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Jeux paralympiques: Marie-Amélie Le Fur raconte ses souvenirs de Pékin, Londres et Rio

Déjà triple championne paralympique, l’athlète française Marie-Amélie Le Fur jette un regard sur ses trois expériences précédentes aux Jeux. Ses erreurs, ses coups de force et son apprentissage du rendez-vous quadriennal à Pékin, Londres et Rio, avant son dernier défi, samedi à Tokyo sur la longueur.

Pékin 2008 : médailles d’argent sur 100m et à la longueur

"Je n’ai pas honte de le dire, j’ai fait mes premiers Jeux à 20 ans et je me suis fait avoir par la magie des Jeux. Le village à Pékin était immense. Je me suis fait prendre à beaucoup me déplacer, à aller dans la zone internationale. J’a fait beaucoup d’erreurs mais j’ai capitalisé pour la suite. J’ai appris que les Jeux Paralympiques ce n’est pas que du sport, c’est du partage, de l’humain et si on met l’humain au centre c’est le moyen de réussir ses Jeux. Je suis arrivé au stade émoussée nerveusement parlant. Le jour J il faut être à 150% physiquement mais aussi nerveusement, le fait de se déplacer souvent, on crée une petit fatigue , pas grand-chose. En 2008 je n’ai pas tout fait jusqu’au jour J pour être une athlète de haut niveau."

Londres 2012 : médaille d’or sur 100m, argent sur 200m, bronze à la longueur

"A Londres, je ne regrette pas d’avoir fait les erreurs de 2008. En 2012, je suis arrivée en me disant "si tu veux réussir le jour J tu ne dois pas faire ça, tu dois t’organiser comme ça." J’ai peut-être été un peu trop extrémiste dans ma façon de faire. Je me suis coupée du lien aux autres. Entre 2012 et 2016 j’ai beaucoup évolué dans ma façon de faire mon sport. A Londres, j’ai subi la pression mais j’ai pu aller chercher le titre sur le 100m en 13’’26. Ensuite, le 200m a été beaucoup plus facile car l’objectif était rempli. On a eu la chance d’être soutenus par un public incroyable."

Rio 2016 : médaille d’or au 400m et à la longueur, bronze sur 200m

"A Rio j’ai enclenché un autre mode : il faut que je me protège en tant qu’athlète mais tu ne peux pas te couper du partage. J’ai trouvé le juste équilibre. C‘est parce que j’ai trouvé le juste équilibre que j’ai replongé que j’en ai pris pour cinq ans de plus. A Rio j’avais un état d’esprit beaucoup plus léger. J’ai beaucoup travaillé avec un préparateur mental ce qui m’a permis d’arriver en étant conquérante sans me couper du plaisir de l’autre, du public. D’avoir cette légèreté, ça m’a permis d’aller chercher des records du monde (59’’27 sur 400m et 5m83 à la longueur). Je m’étais blessée quelques semaines avant Rio, j’avais beaucoup d’incertitudes."

"J’ai alors essayé de me créer une confiance. Dans ces moments, il faut aussi savoir se retourner vers les personnes qui savent vous accompagner. A rio j’étais alignée sur quatre disciplines, il y avait l’objectif d’une médaille d’or. Je la visais sur le 400m ou la longueur. A partir du moment où j’ai gagné ma première épreuve les jeux étaient tout "bénef". Ces Jeux ont été magiques car Nantenin Keita (400m T13) a aussi été médaillée d’or."

Morgan Maury, à Tokyo