RMC Sport

Mercato : QPR, ce looser qui a la cote

Loïc Rémy

Loïc Rémy - -

Alors qu’il végète à la dernière place de Premier League, QPR a réussi à s’offrir le Marseillais Loïc Rémy, moyennant 10,5 M€. En difficulté sportivement, le club londonien est curieusement à la fête sur le marché des transferts.

De l’aveu de José Anigo, l’OM avait trouvé un accord avec plusieurs clubs pour le transfert de Loïc Rémy et la décision finale restait entre les mains du joueur. C’est désormais officiel, c’est QPR qui s’est attiré ses faveurs. QPR, la lanterne rouge de Premier League. QPR et ses deux victoires en 22 matches de championnat. QPR et sa série de 18 matches sans le moindre succès pour débuter sa saison. QPR et son intérêt également fort pour un autre international français, Yann M’Vila. Quand on quitte l’OM, sur le podium de Ligue 1, et que l’on est courtisé également par un club comme Newcastle, une question, toute simple, se pose naturellement : pourquoi ?

« Harry (Redknapp, l’entraîneur, ndlr) a joué un grand rôle dans ma venue, répond Loïc Rémy. J’ai beaucoup parlé avec lui et avec Tony Fernandes (le propriétaire du club). Ils m’ont clairement dit qu’ils me voulaient et m’ont donné envie de les rejoindre. Cette saison, l’objectif est de se maintenir, mais au-delà de ça, nous avons de plus grandes ambitions. Après sept ans en France, c’est le bon moment pour moi de relever un nouveau défi en Premier League, le meilleur championnat du monde. » Soit. Redknapp, le Sorcier, a fini par envoûter sur le fil un Rémy qui l’avait pourtant éconduit dix jours auparavant, en refusant de s’entretenir avec lui au Vélodrome, après le match de Coupe de France contre Guingamp. Pourquoi pas…

« Pour QPR, Rémy est un investissement mineur »

Mais pour que le dernier de la classe anglais puisse faire son marché chez un bon élève français, on imagine bien que quelques mots doux n’ont pas suffi. Pascal Perri, économiste, va donc plus loin dans l’explication : « Les clubs anglais sont globalement plus riches et plus attractifs que nos clubs. Notamment en termes de salaires. Y compris le dernier, grâce à des droits télé infiniment supérieurs et une politique de billetterie qui génère des budgets allant du double au triple. On a d’un côté Marseille et la politique de bonne gestion de sa présidente, de l’autre QPR, avec un actionnaire ambitieux qui, même s’il affirme vouloir jouer la prudence financière, dispose de moyens autrement plus conséquents, au point que l’investissement Loïc Rémy soit pour lui un investissement mineur ».

Quand on se permet d’avoir une masse salariale culminant à 150% de son budget, forcément, ça aide. Et les 100 000 € hebdomadaires qui auraient été proposés à Rémy ont dû avoir leur importance dans la décision du joueur de 26 ans. Cet été, malgré un exercice 2011-2012 décevant, QPR avait notamment réussi à attirer dans ses filets Ji-Sung Park, Julio Cesar ou encore José Bosingwa, qui pèsent quatre Ligue des champions à eux trois. Reste à convertir ces facilités mercantiles au classement. Car avec cinq points de retard sur le premier non-relégable, les Bleu et Blanc sont encore, malgré leur richissime propriétaire, bien loin du compte…

Alexis Toledano avec Nicolas Paolorsi