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Coupe de France : construire, déconstruire et reconstruire l’AS Cannes

Patrick Vieira sous le maillot de l'AS Cannes

Patrick Vieira sous le maillot de l'AS Cannes - -

Ancienne place forte de la formation française qui a fait éclore Zinedine Zidane ou Patrick Vieira, l’AS Cannes évolue désormais dans l’anonymat du CFA. Elle défie Saint-Etienne, ce samedi (14h15) en 32es de finale de la Coupe de France.

Zidane, Vieira, Micoud...

L’AS Cannes, c’est une histoire que les moins de 20 ans ne peuvent (presque) pas connaitre. A la fin des années 80, le club azuréen retrouve la première division (1987). Il y passe quatre saisons. Dans ses rangs, figure le jeune et inconnu Zinedine Zidane. Bercé par Guy Lacombe au centre de formation, qu’il a rejoint à l’âge de 15 ans, celui qui deviendra le héros d’un certain 12 juillet intègre l’effectif professionnel de Jean Fernandez à 16 ans (1988-1989), avant de participer à la qualification pour la Coupe d’Europe en 1991. Un an plus tard, Cannes est relégué en deuxième division et Zizou est transféré aux Girondins de Bordeaux. Mais il restera comme la première tête d’affiche d’une longue liste de footballeurs façonnés à la Bocca.

Alors que Luis Fernandez arrête sa carrière de joueur pour embrasser celle d’entraîneur, le club remonte dans l’élite en 1993. En s’appuyant encore et toujours sur son centre de formation. Patrick Vieira et Johan Micoud contribuent à la qualification du club pour la Coupe d’Europe et participent à l’humiliation de Fenerbahçe (9-1 au total) dès le premier tour la saison suivante. Gaël Clichy, Julien Escudé, Julien Faubert, Sébastien Frey, David Jemmali, Hamed Namouchi et Jonathan Zebina poursuivront cette tradition de la formation cannoise avant d’éclore au plus haut-niveau.

... puis l'effondrement

Relégué en D2 (1998) puis en National, le club perd son statut professionnel en 2004 avant que le si fructueux centre de formation ne ferme en 2006. « Un certain nombres de joueurs ont été formés à l’AS Cannes et ont fait de grandes carrières. Cette idée n’a pas été abandonnée dans le club, même si aujourd’hui, il n’y a plus de centre de formation, assure Jean-Marc Pilorget, entraîneur de l’AS Cannes depuis janvier 2012. Il y a quand même un centre de vie avec des 17 ans nationaux et des 19 ans nationaux qui continuent à s’entraîner le matin et avoir cours l’après-midi. Il y a quand même une vie au niveau de l’ancien centre de formation. C’est l’idée qu’on ne doit pas perdre de vue. Ça a bien fonctionné pendant des années et je pense que ça doit toujours fonctionner comme ça. »

Jérémy Gavanon, gardien de but passé par l’OM et Sochaux, espère perpétuer la tradition. « Avec tous les joueurs qui sont sortis de ce club, on espère un jour retrouver le statut professionnel et le plus vite possible. Quelques jeunes s’entraînent avec nous, rappelle-t-il. Il y a de la qualité au centre de formation, en espérant remonter le plus vite possible et retrouver ce statut pour qu’il y ait des jeunes formés au club qui goûtent à ce stade et au monde professionnel. »

Objectif National et... Saint-Etienne

Retrouver le National sera synonyme de lumière. Quatrième puis deuxième de son groupe, l’ASC pointe actuellement en quatrième position à trois points de la première place synonyme de montée et actuellement détenue par la deuxième équipe de de Monaco. « Les structures de l’AS Cannes ne sont pas des structures de CFA. Ce sont des structures de National, voire de Ligue 2, répète Jean-Marc Pilorget. Il y a beaucoup de clubs en National qui n’ont pas ces structures d’entraînement, ces structures d’accueil. »

Avant cela, le club s’offrirait bien un premier coup d’éclat avec la réception de Saint-Etienne, ce samedi (14h15) en 32es de finale de la Coupe de France dans un stade de la Bocca (ou Pierre-de-Coubertin) prêt à vibrer comme au bon vieux temps. « La montée, c’est vraiment l’objectif numéro 1 du club. Mais le coach nous avait donné un deuxième objectif, la Coupe de France, atteste Gavanon. C’était une deuxième parenthèse et on ne l’a toujours pas fermée. On attend ce match avec impatience, portés par un public et un stade plein. C’est une grosse armada, mais le petit poucet est fait pour faire tomber le grand en Coupe de France. Espérons que ce soit nous cette année. »

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Nicolas Couet avec Yann Pécheral