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Jeux paralympiques 2021: Houdet, Le Fur, Martinet... les chances françaises de titre

Plus de 130 athètes français sont engagés aux Jeux paralympiques de Tokyo, dont la cérémonie d’ouverture a lieu ce mardi dans la capitale japonaise. Si la délégation tricolore vise 35 médailles, elle espère aussi battre les 9 sacres de Rio. Avec plusieurs têtes d'affiche pour y arriver.

Stéphane Houdet (tennis-fauteuil)

Double médaillé d’or en double (2008, 2016), il ne manque plus que le sacre paralympique en simple au palmarès impressionnant de Stéphane Houdet. Porte-drapeau de la délégation française, le joueur de 50 ans ne va plus avoir beaucoup d’opportunité, même s’il affirme que "Paris 2024 est au programme". Au micro de RMC, il avait annoncé que de remporter le tournoi de simple serait "le braquage de l’année", tout en rappelant son statut de n°2 mondial en double, où il aura une belle chance de conserver son titre aux côtés de Nicolas Peifer.

Sandrine Martinet (judo)

Également porte-drapeau, l’autre tête d’affiche de la délégation française visera aussi l’or sur les tatamis. Sandrine Martinet avait été titrée dans la catégorie des malvoyants en moins de 52kg à Rio, quatre ans après sa déchirante blessure en demi-finale, alors qu'elle avait obtenu deux médailles d’argent en 2004 et 2008. À 38 ans, elle souhaite remettre ça chez les moins de 48 kg pour ses cinquièmes et derniers Jeux au pays du judo, quelques semaines après la razzia des Bleus aux J.O.

Marie-Amélie Le Fur (saut en longueur)

Spécialiste du 100m, 200m, 400m et de la longueur, Marie-Amélie Le Fur porte depuis 2018 la casquette de présidente du CPSF, le comité paralympique français. Elle sera à nouveau à surveiller de très près, même si elle ne pourra pas décrocher plusieurs breloques comme à Pékin, Londres et Rio, préférant se concentrer uniquement sur le saut en longueur (où elle a battu le record du monde en février, 6,14m), avant de tourner la page, elle aussi. En trois Jeux paralympiques, elle totalise déjà 8 médailles, dont 3 en or.

L'athlétisme, pouvoyeur de titres?

Au stade olympique, d’autres Français ont des raisons d’espérer le titre, malgré l’absence marquante de Jean-Baptiste Alaize, non retenu par sa fédération. Le bronze, l’or, l’argent puis à nouveau le bronze, Arnaud Assoumani est toujours monté sur le podium depuis ses premiers Jeux en 2004. Sur la longueur, la France pourrait donc réaliser un beau doublé si Le Fur venait aussi à s’imposer. Nantenin Keita visera elle le doublé sur 400m dans la catégorie des T13, alors que Mandy François-Elie avait été titrée en 2012 sur 100m en T37, avant de devoir seulement se contenter de l’argent en 2016. Elle visera une nouvelle fois l’or sur la distance reine.

Hanquinquant-Lemoussu, double chance en paratriathlon

Triple champion du monde de paratriathlon, Alexis Hanquinquant compte également trois titres européens dans la catégorie PTS4 et s’apprête à disputer, à 35 ans, ses premiers Jeux paralympiques avec le statut de favori. Chez les PT4, Gwladys Lemoussu présente également de belles chances, cinq ans après sa médaille de bronze à Rio. Élise Marc, double championne du monde en PTS3, participera aussi à ses premiers Jeux à 33 ans, avec également de bonnes chances de titre, mais en paracyclisme puisque sa catégorie n’est pas présente à Tokyo.

Le cyclisme et la natation pour laver l'affront

Dorian Foulon, habitué à rouler avec les valides comme sur le Tour de l’Avenir 2019, est multi-médaillé mondial sur piste ou en contre-la-montre et pourrait bien décrocher l’or sur la poursuite, le kilomètre ou le contre-la-montre avant, pourquoi pas, de disputer un jour le Tour de France. Ce mercredi, Marie Patouillet pourrait quant à elle faire retentir la première Marseillaise des Jeux, sur la poursuite en C5.

Les nageurs français aussi n’auront sans doute pas de mal à faire mieux que leurs homologues valides, qui ont dû attendre l’argent de Florent Manaudou pour décrocher leur première et unique médaille olympique à Tokyo. Ugo Didier, 19 ans, aura plusieurs opportunités, que cela soit sur 100m dos, 400m libre ou 200m 4 nages, avec Paris 2024 en ligne de mire. David Smétanine, de 27 ans son aîné, tentera lui de décrocher une dixième médaille paralympique, pourquoi pas la troisième en or, sur le 100m nage libre.

Les vétérans font de la résistance

Pour la première apparition du taekwondo aux Jeux paralympiques, Bopha Kong veut marquer le coup. À 37 ans, il a tout remporté (quatre titres de champion du monde et trois fois champion d’Europe) et s’avance donc comme favori dans la catégorie K43 en plus de 61kg. D’autres vétérans prétendent à l’or, à l’image de Fabien Lamirault (41 ans), double champion paralympique à Rio en tennis de table (en simple et par équipes), Maxime Valet (34 ans), deux fois médaillé de bronze en escrime il y a cinq ans, ou Perle Bouge (43 ans), championne du monde d’aviron à qui il ne manque que le plus beau des métaux aux Jeux paralympiques.

Jules Aublanc Journaliste RMC Sport