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OM : le passé comme avenir ?

Pour la première fois de l'ère Deschamps, le "Petit", lancé par Gerets la saison dernière, a été titularisé samedi à Nancy, et a marqué.

Pour la première fois de l'ère Deschamps, le "Petit", lancé par Gerets la saison dernière, a été titularisé samedi à Nancy, et a marqué. - -

C’est avec le retour de cadres de l’ère Gerets (Hilton, Valbuena) que les Marseillais sont allés chercher une large victoire à l’extérieur (3-0 à Nancy). Comme la saison dernière. De bon augure avant le déplacement à Zurich, en Ligue des champions ?

Le « Petit » est de retour, et l’OM retrouve le sourire au moment où les mines commençaient à sérieusement grisonner sur le Vieux-Port après la douloureuse série de trois défaites d’affilée. Pour la première fois de la saison, Mathieu Valbuena, qui ne cachait pas ses envies d’ailleurs cet été, était titulaire hier soir à Nancy. Il n’a pas mis longtemps à justifier la confiance automnale de Didier Deschamps : cinq minutes très exactement, le temps d’ouvrir le score d’un tir en pivot dévié par un défenseur lorrain. L’entraineur olympien a dû apprécier en connaisseur. Au début des années 90, il avait persuadé Bernard Tapie de le garder, alors que le président de l’OM souhaitait s’en séparer. On connaît la suite.

Promis à un rôle de doublure, voire de numéro 3 sur le côté droit de l’attaque marseillaise en début de saison (derrière Ben Arfa et Koné), Valbuena a su oublier ses états d’âme d’ancien chouchou de l’ère Gerets pour mettre son nouveau patron dans l’embarras, lui qui estimait le feu-follet (1m64, 62kg) trop juste sur le plan physique. Avec beaucoup de sérieux et d’engagement à l’entrainement, l’ex-Libournais est progressivement remonté dans la hiérarchie. Au lendemain de son but, complété d’une solide performance dans le jeu (et de notes à l’avenant, 7 dans l’Equipe, 6,5 dans la Provence), il s’est dit « vraiment heureux », avouant même sur son site Internet avoir attendu ce moment « depuis de longues, très longues, trop longues semaines ». Il ajoute : « J'ai vite retrouvé les automatismes de la saison dernière, car nous avons tout de même un grand vécu avec Mamadou Niang et Brandao devant. »

Casse-tête pour Didier Deschamps

Pas si anodin que ça : à Nancy, c’est un peu l’OM de Gerets qui a gagné. Hormis Mbia en défense, Cissé et Abriel au milieu, les huit titulaires restants étaient des cadres de la saison passée. Pour certains, c’est un retour en grâce qui s’amorce. Régulièrement critiqué pour sa lenteur et son manque d’efficacité offensive, Brandao a une nouvelle fois prouvé son importance, harcelant sans relâche ses adversaires et inscrivant, comme souvent, un but dans la dernière demi-heure, récompense de son travail de sape. Les qualités de ce joueur atypique sont aussi décisives que ses défauts peuvent être crispants.

Il y a également le cas Hilton. Dépassé en début de saison par la concurrence des recrues défensives « strass et paillettes », Heinze et Diawara, le Brésilien a failli quitter Marseille lors du mercato estival. Mais son sens du placement et sa relance au dessus de la moyenne s’imposent comme des qualités indispensables depuis que l’axe provençal prend l’eau. Après avoir accepté son rôle de remplaçant sans broncher, l’ex-Lensois devient une alternative crédible pour rééquilibrer une arrière-garde en manque de complémentarité.

Si l’on ajoute à ces trois exemples la bonne rentrée de Baky Koné, auteur de deux passes décisives en vingt-cinq minutes passées sur le terrain, voilà quatre motifs de cogitation supplémentaire pour Didier Deschamps. De là à se demander si ce n’est pas dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleures soupes...

La rédaction - JFP