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Riolo : « Le PSG, leader naturel… »

Daniel Riolo

Daniel Riolo - -

Retour sur la première partie de saison du PSG, champion d'automne et qualifié en 8es de finale de Ligue des champions.

Le PSG en tête de la Ligue 1, c’est assurément logique. Et si on savait où était le meilleur effectif du championnat, la seule question en début de saison était de savoir comment Blanc allait gérer tout ça. Vous le savez, j’étais pour le moins sceptique. La gestion des stars, des ego, l’expérience du haut niveau, de son exigence, ça faisait beaucoup de problèmes à résoudre pour le nouveau coach. Un entraîneur qui a, en plus, été choisi comme la dernière roue du carrosse, ne l’oublions pas. Et la force de Blanc aura d’abord été de dissiper ou de régler très vite tout ce qui pouvait être un problème éventuel.

L’éventuelle rivalité entre Ibra, le tout puissant, et la nouvelle star Cavani ? Elle n’a jamais existé. L’Uruguayen s’est non seulement parfaitement intégré, mais il a en plus beaucoup marqué. Son déplacement à droite de l’attaque n’aura été un souci que pour les observateurs rabat-joie. Cavani est juste venu montrer que quand on est un pro de ce niveau, on s’adapte mais en plus on montre l’exemple.

Cavani a répondu aux attentes, mais dans le duo d’attaque, le plus surprenant est peut-être le visage du nouveau Ibra. Je dis « nouveau » tant il semble désormais loin de l’image qu’on avait de lui. La star qui pense d’abord à ses stats, qui écrase tout, qui fait gagner son équipe et rentre chez lui comme un mercenaire rentre au pays après une bonne mission, a disparu. Ibra ne nous a pas encore montré sa classe internationale au mois de mars, dans les gros matches de LDC, mais en attendant, il apparaît transformé. Impliqué dans le collectif, rassembleur, il est le leader du groupe au même titre que Thiago Silva qui paraissait lui bien plus programmé pour ce rôle.

Blanc a récupéré une belle équipe, un groupe de très haut niveau dont le vécu a forcément augmenté, mais il a aussi apporté un style. Après quelques mois de recherche, Ancelotti avait opté pour un 442 et un système plutôt axé sur le jeu de contre. Blanc a changé ça en cherchant à mettre la possession au cœur de son idée de jeu. Pour ça, il a densifié le milieu en mettant Motta, Verratti et Matuidi ensemble. Avoir Motta, qui n’avait joué que 12 matches la saison passée, l’a évidemment aidé. Reste que la réussite de Blanc est flagrante. Paris gagne et joue bien.

Au-delà du système et du style, Blanc a dégagé assez vite une équipe type. Van der Wiel a pris la place de Jallet à droite et devant c’est Lavezzi qui épaule le duo Ibra/Cavani. Seul ce poste semble d’ailleurs poser problème. Lucas, Menez, Pastore n’ont jamais été assez bons pour prendre la place de l’Argentin.

La hiérarchie est claire et c’est, selon moi, très important dans la vie d’une équipe qui veut aller loin partout.

Paradoxalement, on note aussi que dans ce groupe de grande qualité, le banc n’est pas si fort. Rabiot fait la doublure au milieu, Digne à gauche, Jallet à droite et Marquinhos en défense centrale. C’est satisfaisant mais pas renversant non plus. Mais c’est devant que ça semble plus problématique puisque le titulaire Lavezzi est loin d’être au top. Le jeu de possession fait ressortir ses lacunes techniques. Il préfère, en effet, avoir de l’espace et jouer en contre. Et pour le remplacer, on le disait, Lucas, Menez et Pastore ont très souvent été décevants.

Reste qu’avec ses joueurs, ses moyens, le PSG est exactement là où il doit être. Aucune surprise. Paris est maintenant devenu un club qui se doit d’être bon au printemps. La fin de l’hiver devrait bien se passer puisque le tirage au sort de la LDC a proposé le Bayer Leverkusen comme adversaire. Au sortir d’une phase de poule de LDC facile, de 18 matches de L1 dominés, le PSG offre, finalement, peu de référence. C’est un peu comme si malgré cette force affichée, ces beaux buts, le spectacle, ses stars, Paris avait encore tout à faire, tout à prouver cette saison…

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Daniel Riolo