RMC Sport

Euro: mauvaise opération pour l’Espagne, maladroite et accrochée par la Suède

Malgré son ultra-possession, l’Espagne a manqué son entrée à l'Euro, contrainte au nul à "domicile" face à la Suède (0-0), privée de Zlatan Ibrahimovic pour le tournoi. Aymeric Laporte a disputé l’intégralité de la rencontre.

Rarement, avant le tournoi, l’Espagne aura été citée parmi les prétendants crédibles à la victoire finale à l’Euro. France, Allemagne, Portugal, Belgique et Angleterre semblent, dans l’imaginaire collectif, partir avec une belle longueur d’avance sur la Roja, plongée depuis quelques années dans un renouveau latent. Cette génération des Koke, Ferran Torres et autres Rodri aimerait pourtant venir jouer les trouble-fête dans cet Euro, tapis dans l’ombre de ses plus sérieux concurrents.

Mais la sélection de Luis Enrique, tenue en échec par la Suède (0-0) lundi soir devant 16.000 chanceux à la Cartuja de Séville, n'en semble pas encore capable. Pourtant outrageusement dominateurs – Aymeric Laporte (62), Pau Torres (61) et Jordi Alba (59) avaient réussis plus de passes en première période que toute l’équipe suédoise (59) –, même sans leur capitaine Sergio Busquets, les Espagnols n'ont jamais réussi à trouver la faille, plombés par un manque cruel d'efficacité. Le gardien suédois Robin Olsen a fait des miracles - tête piquée (16e) et frappe puissante de Dani Olmo (45e), parade devant Gerard Moreno dans le money time (90e) -, tandis qu'Alvaro Morata s'est montré très maladroit (39e, 50e).

>> Revivez Espagne-Suède minute par minute

Laporte à son aise

Aymeric Laporte, titularisé axe droit dans la défense ibérique, a lui livré une prestation propre, rarement embêté par le duo d’attaquant Alexander Isak-Marcus Berg, amené à faire oublier l’absence de Zlatan Ibrahimovic, blessé au genou et forfait pour le tournoi. Le Franco-espagnol de Manchester City n'est pas impliqué sur les incursions d'Isak, qui par deux fois a semé la panique dans sa défense.

Mais Marcos Llorente a contré le tir – non-cadré – de l'attaquant sur le poteau (42e), avant que Berg manque de convertir son offrande après un festival en soliste (61e). Le retour de son ailier Dejan Kulusevski, prodige de la Juventus de Turin, pourrait toutefois faire du bien à la Suède, vendredi contre la Slovaquie (15 heures).

Alors que dans l’autre match du groupe E, la Slovaquie avait surpris la Pologne (2-1) plus tôt dans la journée, l’Espagne manque l'occasion de la rejoindre en tête de la poule, avant d’affronter les Polonais de Robert Lewandowski, samedi (21 heures). Si elle n’a perdu qu’un match sur ses 25 dernières sorties, toutes compétitions confondues, cette génération-là a encore du travail devant elle si elle souhaite imposer à l'Europe un tout autre statut.

Romain Daveau Journaliste RMC Sport