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Evian TG-Lorient : Aliadière, l’ancienne nouvelle star

Jérémie Aliadière

Jérémie Aliadière - -

Future étoile du foot français à 16 ans, Jérémie Aliadière a connu une trajectoire très compliquée. Sans club il y a deux ans, l’attaquant de Lorient, qui se déplace mercredi sur la pelouse d’Evian en demi-finale de la Coupe de France (21h), a retrouvé sourire et talent en Bretagne. Et tape à la porte des Bleus.

Sa trajectoire raconte le destin des génies trop vite annoncés. Des étoiles montées au firmament médiatique qui se révèlent filantes. Question de choix, souvent. D’opportunités, aussi. Et de blessures, parfois. Un tas de raisons différentes. Pour le même constat : les « Zidane en herbe » qui n’ont pas confirmé le niveau attendu sont légion. On peut citer Mourad Meghni, Rudy Haddad ou Vincent Péricard. Dans une moindre mesure, Camel Meriem ou Hatem Ben Arfa. Sans oublier Jérémie Aliadière. Oui, oui, l’attaquant virevoltant de Lorient, deuxième meilleur buteur français de Ligue 1 cette saison avec 15 réalisations (derrière Bafétimbi Gomis, 16), dont le nom revient avec insistance autour de l’équipe de France. A 30 ans, le natif de Rambouillet revit en Bretagne. Technique, actif, malin, Aliadière joue enfin de toutes les qualités qui avaient fait de lui une future star.

Formé à l’INF Clairefontaine, Jérémie tape dans l’œil d’Arsène Wenger et rejoint Arsenal à 16 ans, symbole médiatique du pillage de la formation à la française par les clubs étrangers. Mais le rêve va virer au cauchemar. La concurrence lui barre la route. Les blessures se multiplient. Les prêts aussi, du Celtic Glasgow à Wolverhampton en passant par West Ham. En 2007, l’inévitable : Aliadière quitte pour de bon Arsenal, direction Middlesbrough. Son temps de jeu grandit mais il n’arrive toujours pas à s’imposer parmi les meilleurs attaquants français, concurrence et blessures obligent. Le fond du gouffre arrive. Victime d’une rupture du ligament croisé du genou en août 2010, lors d’un essai à West Ham, Aliadière se retrouve sans club. Obligé d’effectuer sa rééducation seul. « Il aurait très bien pu terminer sa carrière il y a deux ans », confirme Christian Gourcuff, son entraîneur à Lorient.

« La meilleure saison de ma carrière »

En juillet 2011, sur les conseils de Wenger, Lorient lui offre une chance. Une première saison pour retrouver le rythme (2 buts en 18 matches en L1) mais jonchée de nouvelles blessures, dont il se sort avec l’aide du préparateur physique Tiburce Darou. Résultat ? Jérémie peut enfin s’exprimer pleinement cette saison. 15 buts en 31 apparitions en championnat. Renaissance sportive accomplie. A la hauteur de ce qu’on… n’attendait plus. De quoi philosopher. « Ce sont les aléas d’une carrière, ça se joue à peu de choses, raconte l’intéressé. Si je n’avais pas eu ces blessures à Arsenal à des moments où je commençais à jouer, à être dans le groupe régulièrement, ça aurait été différent. »

Future star à 16 ans. Enfin au niveau à 30. L’importance du contexte. « Cette saison est la meilleure de ma carrière parce que je suis dans un club comme Lorient, qui joue le style de jeu qui me convient, confirme Aliadière. Si j’avais été dans un autre club en France, ça ne se serait peut-être pas aussi bien passé, ça aurait pu être compliqué. Ça bascule d’un côté ou de l’autre. » Et sous la houlette de Christian Gourcuff, c’est du bon côté. « J’ai eu des bons joueurs mais c’est sûrement l’un des plus talentueux, analyse l’entraîneur de Lorient. Son retour au premier plan n’était pas prévisible. Il fallait qu’il retrouve un club et un contexte qui lui soit favorables mais aussi l’intégralité de ses moyens physiques. Pour ça, il fallait du temps. Mais même quand il était moins bien physiquement, on voyait bien que c’était un joueur de qualité. » On en a désormais la preuve chaque semaine.

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Alexandre Herbinet