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Ben Arfa : Pourquoi un retour en France pourrait être une (très) mauvaise idée

Hatem Ben Arfa

Hatem Ben Arfa - AFP

Plus en odeur de sainteté en Angleterre, Hatem Ben Arfa pourrait rebondir en Ligue 1. Alors que la rumeur l’envoie à Nice, l’avenir de l’ex-grand espoir du foot français intrigue. RMC Sport vous explique, avec un brin de mauvaise foi et d’humour, pourquoi cela pourrait virer au mauvais film.

La rumeur l’envoie du côté de Nice. Il serait surveillé par Lille. Des internautes facétieux s’amusent à imaginer son retour au milieu de la flamboyante jeunesse lyonnaise. L’avenir d’un certain Hatem Ben Arfa intrigue et fait parler. Avec une question : et si « HBA », 27 ans, revenait en France ? Plus en odeur de sainteté à Hull City (où il était en prêt), indésirable à Newcastle (où son contrat prend fin en juin), l’ancien Lyonnais et Marseillais se retrouve à un nouveau carrefour d’une route cabossée. Retrouver les terrains hexagonaux cet hiver serait-il une bonne idée ? Au risque de jouer les madame Irma du pauvre et de reconnaître notre erreur dans quelques mois, on a envie de répondre non. Un immense non. Pour plusieurs raisons.

Financière, d’abord. Dans les clubs français, l’argent ne pousse pas sur les pelouses. Qui, hormis le PSG, où sa venue n’aurait aucun sens sportif (sans parler de ses relations avec Laurent Blanc suite à l’Euro 2012), peut se permettre d’aligner les 250 000 euros nets par mois donnés par les Magpies ? Personne. On sait que le garçon ne court pas derrière l’argent, l’intendant de l’OL qui avait retrouvé un chèque de plusieurs dizaines de milliers d’euros dans son casier pourrait confirmer, mais tout de même… Pour revenir au pays, Hatem devrait consentir un immense effort financier. Vu la trajectoire de sa carrière, il est possible que Ben Arfa ne retrouve jamais plus le niveau d’émoluments garanti par Newcastle. Comment le blâmer, dans ce cas, de vouloir assurer ses vieux jours ? Il y a, ensuite, la raison sportive. A Hull City, Hatem n’a pas brillé. A peine huit matches de championnat sans moment(s) d’éclat. Il a beau se maintenir en forme à Paris, difficile de l’imaginer préparé à relever le défi de notre championnat. La Ligue 1 ne rigole pas, voyons. Demandez donc à Thiago Silva et David Luiz s’ils se sont sentis prêts à l’heure de croiser la terrible machine guingampaise…

Di Meco : « C’est un peu sa dernière chance »

Il y a, enfin, la raison comportementale. Celle de la balance risque/bénéfice. Ben Arfa, c’est de la nitroglycérine en short. Du feu sans les artifices. Partout où il passe, le mot « clash » finit par s’inviter au bal. Comme si le monde des crampons n’arrivait pas à s’entendre avec ce lecteur de philosophie. Alors, forcément, signer Hatem, c’est double tranchant. Il peut briller. Il peut aussi faire exploser un groupe. Prenez l’idée de Lyon, par exemple. Sur le papier, elle a de la tronche. Un joli pied de nez à l’histoir. Mais comment risquer de mettre une étincelle explosive au milieu d’un groupe qui réussit pour l’instant sa saison au-delà des espérances ? Le retour de l’enfant pas prodigue ne prend pas la forme d’une assurance tous risques. Ni pour lui ni pour le club qui l’accueillerait.

Mais on ne va pas se mentir : vu son talent (même exprimé rarement), revoir Ben Arfa chez nous serait un plaisir. « Quand on voit les pieds carrés qu’on a en L1, Hatem, c’est quand même pas mal, analyse Eric Di Meco. C’est un doué. Il est à un tournant de sa carrière. La réputation traverse les frontières. Il a un caractère particulier mais je ne suis pas sûr que ce soit un méchant garçon. C’est un peu sa dernière chance. Il faut qu’il joue. Revenir en France est un bon choix. Il n’aura pas de problème d’adaptation. Si c’est à Nice, ce sera avec un entraineur (Claude Puel, ndlr) qui le connait et qui saura le serrer. » Autre membre de la Dream Team RMC Sport, Frank Leboef se veut plus circonspect : « Ce n’est pas un effort financier qu’il devra faire, c’est un gouffre ! S’il arrive à s’arranger avec Newcastle, OK, mais sinon c’est mission impossible selon moi. Je le connais un peu, ce n’est pas un mauvais garçon. Il faut juste qu’il soit drivé, comme toute cette génération. Son retour peut marcher mais il faut un entourage autour de lui. »

Alexandre Herbinet