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Triaud : « L’offre d’Arsenal n’existe plus »

Le président bordelais ne veut pas entendre parler d'un club anglais hors du Big Four pour Marouane Chamakh.

Le président bordelais ne veut pas entendre parler d'un club anglais hors du Big Four pour Marouane Chamakh. - -

Sans nouvelles de Wenger depuis quinze jours, Jean-Louis Triaud pense qu’Arsenal n’est plus intéressé par Chamakh. Le président bordelais n’a pas renoncé à le convaincre de rester.

Jean-Louis Triaud, le problème Chamakh n’aurait-il pas pu être réglé plus tôt ?
On a essayé en début d’année d’envisager une prolongation avec lui. Tout un tas de circonstances ont fait qu’on n’a pas pu en parler tranquillement, notamment son changement d’agent. Ce garçon a annoncé qu’il voulait vraiment jouer en Angleterre et qu’il aimerait qu’on étudie avec bienveillance son transfert en cas d’offre d’un club du Big Four. L’entraineur (Laurent Blanc) lui a toujours que si c’était dans ces conditions, pourquoi pas.

Mais Arsenal a fait une proposition et votre discours à changé…
Quand Arsenal est arrivé, on a dit qu’on ferait les efforts pour satisfaire son vœu, sans faire n’importe quoi non plus.

Où en est-on ?
Pas très loin. J’ai eu deux conversations téléphoniques avec Arsène Wenger. D’abord pour me dire qu’il s’intéressait à Chamakh et me demander nos conditions. Je les lui ai données et il m’a rappelé 48 heures après pour me faire une contre-proposition, très loin de ce qu’on avait souhaité. Je lui ai dit que ce n’était pas suffisant. C’était il y a deux semaines et pas de nouvelles depuis. Pour être clair, l’offre d’Arsenal n’existe plus.

« Pas une négociation mais un dialogue de sourds »

Les négociations sont donc rompues ?
Dans une négociation, une partie avance un chiffre, l’autre partie répond et ainsi de suite. Pour l’instant, ce n’est pas une négociation mais un dialogue de sourds. Je ne vois pas ce qu’Arsène Wenger attendrait pour nous relancer s’il était toujours intéressé. Par courtoisie, je ne pense pas qu’il reviendrait le 29 ou le 30 août, ce qui ne nous laisserait pas suffisamment de temps pour trouver une solution de rechange.

Marouane Chamakh peut-il rester une saison et partir libre en mai prochain ?
C’est possible. Ce qui est important, pour lui comme pour nous, c’est qu’il fasse une bonne saison. Bordeaux, ce n’est pas le bagne. Il va jouer la Ligue des Champions, dans un groupe où il a des amis. Je connais des gens plus malheureux que lui.

Cela ne vous gêne-t-il pas qu’un joueur de sa dimension puisse partir pour zéro euro ?
On n’en est pas là. Laissons les choses mûrir tranquillement. Techniquement, tout est possible, même une prolongation. Ce serait alors un dialogue entre Marouane et nous. Je pense qu’il est pour l’instant tout à sa déception de ne pas voir Arsenal se manifester avec plus d’enthousiasme. Il aimerait que les choses soient un peu plus concrètes que deux coups de fil de cinq minutes. Il est conscient que, quand on m’offre moins de la moitié du transfert de Gomis à Lyon, ce n’est pas tout à fait sa valeur. On me dit qu’il n’a plus qu’un an de contrat. Et alors ? Ça ne change pas son talent et ce qu’il apporte à collectif. S’il part libre l’an prochain mais qu’on fait une belle saison en championnat, en Ligue des Champions et dans les coupes nationales, son transfert sera payé.

« Je ne veux pas rendre Marouane malheureux »

Avez-vous reçu des offres d’autres clubs ?
Beaucoup de clubs anglais se sont manifestés. Il y a toujours Blackburn et il y avait eu avant ça Sunderland, avec lequel on n’avait pas été très gentil en étant un peu maladroit dans notre communication. West Ham s’intéresse aussi à lui mais ce ne sont que des rumeurs puisqu’aucun ne m’a appelé officiellement.

En avez-vous assez de ce feuilleton ?
Vous êtes là pour me le rappeler tous les jours (rire). Tout le monde serait soulagé d’avoir une issue. Marouane est un garçon adorable, qui a beaucoup apporté au club. Il ne faut pas oublier que Bordeaux est allé le chercher dans la banlieue d’Agen et lui a beaucoup apporté aussi. Sa première mi-temps contre Lens me fait de la peine parce qu’il n’est pas là. Mais je pense que ça peut changer très vite car ce qui le tracasse le plus, c’est l’indécision. Pour moi, son intérêt est de rester à Bordeaux et je pense que les clubs un peu tièdes aujourd’hui, seront brûlants l’année prochaine pour lui.

Si Sunderland met 10 ou 12 millions d’euros sur la table et que Marouane est décidé à partir, le laisserez-vous faire ?
Oui, c’est possible. J’en discuterai avec Marouane en lui disant que rejoindre ce club, certes avec de belles infrastructures, mais qui s’est sauvé de justesse l’an passé et n’est pas situé dans la zone la plus excitante d’Angleterre, c’est s’infliger un choix difficile. Mais si c’est son souhait, je ne veux pas rendre Marouane malheureux.

La rédaction-After Foot (G. Brisbois)