RMC Sport

La justice enquête sur Julie Coulaud

L’athlète française, qui a été sanctionnée cet été de 3 ans de suspension pour dopage, pourrait maintenant avoir des démêlés avec la justice dans le cadre d’un démantèlement de réseau de trafiquant.

Julie Coulaud a été entendue mardi par les gendarmes dans le cadre d’une enquête préliminaire sur une affaire de dopage. Cette nouvelle intervient quelques mois après que l’ancienne spécialiste du demi-fond tricolore a annoncé qu’elle mettait un terme à l’athlétisme. Et pour cause : sanctionnée par la fédération française d’athlétisme de 3 ans de suspension suite à un contrôle positif à la testostérone, mené le 29 mai à Font-Romeu, l’ancienne sociétaire du SCO Sainte Marguerite de Marseille, à 26 ans, a préféré raccrocher définitivement les crampons.

Mais après la sanction sportive, la vice-championne d’Europe de cross 2007 pourrait maintenant connaître des déboires avec la justice. Il lui serait reproché d’être directement concernée par la découverte le 20 mai 2008 d’un sac en plastique contenant du matériel d’injection et de l’hormone de croissance. L’attirail a été découvert par un particulier de Font Romeu dans son jardin. L’habitant aurait également aperçu une silhouette déposant le sac sur le coup de 21h, et aurait prévenu la gendarmerie locale. Dans les heures qui suivent, le particulier aurait croisé Julie Coulaud dans les rues de Font Romeu et fait le rapprochement avec le « livreur » du sac dans son jardin. Alertés, les gendarmes ont prévenu le parquet de Perpignan.

Dans les jours qui suivent, un procureur adjoint est désigné en charge du dossier. Ce dernier ouvre une enquête préliminaire et saisit la brigade de recherche de la gendarmerie de Prades (Pyrénées-Orientales) ainsi que l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP). Un document est trouvé mettant lourdement en cause l’athlète. Il s’agit d’un protocole de dopage, rédigé en espagnol, organisant semaine après semaine sur les mois de juin et juillet 2008 l’administration de produits interdits. Y figurent notamment de l’hormone de croissance, de l’insuline, et de l’EPO. Les autorités comprennent très vite que la testostérone exogène décelée dans le contrôle de Font Romeu est tout sauf accidentelle, contrairement à ce qu’à toujours affirmé Coulaud et son entourage, qui avançaient l’argument du « complément alimentaire contaminé. »

Très vite, l’enquête qui a débuté en septembre, s’oriente vers un système de dopage organisé. Les autorités élargissent leur champ d’investigation à l’entourage de Julie Coulaud. Les partenaires d’entrainement sélectionnable pour les Jeux de Pékin ? Elles figurent depuis longtemps dans le groupe cible de l’IAAF et sont de toute façon testées à plusieurs durant les six mois précédents les Jeux, et notamment le 29 mai, jour où Coulaud fut démasquée. Selon Le Parisien, « une autre sportive de haut niveau a été entendue mais mise hors de cause. » Il s'agirait de Christine Bardel, demi-fondeuse française, qui avait partagé la chambre de Julie Coulaud, lors du stage de l'équipe de France en mai à Font Romeu. La justice surveille également de près le compagnon de l’athlète, Mustapha Tantan. Ce dernier, ainsi qu’un ancien athlète Aïssa Dgoughi, a écopé, en 2005, de quatre mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Villefranche-sur-Saône, pour détention d’EPO et d’hormone de croissance, lors d’un contrôle routier. Dans un retentissant article paru en 2006 dans L’Equipe, Dgoughi a par la suite accusé Tantan, Coulaud et d’autres sportifs du demi-fond tricolore de se doper de manière systématique. Interrogée pour connaître son sentiment sur Tantan, Aurélie Coulaud, sœur de Julie et ancienne demi-fondeuse de haut niveau, a affirmé : « Je le connais, on le voit à Noël quand il vient en famille. Il n’a jamais manqué de respect envers mes parents. » Les sœurs Coulaud, originaires de Saint-Chamond dans le département de la Loire, ont longtemps été licencié au Coquelicot 42. Questionnée sur les raisons qui pourraient pousser une Française à se doper, l’ainée des Coulaud a répondu sans détours : « Les Russes. C’est des mobylettes. Sans cachets vous ne pouvez rien faire contre elles. » Sélectionnée pour les Mondiaux d’Osaka en 2007, Julie Coulaud a abandonné lors des séries.

Julie Coulaud et Mustapha Tantan vivent à Cagnes-sur-Mer. L’athlète qui a recommencé à travailler après sa suspension a effectué un passage dans une boutique Zara de Nice. Si Coulaud refuse de s’exprimer, Tantan nous a déclaré que s’ « ils devaient s’exprimer, ce serait envers la justice et non la presse. » Effectivement.

La rédaction - Louis Chenaille