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Tour de France (20e étape) : Pinot, un sourire pour finir

Thibaut Pinot a dompté les 21 virages mythiques de l’Alpe d’Huez pour remporter la 20e étape du Tour de France ce samedi. Souvent malheureux depuis le départ, le Français sauve sa Grande Boucle avec ce succès de prestige.

Le dos vouté, la langue pendante, à demander le temps au motard à ses côtés, à fendre la foule amassée sur les versants… Gagner à l’Alpe d’Huez se mérite. Thibaut Pinot s’est offert ce samedi une victoire de prestige lors de la 20e étape de ce Tour de France. Oubliée la souffrance, le Français de la FDJ n’avait d’yeux que sur l’écart le séparant de la fusée Nairo Quintana, parti à l’abordage pour tenter de semer le maillot Chris Froome. « C’est vraiment une étape que tout le monde avait cochée, rappelle Pinot. C’était du stress. La joie, c’était surtout les 200 derniers mètres parce que je n’avais pas d’écart, rien du tout. »

Pinot a tenu, soutenu par tout le public. Qu’elle semble loin l’humiliation de la 14e étape, où lui et son compatriote Romain Bardet s’étaient vu chiper une victoire qui leur semblait promise pour cause de mésentente. Cette fois, le coureur de 25 ans a couru en solitaire, prenant le relais de son valeureux coéquipier Alexis Geniez, parti dès les premiers mètres de course et longtemps seul en tête avant de se faire rattraper dans les 10 derniers kilomètres.

Pinot : « Je n’ai jamais pensé à l’abandon »

Vainqueur d’une étape du Tour de Romandie entre Fribourg et Champex-Lac, vainqueur en haute-montagne à Soldën sur le Tour de Suisse, Pinot avait prouvé, dans sa préparation, qu’il avait les jambes pour assurer en montagne. Les Pyrénées ne lui ont pas souri mais il finit par accrocher une étape, la dernière accessible. « J’ai eu beaucoup de malchance mais je n’ai jamais rien lâché, j’y ai toujours cru, explique Pinot dans un soupir de soulagement. Je n’ai jamais pensé à l’abandon. Je savais que jusqu’à ce soir, il fallait que je me batte pour gagner une étape et de justesse j’ai réussi à en gagner une. »

D’autant qu’avec sa performance du jour, le Français conforte sa 16e place au classement : pas étincelant pour celui qui a terminé troisième du Tour l’an dernier. Mais un moindre mal au regard de sa première moitié de course catastrophique. Avec en prime une victoire de prestige, sa deuxième sur le Tour après celle de Porrentruy en 2012. « Ce sont deux joies différentes. Mais gagner et lever les bras, surtout à l’Alpe d’Huez, c’est spécial et c’est quelque chose qu’on retient dans une carrière. » Une carrière qui lui en réserve sans doute d’autres. Car s’il y a une chose que Pinot gardera de ce Tour, c’est bien sa belle réaction d’orgueil.

A.Bo avec P.Ta