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Grand Prix d'Australie: comment Renault s’organise pour envoyer ses F1 et le matériel

Renault F1

Renault F1 - AFP

Comme tous les ans, c’est à Melbourne, en Australie, que sera donné le 17 mars le coup d’envoi de cette nouvelle saison de Formule 1. Voici comment l’écurie Renault s’organise pour acheminer ses monoplaces et tout son matériel l’autre bout du monde.

C’est reparti pour une nouvelle saison de F1. Dimanche prochain (17 mars), sur le circuit de Melbourne, les nouvelles monoplaces s’élanceront pour la première fois de l’année avec comme objectif de détrôner Lewis Hamilton. Mais avant la course, il y a la logistique. Et pour l’Australie, il est important d’anticiper. C’est notamment le cas pour l’écurie Renault, géré à Enstone en Angleterre pour la partie châssis, et à Viry-Châtillon pour la partie moteur. "L’Australie n’est pas le déplacement le plus compliqué puisqu’il suit le cahier des charges édicté par la F1, note Jean-Pierre Raymond, responsable de la logistique pour Renault en France. La seule différence est qu’il n’existe pas de vols directs. Les délais sont plus longs. Il faut donc une adaptation en conséquences."

La F1 arrive sur zone à sept jours du Grand Prix

Il y a beaucoup de matériel à envoyer sur le circuit de l’Albert Park, à commencer par tout ce qui concerne la monoplace. Celle-ci, ainsi que le moteur et l’ensemble des pièces, est envoyée, démontées, par les airs. Tout est mis sur des palettes. Pour le Grand Prix d’Australie, la monoplace et le moteur arriveront le 10 mars. Jeudi dernier, les palettes ont été assemblées et mises dans les camions qui ont acheminé les équipements aux aéroports de Stansted (Angleterre) pour les châssis et Malpensa (Italie) pour les moteurs.

Des bateaux et cinq Boeing 747 Cargo

La marchandise sera disponible sur le circuit entre ce dimanche et lundi. Les écuries, lorsqu’elles s’acquittent des droits d’inscription au championnat du monde, payent une prestation (DHL) qui permet d’envoyer par bateaux ou par avions. Des Boeing 747 Cargo : trois à Stansted et deux à Malpensa. Mais surtout, les équipements sont réceptionnés et directement amenés au circuit. L’ensemble du matériel est scellé, ce qui permet de s’assurer qu’il n’y ait pas de vols.

Les équipements pour le stand sont partis mi-janvier

Si la monoplace voyage en avion, il en est autrement pour tous les éléments servant à bâtir le stand. Renault dispose de cinq kits. La marque française pourrait donc créer un stand sur cinq Grands Prix en simultané. Celui de Melbourne a été envoyé par bateau, depuis le port de Douvres, à la mi-janvier. Tout ce qui concerne les équipements lourds (panneaux, caisses, écrans) pour les overseas (les GP hors d'Europe) voyage par la mer. Il n’y a pas de limite de poids en bateau, mais de volume. C’est l’inverse en avion.

La difficulté de la logistique réside dans le remplissage des conteneurs et la fabrication des palettes. Si, à l’époque, les monoplace voyageaient assemblées, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Il faut donc veiller à ne rien omettre. Et encore plus pour Renault, où l’acheminement du moteur et de la monoplace (châssis) se fait à deux endroits différents.

"Pas de concurrence mais plus de l'entraide"

Le danger, lors de Grands Prix lointains, c’est l’erreur au niveau du matériel. "Les problèmes, il y en a toujours, mais il faut faire en sorte que tout fonctionne, confirme Jean-Pierre Raymond. Il faut des plans a, b, c, d. En espérant ne pas les utiliser." S’il existe des moyens de faire parvenir des pièces en urgence, cela coûte de l’argent supplémentaire.

Le pire étant de devoir faire affréter un avion. Plusieurs plans sont prévus mais lorsque des évènements exceptionnels interviennent (comme l’éruption de l’Eyjafjallajökull, le volcan islandais qui a paralysé l'Europe en 2010), il faut agir vite et trouver des solutions. La panne d’un avion est également quelque chose qui peut arriver mais toutes les écuries sont impactées puisque les équipements prennent place dans le même appareil.

A ce stade, la solidarité prime entre les écuries. "La logistique est un peu un monde à part en F1, rappelle Raymond. Il n’y a pas vraiment de concurrence, mais plus de l’entraide. Si un camion crève, on va l’aider. Pareil s’il nous manque un charriot élévateur. On travaille à côté, mais si on peut s’entraider, on le fait." Sur la piste, c'est une autre histoire...

Lucas Vinois