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Euro: comment les Français se sont pris de passion pour Mon Petit Prono

Mon Petit Prono

Mon Petit Prono - RMC Sport

Comme d’autres jeux gratuits de pronostics, Mon Petit Prono (ou MPP) cartonne depuis le début de l’Euro, avec un million d'utilisateurs au sein de la population. Son co-fondateur Martin Jaglin s’en félicite, et livre les clés de ce succès. Chez les amateurs de foot, mais pas seulement.

Il y a ceux, même passionnés de ballon, qui se sont endormis lundi soir devant le triste spectacle proposé par les acteurs du match Espagne-Suède (0-0). Et il y a ceux, comme l’auteur de ces lignes, qui avaient pronostiqué un nul entre les deux formations, et qui ont serré les fesses jusqu’à la dernière minute, de peur de voir la muraille scandinave céder face aux (timides) offensives de la Roja. C’est le charme de Mon Petit Prono, ou MPP: apporter un peu de piquant à une rencontre, même quand elle est ennuyante comme la mort. Et ce sans avoir misé d’argent.

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Lancé en 2014 de manière assez confidentielle, ce jeu gratuit de pronostics, dérivé du jeu de fantasy football Mon Petit Gazon (MPG), cartonne depuis le début l’Euro. "On vient de passer le million de joueurs (90% d’entre eux ayant téléchargé l’application, ndlr), s’étonne encore Martin Jaglin, co-fondateur de MPG et MPP. On avait fait 850.000 participants lors de la Coupe du monde 2018, mais cette année on ne savait pas trop à quoi s’attendre, parce que les stades sont vides, parce que ça se déconfine plus ou moins et parce que les gens ne vont pas forcément au bureau… Et en fait, il y a eu un engouement de dernière minute, c’est complètement fou. La semaine dernière, on a juste été devancés par TousAntiCovid sur les plateformes de téléchargement. C’est la seule app qui a résisté à Mon Petit Prono."

Des amis, des collègues, des hommes, des femmes... et beaucoup de novices

Comme ses concurrents Corporico ou ccup.io, MPP peut mettre aux prises des collègues, des collaborateurs d’une même entreprise. Mais il rassemble aussi – surtout – des amis, des cousins, ou des voisins dans des mini-championnats. "On a environ 100.000 ligues, sachant qu’un joueur peut faire partie de plusieurs ligues, précise Martin Jaglin. Le grand triptyque, c’est famille-amis-collègues."

Le créateur se félicite d’ailleurs de la diversité des profils chez les joueurs. "C’est beaucoup moins expert que MPG, observe-t-il. L’Euro, la Coupe du monde, ça dépasse le cadre sportif, c’est un truc de société. On a plein de gens qui n’y connaissent rien au foot, mais qui jouent parce qu’ils ont été invités par leur famille, par quelqu’un au travail… Sur Mon Petit Gazon, on doit avoir 90% de mecs et 10% de filles. Là sur Mon Petit Prono, c’est du 70-30. C’est super."

"Même ma mère est devant moi, c’est terrible"

A la 12e place du classement général, on remarque ainsi une Murielle, 464 points au compteur, qui affiche 8 bons pronostics en 10 matchs et qui a trouvé les scores exacts de Pays de Galles-Suisse (1-1) ou Danemark-Finlande (0-1, respect). Comme pour Laëtitia, 14e, comme pour Sébastien, actuel leader, cette performance ne lui rapportera strictement rien – même si des marques telles que KFC ou V and B ont créé leur propre ligue avec des cadeaux à gagner. "On est des pinces, on n’offre rien, plaisante Martin Jaglin. On veut que les gens viennent pour le fun, pas pour les lots."

L’essentiel est ailleurs. "Ce qui attire les utilisateurs? C’est un jeu gratuit, c’est juste de la déconne, c’est la fierté d’être premier, des discussions sans fin… Les jeux de pronostics, ça marche hyper bien sur les compétitions courtes, ça se prête bien au format, là où un jeu de fantasy va être plus intéressant sur une saison longue, développe le co-fondateur. (…) Ça ajoute une adrénaline au suivi des matchs, tu ne suis pas les rencontres de la même façon, tu te mets à vibrer sur la Macédoine qui peut te rapporter 75 points en cas de victoire. Ça double l’intérêt. Et puis surtout, la clé, c’est que les gens veulent gagner. C’est humain, c’est intégré dans ton ADN: tu veux gagner, comme quand tu joues au scrabble."

Même si dans ce cas de figure, l’expérience n’est pas forcément utile. "Les 'spécialistes' ne sont pas à la fête, note le papa de MPP. Moi je joue les grosses cotes, et je suis dans le dur. Même ma mère est devant moi, c’est terrible. Les connaisseurs vont miser sur des surprises, sauf que pour le moment il y a très peu de surprises. Ils se font éclater!" Aussi, Martin Jaglin se veut prudent au moment de distribuer un conseil au million de joueurs. "Si on se dirige vraiment vers un Euro sans surprise, jouez les petites cotes, en bon père de famille, glisse-t-il. Mais maintenant que j’ai dit ça, le Portugal va forcément se prendre un 4-0 dans la tronche."

https://twitter.com/clementchaillou Clément Chaillou Journaliste RMC Sport