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Le mercato glace la L1

Yann M'vila

Yann M'vila - -

Touchés de plein fouet par la crise, la plupart des clubs de Ligue 1 éprouvent d’énormes difficultés pour vendre et (ou) recruter. Inquiétant ?

Ce n’est un secret pour personne, à l’OM, les caisses sont vides. Tellement vides que le club phocéen, pour ne pas froisser la DNCG, le gendarme financier de la Ligue 1, n’a pas officialisé la prolongation de contrat de Steve Mandanda, alors que le gardien international et ses dirigeants sont d’accord depuis longtemps. Lors de ses passages devant la DNCG, le club phocéen avait fait la promesse d’être « sage » sur le plan financier. Les temps ont clairement changé. « Certains clubs ont vécu au-dessus de leurs moyens », explique Bruno Satin, agent de joueurs. L’heure n’est plus aux folies. « Excepté le PSG, tous les clubs français et même européens sont en recherche d’optimisation économique », explique Jean-Michel Aulas, le président lyonnais.

Si « JMA » jure que « l’OL se porte beaucoup mieux que d’autres clubs français », les septuples champions de France, privés de la très lucrative Ligue des champions cette année, ne sont pas épargnés par la crise. Comme son homologue marseillais Vincent Labrune, Jean-Michel Aulas doit vendre pour pouvoir ensuite recruter. Mais alors qu’il a clairement poussé les gros salaires vers la sortie (Bastos, Cris…), aucun d’entre eux n’a trouvé un point de chute à ce jour. Alors que l’OL et les Russes du Rubin Kazan avaient trouvé un accord pour Bafé Gomis, c’est le joueur qui a refusé de faire ses valises pour la Russie.

Olivier (DNCG) : « Le PSG a mis de l’argent dans la machine »

Autre illustration de la morosité de ce mercato estival, le Rennais Yann M’Vila. Au top de sa forme il y a un an, son club, le Stade Rennais, avait budgété son départ pour cet été à 20M€. Mais des blessures, un Euro manqué et quelques écarts de conduite ont fait baissé sa cote. Aujourd’hui, le club breton est prêt à lâcher son joueur contre une petite quinzaine de millions d’euros. Et M’Vila n’est toujours pas parti. 

Faute de moyens financiers importants, les clubs, surveillés de très près par la DNCG, recrutent malin, c’est-à-dire à bas prix. Excepté Hamouma, recruté pour 4 M€ à Caen, l’AS Saint-Etienne n’a engagé que des joueurs en fin de contrat, donc libres et gratuits : « Le football a changé, admet Roland Romeyer, le président des Verts. Tous les clubs ont des difficultés. Nous avons eu la chance d’avoir la confiance de la DNCG. On a présenté deux ans de suite un bilan positif. Ça nous a permis de recruter rapidement et de prendre tous les joueurs que nous souhaitions. »

Dans ce marasme économique, la DNCG espère que les investissements colossaux des Qataris au PSG trouveront un jour un écho dans d’autres formations de l’élite. « Que ce soit au PSG ou à Monaco, le rôle des nouveaux investisseurs est super, observe Richard Olivier, le président de la DNCG. Ça a mis un peu d’argent dans la machine. Et cela permettra peut-être à certains clubs de faire des transferts plus rémunérateurs. »

Aurélien Brossier