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FIFA 20: notre test du grand rival de PES 2020

Roi des jeux vidéo de football, FIFA 20, nouvelle édition de la franchise d'EA Sports, sort officiellement en France le 27 septembre sur toutes les principales plateformes (PC, Xbox One, PS4). Cette version s'est dotée d'une nouveauté majeure: Volta, un mode consacré au football de rue. Pour le reste, le jeu est dans la droite lignée de ses prédécesseurs et propose un football toujours très arcade.

Si FIFA était une équipe de football, ce serait sans doute Manchester United. Un club au sommet sur le plan financier, mais en lente décrépitude sur le plan purement footballistique malgré quelques talents très clinquants. Disponible à compter de vendredi 27 septembre sur toutes les plateformes, soit plus de deux semaines après son concurrent Pro Evolution Soccer 2020, FIFA 20 constitue la suite de la célèbre simulation de football de l’éditeur américain EA Sports. Pour rappel, la précédente édition a tout simplement été le jeu vidéo le plus vendu de l’année 2018. Une domination sans partage qui s’appuie sur un contenu très fourni, calibré pour le multijoueur, ainsi que sur le populaire et surtout très lucratif Ultimate Team.

Mais depuis quelques saisons, le football proposé déçoit et s’éloigne des exigences qui ont rendu à cette série ses lettres de noblesse. En dépit de l’arrivée d’un mode consacré au football de rue (Volta), le constat mitigé est encore valable pour FIFA 20. RMC Sport a pu y jouer durant de nombreuses heures en avant-première. Un test réalisé en ligne et hors-ligne sur la version Xbox One, identique à celles vendues sur PC et PlayStation 4. Pour la Nintendo Switch, il semblerait que le jeu proposé ne soit qu’une simple mise à jour au rabais du précédent volet.

Priorité à l'attaque

En matière de football, FIFA 20 est dans la droite lignée de ses prédécesseurs. Le jeu est toujours aussi rapide, très assisté avec les paramètres par défaut et fait la part belle aux espaces à cause des blocs défensifs qui se disloquent encore trop aisément. Ce n’est sans doute pas un hasard si l’une des grandes nouveautés annoncées se porte sur les un-contre-un entre attaquants et défenseurs. Les nouveaux dribbles font mouche, les tacles beaucoup moins. Une retouche qui symbolise plutôt bien la vision footballistique du titre: des successions d’actions individuelles rapides. Cela ne signifie pas pour autant qu’il est impossible de construire. Mais cette façon de jouer n’est franchement pas encouragée.

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De l’inertie a tout de même été ajoutée aux joueurs et les frappes sont bien moins téléguidées. Ces ajustements, bienvenus pour le réalisme, n’ont toutefois que très peu d’incidence et atténuent à peine le résultat arcade. D'autres défauts sont encore présents, tels que la physique des contacts qui occasionne encore trop de contres favorables aléatoires. À cela s’ajoute une nouvelle faiblesse: les gardiens, d’une incroyable lenteur dans leurs réflexes après avoir effectué une parade et désormais dotés d’une fâcheuse tendance à user de leurs poings sur des frappes qui ne le nécessitent vraiment pas.

S’il ne faut qu’une poignée de matches pour être complètement familier avec cette jouabilité, ce n’est pas vraiment le cas pour les coup francs directs et les penaltys. Ces deux exercices ont subi une refonte. Une cible très sensible, à contrôler avec le stick gauche, s’affiche désormais sur le but. Elle est dans un premier temps très fine, mais grossit instantanément dès que la touche de tir est pressée. Pour les coups francs, la frappe se fait donc en trois temps bien distincts: d’abord la visée, ensuite la puissance, puis l’effet (tendu, flottant, incurvé). C’est franchement peu intuitif. Toujours en matière de coups de pieds arrêtés, il manque l’introduction de l’intéressante nouvelle règle permettant aux défenseurs de toucher le ballon dans la surface sur un six-mètres.

Volta, première perfectible mais efficace

La nouveauté phare (peut-être la plus intéressante) n’est autre que Volta, mode de jeu dédié au football de rue et de salle. Il permet de réaliser des parties dans les configurations suivantes: 3v3, 4v4 et 5v5 avec ou sans gardien et avec la possibilité de jouer avec des murs. Les matches se déroulent sur une douzaine de petits terrains situés, du city-stade au pied de la tour Eiffel au gymnase de Mexico, en passant par un parking souterrain à Amsterdam. Il manque peut-être d’un brin d’ambiance pour exploiter au mieux ces atmosphères aux quatre coins du monde.

Un match dans le mode de jeu Volta
Un match dans le mode de jeu Volta © Capture d'écran

Manette en main, Volta est divertissant et efficace. Fort logiquement, le gameplay colle parfaitement à ces matches nerveux où les gestes techniques sont plus que bienvenus et faciles à exécuter. Il n’est d’ailleurs pas indispensable de connaître toutes les manipulations des tricks pour apprécier et gagner des matches. Mieux vaut d’ailleurs être intelligent sur les redoublements de passes.

Volta s’accompagne d’un mode histoire (se substituant à l’Aventure scénarisée d’Alex Hunter). Il ne faut pas s’attendre à une révolution: le scénario est extrêmement classique, sans prise des risques. Pour faire simple: on crée son avatar masculin ou féminin et il faut faire progresser son équipe et gagner des matches pour recruter des footballeurs et des footballeuses (les équipes sont mixtes). Pour agrémenter le tout, une ribambelle d’options de personnalisation sont proposées, notamment des vêtements en édition limitée à débloquer régulièrement. Amusant au début, inutile à la longue.

Une célébration dans le mode Volta
Une célébration dans le mode Volta © Capture d'écran

Peu de nouveautés pour les autres modes

Pour les autres modes, Ultimate Team, la poule aux yeux d’or d’EA Sports permettant aux joueurs de monter leur propre équipe par l'intermédiaire d'un système de cartes à acheter ou gagner, se dote bien entendu de petits changements. Outre des refontes d'interface ou d'énièmes ajouts pour la personnalisation, des objectifs "quotidiens, hebdomadaires, saisonniers et dynamiques" ont été implémentés afin que tout le monde, quel que soit le rythme de jeu, y trouve son compte et ne soit pas frustré.

La Carrière n’est pas en reste, notamment avec un système de conférences de presse interactives et de gestion du moral des joueurs. Sans grande conséquence. Pour les prêts avec option d’achat, il faut encore oublier. Enfin, le très convivial Club Pro en ligne semble toujours autant snobé. Deux maigres ajouts sont notables: un mode entraînement et la possibilité (enfin) pour les adversaires de s’entendre sur le choix des maillots afin d’éviter des oppositions illisibles. Il faudra surveiller si EA Sports a enfin décidé de lutter contre la triche qui ruine le plaisir des joueurs PC sur ce mode.

Graphiquement bloqué en 2016

Pour le reste du contenu, FIFA dispose encore des droits de la Ligue des champions, de la Ligue Europa et des habillages TV officiels de plusieurs championnats comme la Ligue 1 et la Premier League. En termes de licences, la seule ombre au tableau a déjà suscité son flot de commentaires: l’absence du logo et des maillots de la Juventus, renommée Piemonte Calcio. Un manque purement cosmétique, l’effectif complet étant bel et bien présent et à jour.

Bien que ce ne soit pas un point essentiel pour un jeu de football, le moteur graphique Frostbite commence sérieusement à faire tâche. Par exemple, les textures utilisées pour la modélisation des footballeurs laissent désormais à désirer, au vu des progrès techniques réalisés dans l’industrie. Mais pour une amélioration significative à ce niveau, il faudra peut-être attendre l’arrivée de la prochaine générations de consoles. À ce rythme, ce changement s’accompagnera peut-être d’une inversion dans la hiérarchie des simulations de football. Comme à l’époque de l’arrivée de la PlayStation 3.

La Premier League dans FIFA 20
La Premier League dans FIFA 20 © Capture d'écran

Les points positifs

► La dose d’inertie supplémentaire
► Volta, du foot de rue divertissant
► Les équipes mixtes dans Volta
► La bande-son, valeur sûre
► Le nombre de licences officielles

Les moins

► Les grands boulevards en défense
► Du football trop arcade
► Le curieux comportement des gardiens
► Les commentaires audio vieillissants
► Des graphismes qui datent
► Le manque de nouveautés en Carrière et Club Pro

Julien Absalon