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Un mercato d’experts comptables

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Une semaine après l’ouverture du mercato hivernal, la tendance est plus que jamais au repli. Les clubs français vendent pour assainir leurs finances, et l’Europe, Angleterre exceptée, suit.

« On parle beaucoup et il ne se passe rien. » Alain Deveseleer, directeur général délégué Girondins de Bordeaux n’apprécie pas l’atonie actuelle sur le marché des transferts. Sept jours après l’ouverture du mercato hivernal, exceptés les 45 M€ lâchés par le PSG pour Lucas Moura, c’est calme plat. « Ce mercato est là pour apurer les comptes », reprend le responsable du club aquitain, condamné à faire des économies depuis plusieurs saisons. Au tableau des départs/arrivées, le club au scapulaire affiche une activité zéro. Selon nos informations, Yoan Gouffran et Jussiê pourraient aller voir ailleurs. Pour le reste, nada. Francis Gillot, qui a vient de prolonger, devra faire avec les moyens du bord.

« Aujourd’hui on vend avant d’acheter ou pour équilibrer les comptes », analyse Vincent Chaudel, économiste expert sport au cabinet Kurt Salmon. Avec Kadir et Samba, Valenciennes et Marseille ont fait affaires pour peu de frais (moins d’un million d’euros pour les deux dossiers). Montpellier est prêt à laisser filer Belhanda en Turquie. Depuis l’exercice 2009/2010 et la plongée de leurs comptes (130 M€ de pertes), les clubs tricolores jouent les expert comptables. Suppression du droit à l’image collectif (DIC), baisse des revenus des droits TV, chute des affluences aux stades… « L’ensemble des ressources est en baisse », résume Deveseleer. « Les clubs acheteurs sont confrontés à des difficultés financières, enchaine Chaudel. Cette année, c’est très calme. »

Deveseleer (Bordeaux) : « L’Angleterre commence à bouger, c’est bon signe… »

La France, pays traditionnellement qualifié de fournisseur de talents, se rattrape-t-elle grâce à ses voisins européens ? Non, ce n’est plus le cas. Sous la pression de la crise économique conjuguée à l’encadrement des finances des clubs par l’UEFA (Fair Play financier), la manne s’est aussi tarie hors de l’Hexagone. « En France comme en Allemagne, on ne dépense plus l’argent qu’on n’a pas », remarque David Wantier, agent français. L’Espagne et l’Italie en proie à des difficultés économiques, la Liga et la Seria A restent prudentes. Seule la Premier League, même si c’est à un niveau moindre, reste active. Chelsea (Demba Ba) et West Ham (Joe Cole) ont acheté, Newcastle, Everton, et QPR aimeraient les imiter. La Russie et la Turquie animent aussi le marché. « Le marché anglais commence à bouger, c’est signe qu’il va quand même y avoir du mouvement », espèrent en chœur Deveseleer et Wantier.