RMC Sport

Valbuena : « Je dois marquer plus de buts »

Mathieu Valbuena

Mathieu Valbuena - -

Élément moteur de l’équipe de France version Didier Deschamps, Mathieu Valbuena s’est confié sur sa nouvelle vie en Bleu, avant deux confrontations capitales dans l’optique de la qualification à la Coupe du monde 2014, contre la Géorgie (vendredi), puis l’Espagne (mardi).

Mathieu, au vu de vos dernières performances en Bleu, estimez-vous avoir plus de responsabilités dans le jeu de l’équipe de France ?

Par rapport à là où j’ai été placé (en 10, ndlr), ça demande beaucoup de responsabilités. Etre 10 en France, c’est forcément lourd à porter.

Que représente pour vous d’évoluer en 10 en équipe de France ?

C’est quelque chose que je n’aurais jamais imaginé. Etre en équipe de France, c’est une grande fierté. Alors y jouer, en plus en numéro 10, c’est quelque chose de grand, et de très représentatif pour moi. Sur les derniers matches, ça c’est bien passé et j’essaye toujours de tenir ce rôle du mieux possible.

Comment vous situez-vous dans cette équipe ?

Quand on a fait appel à moi, ça s’est plutôt bien passé en général. J’ai eu des déceptions, comme de ne pas avoir disputé une seule minute à l’Euro 2012. C’est difficile à accepter mais c’est comme ça. Je me suis remis à travailler. Didier Deschamps me fait jouer dans l’axe et ça marche plutôt bien. A moi de continuer mon bonhomme de chemin et de continuer à travailler avec humilité et détermination, et ça devrait aller.

A titre personnel, où se situe votre marge de progression ?

A Marseille ou en sélection, je joue dans un poste axial. Ce qu’on me demande, c’est d’être décisif. Là où je pense pouvoir progresser, c’est marquer plus de buts. En termes de passes décisives, ça va, mais si je pouvais marquer autant que je fais de passes, ce serait encore mieux. C’est le point à améliorer pour poursuivre ma progression.

Didier Deschamps pourrait opter pour un 4-4-2 contre la Géorgie, qui pourrait soit vous exiler sur un côté, soit vous reléguer sur le banc. C’est quelque chose qui vous embête ?

Non, au contraire. Pour progresser, il faut toujours se remettre en question. Vu d’où j’arrive, je sais qu’il ne faut pas se reposer sur ses lauriers. Il faut travailler, ne pas se prendre la tête et continuer.

En cas de 4-4-2, on pourrait voir Benzema et Giroud associés en pointe. Que pensez-vous de leur complémentarité, qui n’a pour l’instant pas fait ses preuves ?

Karim, qu’il soit seul ou avec deux pointes, c’est un buteur. Il marque moins en ce moment, mais ça reste un grand joueur. En ce qui concerne leur complémentarité, il faut leur laisser du temps. Je pense qu’ils sont capables de très bien s’entendre, et leur rôle sera très important contre une équipe regroupée comme la Géorgie. Ils sont intéressants tous les deux. Ils peuvent faire de très belles choses ensemble, même s’il y a des affinités à mettre en place. J’espère que vendredi ils arriveront à mettre toutes leur qualités à profit sur le terrain.

Le nul arraché en Espagne (1-1) a-t-il été un déclic pour l’équipe ?

On les a mis en difficulté là-bas. Ça a été une grande fierté pour nous, parce que c’est ce qui se fait de mieux depuis pas mal d’années. Il y aura un match retour, qui ne sera peut-être pas la même affaire. Ils seront plus concentrés et plus attentifs, mais on n’y est pas encore.

Vous avez évolué aux côtés de Franck Ribéry à l’OM. A-t-il changé depuis cette époque (2006-2007) ?

Il n’a pas changé dans la vie. Sur le terrain, il a mûri, il a pris de l’expérience, il est moins fou-fou dans son jeu. Son ascension a été fulgurante, il a tout explosé au Bayern. En gros, il est resté le même mais il a continué sa progression sur le terrain. C’est quelqu’un qui a besoin de rigoler, de mettre de l’ambiance, d’apporter de la folie sur et en dehors du terrain, et ça fait du bien au groupe.

Un mot sur la polémique autour des joueurs qui ne chantent pas La Marseillaise ?

Ce n’est pas parce qu’on ne chante pas La Marseillaise qu’on n’aime pas l’équipe de France. Chacun fait comme il l’entend. Libre à chacun de faire ce qu’il a envie. Je peux vous assurer que tous ceux qui portent ce maillot sont à 100% concentrés et déterminés pour l’équipe de France.

Vous avez des origines espagnoles. Qu’est-ce que cela représente pour vous d’affronter cette équipe ?

C’est quelque chose de fort. Mon père est Espagnol. Petit, je suivais beaucoup l’équipe d’Espagne. Quand je suis rentré contre eux à Madrid (le 16 octobre dernier, ndlr), ça a été un moment très particulier pour moi.

Pouvez-vous nous parler du baptême de Paul Pogba, qui a dû chanter une chanson devant le groupe ?

Il a été très à l’aise. Très bon. Il connaissait déjà certaines personnes en arrivant ici. Il a chanté, il s’est levé, serein, il a été bon. On ne dirait pas qu’il a seulement 19 ans (20 ans, en réalité, depuis cette semaine, ndlr). C’est un très gentil garçon.

Propos recueillis par J.Ré., J.S et P.Ta., à Clairefontaine