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Mercato : pourquoi l’OL attaque l’OM

Bafétimbi Gomis

Bafétimbi Gomis - -

Très remonté contre une prétendue approche directe de l’OM auprès de Bafétimbi Gomis, Jean-Michel Aulas a porté plainte devant la commission juridique de la LFP. Le dirigeant lyonnais reproche à ses homologues marseillais d’avoir bafoué les règles en vigueur.

L’Angleterre a Luis Suarez, Wayne Rooney et Gareth Bale. La France a Bafétimbi Gomis. A chaque pays son feuilleton du mercato estival et donc son bras de fer et ses phrases assassines. Et à ce jeu, Jean-Michel Aulas laisse rarement passer son tour. Après la qualification de son club pour les barrages de la Ligue des champions ce mardi soir, le président de l’OL a ouvert les hostilités. Dans son viseur, l’OM, qu’il accuse d’avoir fait capoter le transfert quasiment acté de Bafétimbi Gomis à Newcastle, en approchant l’attaquant international sans l’accord des dirigeants rhodaniens. « Il ne faut pas jouer à ce genre de choses, surtout quand on est un très grand club comme Marseille », a lancé le président lyonnais.

Souhaitant absolument se séparer de Gomis, Jean-Michel Aulas a donc décidé de déposer une plainte devant la commission juridique de la LFP. « La règle, c’est que vous devez prévenir le club dans lequel le joueur est sous contrat, explique André Soulier, le président de cette commission. M. Aulas a saisi la commission juridique pour une possible infraction au règlement. La commission va demander des explications à l’une et l’autre des parties. S’il y a lieu, il y aura un débat devant la commission. »

C’est la deuxième fois que cette commission juridique est saisie. La première date de 2006 et regroupe presque les mêmes protagonistes. Franck Ribéry, qui porte alors le maillot de l’OM, est en partance pour le Bayern Munich. Jean-Michel Aulas croise alors « par hasard » l’international français à Saint-Tropez et discute avec lui à plusieurs reprises. Pape Diouf, président marseillais de l’époque, l’apprend et saisit la commission. Celle-ci donnera raison au dirigeant phocéen et adressera un simple rappel à l’ordre à Jean-Michel Aulas.

Legrand : « Ça m’est arrivé, mais pas avec l’OM »

« Il faut respecter la hiérarchie, ne pas brûler les étapes, et ne surtout pas mettre la tête à l’envers à un joueur, souligne Jean-Raymond Legrand, le président valenciennois. L’OM a acheté Kadir l’année dernière mais ils ne l’ont pas appelé avant. » Bertrand Desplat, le président guingampais, a également traité avec les dirigeants marseillais cet été pour le transfert de Giannelli Imbula. Comme il l’avait fait deux ans plus tôt avec Jean-Michel Aulas lors de la vente de Bakary Koné. Et il assure que tout s’est parfaitement déroulé : « Dans les deux cas de figure, les relations ont été cordiales, tout s’est fait dans les règles de l’art. Deux personnages bien éduqués comme Vincent Labrune et Jean-Michel Aulas devraient bien s’entendre. »

Sur le papier, les règles sont donc très claires. Mais en coulisses, sous l’influence grandissante des agents et de l’entourage des joueurs, tout est plus flou. Et quasiment tous les coups sont permis, alors que Rennes et Lille ont peu apprécié au début de l’été les tentatives de l’OM pour Romain Alessandrini et Florian Thauvin. « Ça m’est arrivé, mais pas avec l’OM, assure Legrand. On dit vulgairement que ce sont des "enfoirés" parce qu’ils font le truc à ne pas faire. » En attendant la convocation de la commission juridique de la LFP, du côté de l’OM, l’atmosphère est sereine et aucun commentaire public ne sera fait. L’arrivée de Saber Khlifa, actée ce mercredi, a détourné l’attention de cette « affaire ».

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Le titre de l'encadré ici

L'OM ne renonce pas à Gomis |||

Vincent Labrune ne souhaite pas mettre de l'huile sur le feu et n'a pas officiellement réagi aux accusations de Jean-Michel Aulas. Le président de l'OM assure que ni lui, ni José Anigo, ne sont entrés directement en contact avec Bafé Gomis et que les reproches du président lyonnais sont infondés. Vincent Labrune estime que les relations difficiles entre Bafé Gomis et Jean-Michel Aulas ne concernent pas l’OM... Le président de l’OL, pour sa part, vise aussi les relations entre les dirigeants de l'OM et les agents l’attaquant lyonnais, dont les intérêts sont défendus par Pierre Frelot et Etienne Mendy, agents avec lesquels José Anigo et Vincent Labrune sont habitués à négocier (ils représentent les intérêts de Jordan  Ayew, Steve Mandanda…).

Elie Baup, l’entraîneur de l’OM, apprécie énormément Bafé Gomis - les deux hommes se sont côtoyés du côté de St Etienne - et reste à savoir si le coach de l'OM a aussi eu l'attaquant lyonnais au téléphone, pour lui parler et le convaincre de rester patient, de ne pas signer tout de suite à Newcastle. Malgré l'arrivée de Saber Khlifa, l'OM ne cache pas son intérêt pour Gomis. Marseille, qui veut faire un dernier coup d'ici à la fin du mercato, peut sortir les liquidités nécessaires pour payer le transfert. Mais les dirigeants marseillais veulent d'abord se délester d'un gros salaire. Un départ, même en prêt, de Morgan Amalfitano pourrait aider les Marseillais à avancer sur le dossier Gomis. L’OM ne renonce pas à Gomis.

FGe.

AA avec NJ et F.Ge