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Hippisme: un entraîneur prend la pose sur un cheval mort, scandale en Angleterre

L'entraîneur de chevaux Gordon Elliott (à droite)

L'entraîneur de chevaux Gordon Elliott (à droite) - Icon Sport

Entraîneur de chevaux de course extrêmement réputé dans les îles britanniques, l'Irlandais Gordon Elliott est au coeur depuis quelques jours d'une énorme polémique en Angleterre, après la publication d'une photo le montrant en train de poser, tout sourire, sur le cadavre d'un animal décédé.

Jusque-là, son histoire n'était que folle ascension. Plus jeune entraîneur de chevaux à avoir remporté le Grand National - une prestigieuse course en Angleterre - en 2007 (à 29 ans), de nouveau vainqueur sur l'hippodrome d'Aintree en 2018, puis en 2019, l'Irlandais Gordon Elliott était devenu en quelques années l'un des personnages les plus réputés du sport hippique britannique. Et puis le scandale est arrivé.

En fin de semaine passée, la publication d'une photo sur laquelle apparait Elliott a provoqué une énorme polémique outre-Manche. Et pour cause: sur le cliché en question, l'entraîneur - qui s'est toujours présenté comme un ami des bêtes à poils - pose tout souriant, à califourchon... sur un cadavre de cheval. De quoi provoquer l'indignation des observateurs britanniques et des défenseurs de la cause animale, dont la puissante association PETA.

"Qu'il soit vivant ou mort, le cheval avait droit à la dignité", a reconnu l'intéressé

Sous le feu des critiques, Elliott - qui fête ses 43 ans ce mardi - a d'abord tenté une défense audacieuse sur les réseaux sociaux, en présentant ses excuses. "La photo en question a été prise il y a quelque temps, après qu'un cheval soit mort d'une apparente crise cardiaque au galop, a-t-il raconté. Dans ce qui était un moment triste, comme à chaque fois qu'un cheval sous ma garde décède, ma première réaction a été de retirer le corps de l'endroit où il était positionné. Je me tenais au-dessus du cheval en attendant d’aider à bouger le corps, lorsque j’ai reçu un appel et, sans réfléchir, je me suis assis pour le prendre. Entendant un cri d’un membre de mon équipe, j'ai fait signe d'attendre que j'aie fini."

De quoi convaincre l'auditoire? Absolument pas. C'est pourquoi Elliott a changé de ton dans une interview donnée lundi au Racing Post, admettant un geste "indéfendable". "Qu'il soit vivant ou mort, le cheval avait droit à la dignité, a-t-il déclaré. C'est un moment de folie pour lequel je vais devoir passer le reste de ma vie à payer et pour lequel mes collaborateurs souffrent. Je serai puni, je le comprends parfaitement. Mais ça me brise le cœur de lire et d'entendre les gens dire que je n'ai aucun respect pour mes chevaux. Cela ne peut pas être plus éloigné de la vérité..."

Alors que l'instance dirigeante des courses en Irlande a ouvert une enquête, l'instance britannique, la British Horseracing Authority (BHA), a elle indiqué lundi soir que Gordon Elliott est interdit de courses en Grande-Bretagne jusqu'à nouvel ordre. La BHA compte même refuser dans les hippodromes les chevaux entraînés par l'Irlandais, en autorisant toutefois les propriétaires à changer de coach s'ils veulent concourir.

C.C.