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Aulas : « Grenier et son agent sont très ambitieux »

Jean-Michel Aulas

Jean-Michel Aulas - -

Après la victoire à Montpellier (1-2), Jean-Michel Aulas est soulagé de voir son équipe se reprendre dans le sprint final en vue de la qualification pour la Ligue des champions. Et le président de l’OL espère convaincre Clément Grenier, décisif à La Mosson, de prolonger.

Jean-Michel Aulas, vos craintes se sont-elles envolées avec les deux victoires consécutives de l’OL contre Toulouse (3-1) et à Montpellier (1-2) ?

Cela prouve qu’il faut rester modeste dans l’analyse, que ce soit dans la victoire ou la défaite. Il n’y a pas de choses définitives. On avait quelquefois dominé notre sujet sur le plan du jeu sans ramener beaucoup de points. Ce soir (vendredi), il y a eu ce coup de canon formidable de Grenier, l’altruisme de Lisandro. Ça veut dire que le coach (Rémi Garde) a fait son travail. Il a mis les bons joueurs au bon endroit. Il faut prendre ça avec pondération. Montpellier a fait une seconde période de grande volée. On a retrouvé, par certains aspects, le Montpellier que l’on aime. Et on a eu cette réussite, alors qu’on n’y croyait plus, dans les arrêts de jeu. Quand on fait les choses sérieusement, sans faire beaucoup de bruit, qu’on travaille en interne sur les petits problèmes qu’on a rencontrés, on peut arriver à des choses tout à fait positives.

A quoi avez-vous pensé au moment du but de Clément Grenier ?

J’ai eu un petit moment d’émotion très fort. C’est peut-être un signe du destin, pour lui, dont on parlait dans les journaux, pour le club, qui se bat pour rester sur le podium. J’ai pensé à plein de soucis qu’on a par ailleurs. C’est un moment de joie intense.

Est-il en train de devenir un taulier à l’OL ?

Il est en train de s’affirmer dans le contact avec les autres. Il prend des initiatives, ce qui montre que c’est un vrai Lyonnais vis-à-vis de ses collègues. Max (Gonalons) a aussi beaucoup grandi. On s’est fixé l’objectif d’avoir au moins la moitié de l’effectif professionnel qui sorte du centre de formation, parce que ça donne beaucoup de cohérence, d’esprit de corps. Clément, on lui a souvent reproché d’être un peu dilettante, lent dans ses enchaînements, dans sa personnalité. Il nous démontre cette année tout le contraire de ce que certains avaient pu imaginer.

Il faut le garder, alors…

On s’en occupe (il est en fin de contrat en juin 2014, ndlr). J’avais annoncé qu’on allait lui faire une proposition. On l’a faite. On discute avec son agent, avec lui. J’ai dû le voir trois fois. C’est un garçon très ambitieux. Il a un agent très ambitieux aussi. Dans la vie, il faut avoir du talent, de la personnalité. Mais il faut être lucide, aussi. Il y a un prix de marché qu’on va arriver à mettre en ligne. Ce qui m’avait inquiété, c’est qu’il voulait attendre d’être sûr d’être qualifié en Ligue des champions pour pouvoir finaliser la discussion. J’espère qu’on va arriver à finaliser avant.

Voyez-vous la qualification pour la Ligue des champions se rapprocher ?

On va tout faire pour y parvenir. La Ligue des champions, c’est tellement merveilleux sur le plan de l’émotion, de l’image. Et de manière pragmatique, c’est tellement nécessaire pour les clubs, qui sont tous en difficulté. On a expliqué les choses depuis longtemps. Pour un club qui termine deuxième, ce sont 35-38 millions d’euros. La différence avec une qualification en Ligue Europa, c’est presque 30 M€. Il faut non seulement avoir envie d’entendre la petite musique, mais aussi regarder les comptes d’exploitation. C’est indispensable.

Vous restez devant Saint-Etienne à huit jours du derby…

Depuis un certain nombre d’années, c’est le cas. On s’est entraîné à être devant. C’est vrai que cette année, Saint-Etienne a vraiment une très, très grande équipe. Je pense qu’ils vont reprendre des forces demain (samedi). Je les vois gagner assez facilement cette Coupe de la Ligue. Il faudra voir dans quel sera leur état d’euphorie… Le derby est un match à part. Il faut évidemment avoir beaucoup envie de le gagner, mais il ne faut pas le surjouer avant. Il ne faut pas vouloir le gagner à n’importe quel prix. Mais c’est vrai que si on peut arriver avec cinq points d’avance, ce sera une motivation supplémentaire pour un match qui pouvait nous créer un certain nombre de craintes il y a 15 jours.

Pour qui serez-vous lors de cette finale de la Coupe de la Ligue ?

Je souhaite à Saint-Etienne de gagner sa première Coupe de la Ligue. Il y a tellement d’attentes du côté des supporters, qui sont nos voisins. Il faut penser toujours aux supporters. C’est sincère. J’ai soutenu Saint-Etienne contre Paris. A l’époque, on pouvait rivaliser avec Paris, du moins on l’espérait. Demain (samedi), la région lyonnaise, avec Saint-Etienne au milieu, pourra gagner un trophée. Il faut être du côté régional. Et du côté français en Ligue des champions.

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Propos recueillis par Florent Germain