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Incidents OL-OM en direct: L'OL et Aulas sortent leurs propositions pour lutter contre la violence

Le meneur de jeu de Marseille Dimitri Payet touché par une bouteille d'eau au moment de tirer un corner contre Lyon au Parc OL, le 21 novembre 2021

Le meneur de jeu de Marseille Dimitri Payet touché par une bouteille d'eau au moment de tirer un corner contre Lyon au Parc OL, le 21 novembre 2021 - PHILIPPE DESMAZES © 2019 AFP

Les ministres de l'Intérieur et ceux chargés des Sports rencontrent ce mardi les instances du football français pour voir "ce qu'il faut faire" après les incidents survenus dimanche soir lors du match OL-OM à Lyon.

Les propositions de l'OL et du président Aulas à Darmanin

Quelques heures après le verdict et les six mois de prison infligés au supporter qui a touché Dimitri Payet avec une bouteille, Jean-Michel Aulas et l'OL ont partagé leurs propositions pour éviter les incidents pendant les matchs.

"Concernant les actes de masse comme des bagarres, jets de projectiles multiples, ou des envahissements importants de terrains, le président de l’Olympique Lyonnais a une nouvelle fois rappelé l’importance du dialogue et du travail avec les groupes de supporters lors de l’Instance nationale du supportérisme (INS), tout en regrettant l’absence de réunions depuis un an (une nouvelle rencontre nationale avec les représentants est prévue en décembre). A l’échelle locale, il a salué le travail des SLO, référents supporters, dans les clubs qui ont fait ce choix (l’Olympique Lyonnais en compte deux). Au-delà des questions de dialogue et de prévention, Jean-Michel Aulas a également plaidé pour des sanctions exemplaires et dissuasives lorsque cela était nécessaire."

Le président du club rhodanien aussi abordé la question des incidents liés à une seule personne.

"Le président de l’Olympique Lyonnais a regretté que les sanctions administratives ne soient parfois pas appliquées, notamment dans le cas des interdictions de stade, précise encore le communiqué de l'OL. Il a rappelé que des individus n’allaient pas pointer systématiquement dans les commissariats de police pour que les forces de l’ordre s’assurent qu’ils ne soient pas dans les tribunes.

De même, Jean-Michel Aulas a plaidé pour que les barèmes d’interdiction de stade soient strictement appliqués, jusqu’à leur durée maximale cinq ans, lorsque cela était nécessaire, ajoutant par ailleurs qu’il était important que les décisions de justice soient dissuasives."

L'avocat du supporter "satisfait" de le voir échapper à de la prison ferme

"Je reste intimement persuadé que ce n’était pas son souhait de blesser Dimitri Payet qu’il ne connaissait pas, explique Me Metaxas. Ce n’était pas non plus son souhait de causer l’interruption du match. Cela a été entendu. Il s’en veut, clairement. S’il pouvait à lui seul indemniser tout le monde, il le ferait, mais il n'en a pas la capacité. Mais c’est un homme soulagé, qui va pouvoir retrouver une vie normale après tout ce chaos judiciaire et médiatique. Je crois qu’il aspire maintenant à beaucoup plus de sérénité. Encore une fois il présente ses excuses à tout le monde : aux clubs, aux supporters, et bien évidemment à titre personnel à Dimitri Payet. C’est une décision qui me satisfait. Du moment où une personne ressort libre du tribunal alors que de la prison ferme avait été demandée, je suis satisfait. La peine requise était incompréhensible, disproportionnée."

"L’interdiction de stade est légitime, il a eu un comportement antisportif, qu’il faut bannir des stades, poursuit le conseil. Il le savait, il l’accepte. Il a fait 20 ans de stade, il attendra cinq ans pour retourner au Groupama Stadium. Quand on fait quelque chose de grave dans un stade, on n’y a plus sa place."

Six mois de prison avec sursis et cinq ans d'interdiction de stade pour le lanceur de bouteille

Le jugement du tribunal correctionnel de Lyon est tombé: l'individu qui a lancé une bouteille d'eau sur Dimitri Payet vient d'être condamné en première instance à six mois de prison avec sursis probatoire (de deux ans) ainsi que cinq ans d'interdiction de stade.

Il devra par ailleurs verser un euro à Dimitri Payet, un euro à l'OM et un euro à la LFP au titre des préjudices causés. "Il faut que vous justifiez de travailler et de payer les parties civiles, a expliqué la présidente. Sinon, vous irez en prison."

La décision du tribunal sera rendue dans quelques minutes, après la suspension d'audience

Pas de mise en délibéré, donc. Le prévenu sera condamné (ou non) en première instance dès ce mardi.

L'avocat du prévenu dénonce "un service commandé"

L'avocat du lanceur de bouteille considère que les réquisitions du procureur sont trop sévères. "Vous êtes en service commandé en demandant ces 6 mois fermes, lance-t-il. La victime n'a pas d'ITT, et vous demandez 6 mois?" 

"La violence est consubstantielle au foot, avec des morts par le passé, estime Me Metaxas. (...) Je ne veux pas minimiser, mais cette violence a toujours été présente dans le foot. Tout cela n'est pas nouveau. On ne sait plus quoi faire pour éviter cela. Cela n'exonère pas mon client mais la peine demandée est grossière. (...) Il a eu un réflexe stupide, je le concède. Une bouteille traîne, il la ramasse, et cela atteint malheureusement Monsieur Payet en pleine tête. (...) Vous voulez une sanction sur l’interdiction de stade, pas de problème. Mais le mettre au trou, lui? Sans accès au sursis? Cela donne le tournis."

Six mois de prison ferme, et cinq ans d'interdiction de stade requis

La procureure vient de requérir six mois de prison ferme contre le lanceur de la bouteille, ainsi que cinq ans d'interdiction de stade.

"Ce geste est un acte de violence intentionnelle, la vidéo le montre, a-t-elle expliqué. Ce monsieur va regarder autour de lui, mettre sa capuche et dissimuler son visage, il va regarder à droite et à gauche, il arme son bras et lance la bouteille. On a la préparation du geste avec un jet tendu d'une force exceptionnelle car la bouteille explose. En aval, vous avez ce sentiment de satisfaction avec cette accolade comme si la mission était réussie. En garde à vue, il (le prévenu) varie ses versions."

"Ce n'est pas le procès du foot mais de Monsieur S., a poursuivi la procureure. Et la victime est M. Payet. (...) Vous entrerez en voie de condamnation. Les faits sont particulièrement graves. (...) Le risque zéro n'existe pas mais la tolérance zéro s'impose. Stop à la violence. Les faits sont graves, les conséquences sont graves pour le joueur, tous les acteurs et l'image du sport."

"Cela peut tuer": la colère de l'avocat de la LFP

Alors que la LFP s'est elle aussi constituée partie civile dans ce dossier, l'avocat de la Ligue a déploré la succession d'incidents depuis le début de la saison. "La ligue est désabusée devant cette recrudescence des actes délictueux après le Covid, a-t-il expliqué. Cette affaire du jour débute en fait à Montpellier, en août, avec une pile envoyée sur le terrain. Quinze jours après il y a les événements de Nice, puis Angers, Saint-Etienne... La parole publique n'a pas été entendue."

Et de s'attaquer ensuite au supporter de l'OL: "Ce n'est pas le procès du supporterisme mais de la violence. Il y a ce sentiment d'impunité de pouvoir jeter une bouteille, et de se dire que ce ne sera pas si grave. Il n'est pas parti (lui-même du stade) parce qu'il pensait que le match allait continuer. (...) Il l'a dit en garde à vue: je voulais mettre la pression. On en est à ce niveau-là. C'est réussi : Dimitri Payet a dit qu'il a peur d'aller tirer un corner. Il (le lanceur) est au milieu de 5000 personnes dans son bloc, face à un joueur vulnérable, concentré sur son geste. C'est un demi-kilo qui lui arrive sur la tête. Cela peut tuer. Ce n'est pas aller trop loin que de dire cela. (...) Je ne doute pas que votre tribunal ira vers la condamnation. (...) Il faut protéger les acteurs. Si on continue, un acteur va se retrouver, à terme, dans un état grave sur un autre incident." Comme Payet et l'OM, la LFP va demander un euro de dommages et intérêt au titre du préjudice collectif.

Un geste "dramatique" et "volontaire" pour l'avocat de Payet, qui va demander un euro symbolique

L'avocat de Dimitri Payet rappelle à la barre que le prévenu a mis sa capuche avant de lancer la bouteille, et considère donc que l'acte est volontaire. "C'est un geste dramatique, pointe le conseil du meneur de jeu marseillais. J'espère que vous allez réfléchir à votre acte, vous avez visé un individu gratuitement... Le préjudice moral de Dimitri Payet existe. Il a désormais une crainte. C'est scandaleux."

L'avocat explique que Payet va demander un euro symbolique, et que l'OM - partie civile - va également demander un euro symbolique pour le préjudice.

Des supporters de l'OL se sont constitués partie civile

Une spectatrice présente dimanche au Groupama Stadium demande 200 euros pour préjudice moral, et un autre abonné demande un dédommagement de 500 euros pour les deux places achetées. "Je suis désolé", leur répond le prévenu.

Un père de famille déjà condamné pour escroquerie

L'audience du lanceur présumé de la bouteille a également permis d'en savoir plus sur son profil. L'individu de 32 ans est père d'une petite fille de 4 ans, mais séparé de la mère de celle-ci. Lui-même vit aujourd'hui chez sa mère, après une adolescence difficile marquée par le rejet de son père.

L'homme, qui a travaillé comme maçon et serveur dans un snack, a déjà été condamné à 4 mois de prison avec sursis pour escroquerie. Il est endetté à hauteur de 25.000 euros.

"La folie du moment", plaide le prévenu

La vidéo de l'incident a été projetée au tribunal, d'une durée de cinq minutes. Le prévenu est apparu très gêné à la vision de cette vidéo. Il reste silencieux.

"Vous avez un ami qui vous tape dans le dos pour vous dire que c'était un bon coup?", lui demande la présidente. "Je ne me souviens pas de cela", lui répond le prévenu.

"Vous êtes sur que vous ne vouliez pas viser?"
"Sûr"


"Cela a réjoui la tribune?"
"Moi, cela ne m'a pas réjoui."


"Comment vous expliquez votre geste?"
"La folie du moment."

"A quoi ça sert de lancer des objets?"
"A rien. C'est la première fois que je fais cela."


"Vous en voulez à Payet?"
"Je n'ai pas voulu le viser."


"C'est compliqué de dire que vous ne vouliez pas le viser"
"Je regrette vraiment mon geste déplacé. Je ne savais pas qu'il avait reçu quelque chose dans un autre match. Je ne savais pas", affirme-t-il après un moment de silence.

L'audience de l'auteur présumé du jet de bouteille a débuté

L’audience de l’auteur présumé du jet de bouteille vers Dimitri Payet a débuté à 14h10 au tribunal correctionnel de Lyon. Le prévenu s’est présenté en anorak, avec un maillot du Bayern Munich sur le dos.

La présidente du tribunal a rappelé au prévenu ses mots lors de sa garde à vue : "Vous dites que vous aviez reçu de la bière et que vous vouliez renvoyer la bouteille au lanceur de bière." Lors du deuxième interrogatoire, la vidéo montre en réalité qu’il visait la pelouse. "J’ai jeté l’objet dans sa direction (celle de Payet) sans vouloir le toucher mais pour lui mettre la pression. C’est une connerie", avait répondu le prévenu qui dit avoir ramassé la bouteille par terre et l’avoir lancé "dans l’euphorie du truc".

Après que la présidente a rappelé ses déclarations lors des interrogatoires, le prévenu a pris la parole à l’audience: "Je veux m’excuser auprès de Payet, de l’OL. Cela fait 20 ans que je vais voir des matchs. Je ne sais pas ce qui s’est passé dans ma tête. Je ne voulais pas viser Dimitri Payet. Je visais autour de lui, je ne voulais pas le toucher."

Le message de l'OL aux supporters présents au stade

L’Olympique Lyonnais a envoyé un message aux détenteurs de billets pour OL-OM, présents au Groupama Stadium dimanche soir, et qui peuvent légitimement s’estimer lésés après le scénario d’une rencontre qui n’aura duré que quatre minutes avant d’être interrompue définitivement deux heures plus tard. Le sort du match sera statué le 8 décembre prochain par la commission de discipline. "Une fois cette décision connue, nous vous communiquerons les suites qui seront données et vous informerons des dispositifs mis en place au niveau commercial concernant votre billet", écrit le club. Le club pourrait procéder à un remboursement intégral du billet, ou imaginer qu’il reste valable pour une autre rencontre.

Labrune: "C'est un fléau"

Présent lors de cette réunion, Vincent Labrune, président de la LFP, a assuré de la solidarité du football français pour lutter contre les incidents dans les stades : "Il n’y a pas d'ambiguïté. Le football professionnel français s’est présenté de façon unie, solidaire et déterminée. Tout le monde s’est entendu sur les objectifs. C’est un fléau, une urgence absolue, nous avons conscience de notre responsabilité."

Darmanin annonce une nouvelle réunion dans quinze jours, et des décisions rapides

A la sortie de la réunion entre le gouvernement et les instances du football français, Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, a évoqué les pistes de travail sur la question de la sécurité dans le football français. Une nouvelle réunion aura lieu dans quinze jours, avec des décisions qui devraient rapidement être actées:

"Nous avons convenu de travailler ensemble sur quatre sujets. Le premier, c’est celui de la question de l’interdiction des stades. La question de la sécurisation en elle-même des stades, avec les caméras de vidéo-protection, les filets de protection. La Ligue et la fédération y travaillent. La question évidemment de la sécurité privée puisque nous devons améliorer encore le contrôle à l’accès aux stades et puis enfin la question la plus importante comme on l’a vu dimanche, celle de savoir qui arrête un match, comment on arrête un match, quelles responsabilités pour arrêter ce match entre le rôle essentiel de l’arbitre et le rôle du préfet car il y a une question d’ordre public lors que l’on évacue des stades de 60 000 personnes.

Nous avons convenu de travailler très rapidement et dans quinze jours, dans le même format, nous retrouver afin de formuler au premier ministre et aux instances dirigeantes de notre football des propositions.

Notre envie est de travailler ensemble pour changer les règlements si les présidents veulent en discuter, permettre la rapidité d’une décision mais aussi pour pouvoir rendre un certain nombre de décisions dans quinze jours pour pouvoir très rapidement évacuer la minorité agissante qui pollue le beau spectacle.

Plutôt que de céder à l’émotion qui nous étreint tous lorsqu’un spectacle est gâché, nous préférons travailler sérieusement dans la perspective de quinze jours."

Maracineanu et Darmanin négatifs, la réunion devrait être maintenue

Le contrôle positif du Premier ministre Jean Castex aurait pu tout remettre en cause, mais les ministres Roxana Maracineanu et Gérald Darmanin ont bien été testés négatifs, selon des informations de BFMTV. La réunion devrait donc bien se tenir. Dix ministres du gouvernement de Jean Castex, en contact avec lui entre samedi et lundi, avaient été appelés à se faire tester au plus vite.

Petit rappel des faits

Le Marseillais Dimitri Payet a été touché dimanche soir au visage par une bouteille lancée par un supporter de l'OL, entraînant l'arrêt du match après un imbroglio entre dirigeants des deux clubs, l'arbitre, la Ligue de football professionnel (LFP) et la préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Après d'autres incidents en début de saison, plusieurs réunions techniques se sont déroulées entre les cabinets du ministère de l'Intérieur, de la Justice et des Sports.  Tout ce petit monde va donc se retrouver entouré des acteurs du football pour voir "ce qu'il faut faire" afin d'enrayer cette spirale de violence dans les stade, observée depuis le début de la saison.

Bonjour à toutes et à tous

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin recevra place Beauvau ses collègues Jean-Michel Blanquer (Education et Sports) et Roxana Maracineanu (ministre déléguée aux Sports), ainsi que des représentants de la Ligue professionnelle de football (LFP) et la Fédération française de football (FFF) après les incidents survenus dimanche soir lors du match OL-OM qui se disputait au Groupama Stadium, à Lyon.

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