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Tigana, la Chine comme plan de relance

Jean Tigana

Jean Tigana - -

Démissionnaire en fin de saison dernière aux Girondins de Bordeaux, Jean Tigana est en passe de retrouver Nicolas Anelka en Chine, dans le club de Shanghai Shenhua. Une destination exotique en forme de défi pour le technicien, fortement marqué par son échec en Gironde.

La dernière fois que l’on a vu Jean Tigana sur un banc, c’était au soir du 7 mai 2011. Le technicien jetait l’éponge après la lourde défaite de Bordeaux contre Sochaux (0-4) et l’agression verbale dont était victime sa fille en tribunes. Enervé par l’attitude du public, intimement persuadé d’avoir été lâché par son groupe, Tigana claquait la porte bordelaise, sans penser à un éventuel rebond. C’est mal connaître le bonhomme. L’ancien international tricolore prendra l’avion, ce vendredi, direction la Chine et le club de Shanghai Shenhua, où un an de contrat l’attend. Dans ses valises, Tigana amènera son préparateur physique, Roger Propos, ainsi que Marc Lévy, son numéro 2 et aussi son entraîneur des gardiens. « Jean me l’a dit. Il ne veut pas rester sur la note négative de Bordeaux, assure son ancien préparateur physique en Gironde, Eric Bedouet. Son choix ne me surprend pas. Jean est quelqu’un de courageux. ».

C’est donc en Chine que Tigana va tâcher de refermer la plaie laissée ouverte à Bordeaux. Dans un pays et un football dont il ignore tout. « Jean, c'est quelqu'un qui est capable de prendre des risques, qui en a pris toute sa carrière et qui vit dans ce contexte-là, poursuit Bedouet. C'est quelqu'un qui est suffisamment costaud pour faire ça. » « Il a déjà entraîné à l’étranger, en Angleterre, en Turquie, rappelle Guy Stéphan, l’assistant de Didier Deschamps à l’OM, qui épaulait Tigana au Besiktas. Cette expérience va lui servir dans un monde avec des coutumes, avec des habitudes, avec une manière de vivre complètement différentes de ce qu’on peut connaître. Il aura sûrement quelques surprises mais c’est quelqu’un qui va toujours au bout de ses idées. S’il va là-bas, c’est qu’il y a mûrement réfléchi. »

Une difficulté nommée Anelka ?

Personne ne doute des capacités d’adaptation de Tigana à un football où l’intéressé aura beaucoup de choses à apporter. « Il a du vécu, il a son passé, et ça, on ne l'achète pas au café du commerce » estime Eric Bedouet. Mais à Shanghai, Tigana aura droit à une difficulté supplémentaire en la personne de Nicolas Anelka. Le joueur de Chelsea, qui s’est engagé pour les deux prochaines années avec le Shanghai Shenhua, est caractériel. Tout comme son futur coach. Qu’il y ait de la friture sur la ligne est-il déjà envisageable ? « C’est la vie de tous les jours et les résultats qui vont nous renseigner là-dessus. Ce sont deux forts caractères, mais aussi deux personnes qui ont envie de réussir et qui feront le maximum pour que leur club fonctionne bien » avance Stéphan. L’envie de réussir, de rebondir surtout. Voilà déjà un sérieux point commun pour le duo français. Et une belle piste de rapprochement.