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Equitation: Guillaume Canet et le monde équestre émus par une épidémie mortelle

Philippe Rozier sur Rahotep, son cheval tombé malade

Philippe Rozier sur Rahotep, son cheval tombé malade - AFP

Des chevaux affaiblis par la fièvre, qui toussent, qui n'arrivent plus à tenir sur leurs pattes, et qui parfois meurent... Depuis quelques jours, le milieu équestre européen est confronté à une violente épidémie de rhinopneumonie, une maladie parfois assez bénigne, mais qui se propage actuellement sous sa forme nerveuse, la plus dangereuse. L'acteur Guillaume Canet et le champion olympique de saut d'obstacles Philippe Rozier, entre autres, ont dit leur inquiétude.

Marre des actualités anxiogènes liées à la pandémie de Covid-19? Parlons un peu de la rhinopneumonie, cette maladie hyper contagieuse qui n’est pas transmissible à l’homme mais qui décime depuis quelques jours les haras du continent et émeut, autant qu’elle inquiète, le monde équestre…

Dans un communiqué publié lundi, la Fédération française d’équitation a tiré la sonnette d’alarme en annonçant des mesures fortes. "Afin de maitriser le développement d’une épidémie de Myeloencéphalite-EHV1 (rhinopneumonie) après le constat de nombreux cas sur des concours en Europe, la FFE et la SHF (la Société hippique française) ont décidé conjointement de suspendre jusqu’au dimanche 28 mars 2021 inclus, l’ensemble des compétitions équestres nationales et internationales, rassemblements d’équidés et stages qu’elles organisent ou placés sous leur égide", a indiqué la Fédé.

Dans la foulée, c’est la Fédération équestre internationale qui a annoncé l’annulation de tous les prochains événements dans dix pays d’Europe, à savoir l’Espagne, le Portugal, la Belgique, l’Italie, l’Autriche, la Pologne, les Pays-Bas, l’Allemagne et la Slovaquie, en plus de l'Hexagone. Et voilà comment un an après le début de la crise du coronavirus, le monde des compétitions équestres se retrouve de nouveau à l’arrêt.

Un premier foyer en Espagne

Pour comprendre l’origine de cette crise, retour au CES Valencia Tour, fin février en Espagne. Une semaine avant la clôture, les organisateurs de ce grand concours de saut d’obstacles doivent écourter la compétition après la découverte d’un foyer de rhinopneumonie équine, une pathologie causée par un virus – l’EHV1 donc – qui se transmet très facilement entre équidés par contacts et sécrétions respiratoires. Problème, c’est de la forme nerveuse de la maladie qu’il s’agit. La plus dangereuse pour les animaux, qui peut entraîner fièvre, toux, troubles de la locomotion, voire paralysie, et surtout la mort.

Rapidement, des mesures sanitaires sont prises, des vétérinaires sont appelés en renfort, mais le mal est fait. Des chevaux de toute l’Europe sont sur place, certains sont déjà repartis, et le virus circule ailleurs. Au moins quatre morts ont été recensées en Espagne, et des cas graves – beaucoup plus que lors d’une épidémie ordinaire – ont été détectés en France, en Allemagne ou en Belgique.

Un "cauchemar" pour Guillaume Canet

Sur les réseaux sociaux, des vidéos de propriétaires tentant de maintenir leurs animaux malades en position debout (et donc de les sauver) à l’aide de sangles ou de chariots élévateurs circulent. L’acteur Guillaume Canet, cavalier émérite, a lui posté un message de soutien à ses camarades dans ce "cauchemar", en citant notamment le champion olympique Philippe Rozier, visiblement très affecté.

"Faites très attention à vos chevaux, lance ce dernier dans une vidéo postée sur Instagram. Je suis rentré très rapidement de Valence avec 13 chevaux quand j’ai su que la rhino était là-bas. On a isolé les chevaux directement, ils ont tous été testés et isolés. (…) Sur les 13, on en avait 3 positifs, et finalement ce sont les seuls qui n’ont rien pour l’instant, les autres ont eu des poussées de fièvre." Et de sangloter au moment d’évoquer son cheval Rahotep de Toscane, avec qui il a décroché l’or à Rio: "Rahotep n’était pas bien du tout lundi, toute l’écurie s’est mobilisée pour lui. On essaie de faire tout ce qu’il faut, on a veillé toute la nuit auprès de lui. Faites attention, parce que mon cheval était négatif et pourtant il n’est pas bien du tout."

Pour prévenir la maladie, un vaccin, recommandé mais non obligatoire, existe déjà. Ce dernier n’offre toutefois pas de garantie totale, et des cas auraient été signalés chez des animaux vaccinés.

L’association vétérinaire équine française, au front depuis plusieurs jours, a publié un rappel des mesures sanitaires à respecter: prise de la température, désinfection des vans, des locaux, matériel à usage unique, désinfection des équipements humains (l’homme peut transporter le virus sur ses vêtements, par exemple), et surtout, surtout isolement des chevaux suspects. Il faut croire que c’est d’époque.

C.C.