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El Guerrouj : « Une sensation magique »

Hicham El Guerrouj, double champion olympique en 2004

Hicham El Guerrouj, double champion olympique en 2004 - -

Retraité des pistes depuis son doublé à Athènes (2004) sur 1500 m et 5000 m, Hicham El Guerrouj revient sur son expérience olympique.

Avec du recul, quel regard portez-vous sur votre carrière ?
Je garde de très bons souvenirs. C’était fabuleux, c’était la belle époque. Je suis fier de ce que j’ai réalisé. Quand ma fille me dit que j’ai gagné beaucoup de courses et que ça la rend fière, c’est pour moi le plus beau des compliments. Les sensations de la victoire sont magiques. Ce qui est incroyable, c’est que j’ai réussi à partager mes victoires avec énormément de monde. J’ai vu des spectateurs et des journalistes pleurer devant moi.

Si vous deviez retenir une image de votre carrière, ce serait laquelle ?
En fait, j’ai deux images en tête : ma chute à Atlanta (1996) et ma victoire sur 1500m à Athènes (2004). Je pense avant tout au 1500 m parce que cette course est l’histoire d’une vie. Je suis tombé à Atlanta, j’ai perdu à Sydney (2000) et je l’ai finalement emporté quatre ans plus tard. Je trouve que c’est une belle histoire. J’espère sincèrement que cela donne de l’espoir aux jeunes marocains. J’ai montré qu’on pouvait y arriver en travaillant.

Qui pourrait être votre successeur à Pékin ?
Je pense que la course sera très ouverte. A mon avis, cela va se jouer entre deux athlètes : Mehdi Baala et Bernard Lagat. Celui qui gèrera la saison 2008 de manière intelligente s’imposera à Pékin. Une année olympique est un peu spéciale. Il faut savoir être humble, détendu. Si vous vous mettez la pression, il est impossible de gagner. Mais c’est humain de se mettre la pression. C’est pour cela que l’entourage a un rôle très important dans le succès.

Que représentent les Jeux Olympiques ?
Le rêve d’un athlète est d’être champion olympique. Vous marquez l’histoire si vous y arrivez. C’est une sensation magique.

Que pensez-vous de l’athlétisme d’aujourd’hui ?
L’athlétisme est un sport noble, qui véhicule des valeurs. Il faut être déterminé et avoir énormément de courage pour y arriver. Mais depuis trois ans, je trouve que l’athlétisme recule. Ce sport est malade, il a de la fièvre. Il faut réfléchir afin de lui donner un nouveau souffle. Ce sport à une histoire derrière lui et elle ne doit pas détruire son avenir.

La rédaction - Dominique Poulain