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Les chômeurs de luxe du football français

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Le marché estival se termine dans une dizaine de jours et de nombreux joueurs n’ont toujours pas trouvé de club. C’est le cas notamment de Pires, Silvestre, Clerc, Dabo ou Bonnart.

Le chômage n’épargne pas les footballeurs. Surtout lorsque la crise rogne sensiblement les revenus des clubs. A quelques jours de la clôture du marché estival, l’UNFP (le syndicat des joueurs professionnels) recense 188 joueurs sans contrat dans l’Hexagone. Parmi eux, plusieurs noms prestigieux. Robert Pires, Mikaël Silvestre, Ousmane Dabo, Frédéric Da Rocha, Franck Jurietti… Tous la trentaine passée, mais encore de beaux restes et une grosse expérience du haut niveau.

A leurs côtés, figurent des joueurs tels que François Clerc (27 ans), Laurent Bonnart (30 ans) ou Mathieu Berson (30 ans). Une situation plus étonnante. Clerc compte 13 sélections en équipe de France. L’ancien défenseur de l’OL était même titulaire face à l’Italie lors du dernier match de l’Euro 2008 (défaite 2-0). Ses blessures à répétition ont sans doute freiné certains clubs, mais vu son âge il devrait pouvoir rebondir. Même chose pour Bonnart. Le latéral droit sort d’une saison pleine avec l’OM (44 matches toutes compétitions confondues). Artisan majeur du titre de champion de France, il était considéré comme l’un des meilleurs de L1 à son poste l’an passé.

Abardonadao : « Le nom et le palmarès ne veulent plus dire grand-chose » 

« Ce sont des chômeurs particuliers, nuance Rolland Courbis. La plupart on eu des offres, peut-être pas suffisantes par rapport à leurs exigences financières. Mais des clubs les ont sollicités. Donc ils s’ils sont au chômage, c’est un peu de leur faute aussi. » Une analyse confirmée par Jacques Abardonado, sans contrat depuis son départ de Valenciennes. Le défenseur de 32 ans a repoussé trois offres françaises et une de l’étranger. Pour des raisons familiales, mais aussi pécuniaires.

En attendant de trouver chaussure à son pied, il s’entraîne depuis trois semaines avec la réserve de l’Olympique de Marseille, dont il a porté les couleurs entre 1998 et 2001. « J’essaie de me préparer au mieux en espérant que ça se décante d’ici le 31 août, explique-t-il. Quand on est habitué à être sous contrat, c’est difficile d’être dans cette situation. Mais je garde espoir. Ça fait du bien de pouvoir s’entraîner.»

Tous n’ont pas la chance de « Pancho ». Certains ont dû faire appel à des préparateurs physiques pour se maintenir en forme. Mikaël Silvestre et Ousmane Dabo s’entraînent au Camp 8, à Saint-Raphaël. D’autres s’entraînent seuls. A l’heure où les clubs cherchent à réduire leurs masses salariales, les « vieux » et leurs exigences ont de moins en moins la cote. « Passé un temps, le nom et le palmarès ne veulent plus dire grand-chose, soupire Abardonado. La jeunesse arrive à grands pas derrière nous. On va continuer à travailler sérieusement en attendant une opportunité. Et si elle ne se présente pas, on passera à autre chose. » Loin des terrains verts.

Alexandre Jaquin