avoir peur. C’est bon pour moi de ne pas être trop relaxé ou calme. »

Un spectacle qui revient sur toute sa vie ?

« Le spectacle ne dure que 90 minutes. Avant, il faisait 2h30 mais j’étais trop fatigué à la sortie de scène car je donne beaucoup d’énergie. J’étais épuisé. Je ne peux pas dire tout ce qu’il y a dans le livre en si peu de temps car il fait près de 600 pages. Je ne peux pas tout dire en 90 minutes. Avec ma femme et mes associés, on travaille aussi sur d’autres spectacles. Mais celui-là est tellement demandé à travers la planète qu’il est difficile de trouver le temps pour avancer ces projets. »

Autant de plaisir de voir les gens rire que de mettre un KO à l’époque ?

« Je n’aurais jamais pensé que je ferais cela. Mais il y a autant d’excitation que pour un combat. J’aime divertir les gens, cette interaction avec le public, les applaudissements, la vie sur scène. C’est là où je me sens le mieux, en live devant un public. Je me sens à la maison sur scène. »

Pourquoi le besoin d’écrire ce livre et de le jouer sur scène ?

« Je n’avais jamais prévu d’écrire un bouquin. L’auteur est venu chez moi, on a commencé à discuter du projet et il m’a posé des questions sur ma vie, mon mariage, le moment où j’ai pris de la drogue. Je lui ai dit qu’on se retrouvait le soir suivant mais il ne m’a plus vu pendant trois ans. Je me suis marié entretemps et ma femme m’a dit que je devrais moi-même écrire le bouquin car on allait de toute façon en écrire sur moi. Elle m’a dit qu’il était mieux que les gens apprennent la vérité directement de ma bouche. J’ai aussi vu un film sur moi présenté sous forme de spectacle avec des acteurs en live. Et j’ai réalisé que chaque mot était captivant. J’ai été hypnotisé par ce spectacle et j’ai dit à ma femme que je voulais faire ressentir des émotions aux gens comme ce spectacle m’en avait fait ressentir. »

Des débuts en fanfare

« On a travaillé et présenté le show à Las Vegas. C’était complet pendant les deux semaines ! Ensuite, on a été le jouer à Broadway alors que d’habitude, il faut au moins deux ans avant qu’un spectacle n’apparaisse là-bas. Et c’était encore complet pendant plus de deux semaines ! Ensuite, on l’a fait sur HBO (chaîne câblée américaine, ndlr) et je pensais que c’était fini mais on a débuté une tournée internationale. Certains pensent que c’est narcissique ou égoïste de faire ça mais j’ai besoin de divertir les gens, de leur faire ressentir des émotions. J’en ai besoin dans ma vie. Que ce soit devant 10000 ou 2 personnes, j’ai toujours envie de ça. Et même si j’étais un SDF j’en aurais envie aussi. J’ai besoin de faire rire les gens, de les faire pleurer, de leur faire ressentir des émotions. »

Les thèmes sur lesquels il fait rire le public

« Je ne sais pas pourquoi ils rigolent. (Sourire.) Quand j’ai commencé à faire ce show, le principal objectif n’était pas de faire rire les gens mais de leur faire sentir que c’était u spectacle touchant sur quelqu’un qui s’en est sorti malgré beaucoup d’adversité. Je ne trouvais rien de drôle dans ce spectacle, je racontais des moments difficiles et horribles pour moi ou ma famille mais les gens se sont mis à rire. Je me suis demandé pourquoi. Je me suis dit qu’il me prenait un peu pour un idiot. J’ai demandé ce qui passait à ma femme qui m’a dit que tant qu’ils prenaient du bon temps, il fallait continuer. Les gens s’amusent, rient, pleurent, se fâchent, sont heureux. C’est comme la vie, une montagne russe d’émotions. J’ai aussi réalisé que certaines personnes ont un sens de l’humour très sombre. Ils rient sur des choses tragiques. Les Américains, par exemple, sont très comme ça. »

Choqué que les gens rient des moments difficiles de sa vie ?

« Je suis objectif. Une fois, pendant la répétition, j’ai essayé d’être moi-même et en cinq minutes, je me suis mis à pleurer, j’étais colère et je voulais me battre avec le réalisateur. J’ai réalisé que je devais être plus objectif, divertir les gens en représentant Mike Tyson, ce que je sais le mieux faire. Ça reste sans émotions car c’est un show et juste un show. Sinon je me mets à être désolé pour moi-même et à pleurer sur tout. »

Un show à Paris ?

« Je crois qu’un show est prévu à Paris, oui. On va aller partout où ils parlent anglais, en Inde, Tchécoslovaquie, Autriche, etc. »

Evander Holyfield : avec le recul, sait-il pourquoi il l’a mordu en 1997 ?

« Oui, je le sais. Je voulais juste le faire et je l’ai fait ! (Rires.) »

la rédaction avec le Super Moscato Show