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Romeyer : "L’OL aurait pu s’excuser"

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Trois jours après le derby entre Lyon et Saint-Etienne à Gerland (2-2), Roland Romeyer s’insurge contre un incident qui a eu lieu avant le match, lorsqu’un supporter lyonnais a qualifié les Stéphanois de « parasites » avec le micro du stade. Le dirigeant des Verts regrette le manque de condamnation du club rhodanien.

Roland Romeyer, vous avez été choqué par un incident qui s’est produit à Gerland, dimanche dernier, avant le derby Lyon-Saint-Etienne (2-2)…

Je suis en colère à cause de ce que j’ai entendu avant le derby. Le speaker officiel de l’OL a donné le micro à un représentant de supporters à cinq minutes du coup d’envoi. Je trouve que c’est un acte prémédité et irresponsable quand on entend les propos de ce supporter (il a qualifié les Stéphanois de « parasites »). Je trouve ça regrettable. Bernard (Caïazzo, le président du comité de surveillance) et moi, on a encaissé le coup. Des insultes gratuites. J’imagine ce qui aurait pu se passer si le parcage des supporters adverses avait été plein… Nos supporters ne se sont pas déplacés compte-tenu de l’arrêté ministériel qui était inadmissible puisque Saint-Etienne a des supporters partout en France. Il fallait que tous ces supporters rejoignent Saint-Etienne avant le match et partent en car. C’est n’importe quoi. Il fallait simplement dire au départ : « On ne va pas de supporters stéphanois ! » Point à la ligne.

En voulez-vous à Jean-Michel Aulas ?

Quand il y a un match à Gerland, Jean-Michel (Aulas) est responsable de tout ce qu’il se passe à l’intérieur de son stade. Tout comme nous à Saint-Etienne. Le speaker de l’OL a fait une faute en donnant le micro à ce supporter qui a insulté Saint-Etienne. Je l’ai mal vécu. Quand on touche à l’institution et aux Stéphanois, je ne peux pas bien le vivre. Si l’OL regrettait ces paroles du supporter, ils auraient pu s’excuser. Mais je n’ai pas eu de nouvelles d’un dirigeant de l’OL depuis la fin du match.

Ce silence vous a particulièrement blessé…

Nous avons été profondément vexés mais nous n’avons pas voulu polluer la grande manifestation du lundi soir (le match contre la pauvreté avec Zidane et Ronaldo, ndlr) qui était extraordinaire. Donc nous avons choisi d’agir mardi. Nous avons pris contact avec des membres de la commission de discipline de la Ligue. Nous avons envoyé une lettre recommandée pour leur dire de le mettre à l’ordre du jour de jeudi. Et nous avons vu avec notre avocat pour récupérer tous les éléments, vidéo et autres, de ce qu’il s’est passé afin de déposer plainte auprès du procureur de la République. Moi, si un de mes supporters qui insulte l’équipe adverse, je lui arrache tout de suite le micro et je m’excuse. Ça n’a pas été le cas. C’est malheureux cet énième débordement verbal. Après les chants des joueurs de l’OL (suite à leur victoire en Coupe de France en 2012, ndlr), j’avais eu la faiblesse de croire qu’ils avaient retenu la leçon et qu’il n’y aurait plus de souci. On peut comprendre la rivalité exacerbée entre les supporters des deux clubs. Mais il ne faut pas que cette rivalité soit entretenue ou amplifiée par les dirigeants des clubs.

Estimez-vous avoir été mal reçu par l’OL ?

Moi, que je reçoive l’OL, Marseille ou un autre, j’essaie de les recevoir le mieux possible. Parce qu’un match, c’est un jour de fête pour nous. D’ailleurs, Jean-Michel Aulas nous avait invités à déjeuner pour ce match. On était heureux. Bernard, arrivant du Sud, ne pouvait pas y aller. Et moi, je ne déroge pas à mes habitudes, je suis avec Christophe (Galtier, l’entraîneur) et Dominique (Rocheteau, le coordinateur sportif) à tous les matches. C’est la raison pour laquelle on a refusé son invitation, en lui disant que ça serait avec plaisir à la fin du championnat. Donc c’est bien 24 heures avant et le jour du match, on entend des insultes. C’est quand même contradictoire...

Vous avez également été touché par une banderole déployée par les supporters de l’OL : « Un tramway fait votre fierté ? Ça vous change des charriots de la mine ! »…

Si on touche aux mines, c’est comme si on touchait à la prunelle de mes yeux. J’ai un trop grand respect pour les mineurs. Ces gars qui descendaient au fond et qui étaient solidaires. Si on touche aux mineurs, moi je ne peux pas supporter. C’est comme si on agressait ou qu’on violait quelqu’un.