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JO 2016: Rio dans le bon chrono à un an de ses Jeux ?

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A Rio, le compte à rebours est lancé. Dans 366 jours, la « ville merveilleuse » recevra les Jeux Olympiques. Après s'être illustré pour ses nombreux retards lors de la préparation de la Coupe du monde 2014, le Brésil et sa capitale touristique relèvent un nouveau défi. Sévèrement critiqués par le CIO l'an dernier, les organisateurs ont depuis mis les bouchées doubles.

Dans son bureau au siège du Comité d'organisation de Rio 2016, dans le centre de la ville, Leonardo Gryner affiche sa confiance. « Non seulement nous serons prêts, mais nous sommes déjà prêts parce que plusieurs choses ont déjà été livrées à la population. Nous recevons maintenant les installations sportives pour le second semestre, insiste le vice-directeur général du comité d'organisation. Les principales infrastructures de transports commencent à être prêtes, certaines depuis deux ans déjà. »

La Transoeste et la Transcarioca, deux lignes de bus express qui relient Barra da Tijuca, le quartier du Parc olympique à la périphérie ouest de la ville et à l'aéroport international de Galeao, sont en effet déjà en circulation. La ligne 4 de métro, qui reliera le centre de la ville à Barra da Tijuca est, elle, encore en travaux. Jugé préoccupant il y a quelques mois, le chantier est maintenant dans les temps et doit être livré en juin 2016, à quelques semaines du début des JO.

Sur les 28 installations sportives prévues, trois sont déjà prêtes : le Maracana, le Sambodrome, où se dérouleront les épreuves de tir à l'arc, et les pavillons du Rio Centro à Barra da Tijuca, qui accueilleront le tennis de table, le badminton et le lever de poids. Certains chantiers en revanche restent préoccupants comme le Vélodrome, le stade le moins avancé du Parc olympique. « Il y a quelques chantiers qui ont eu des retards au début des travaux, mais c'est résolu et cela n'impactera pas la livraison finale qui se fera dans les délais », assure Leonardo Grymer. Les chantiers du centre de tennis et de l'Engenhao, le stade qui accueillera les épreuves d'athlétisme, restent eux aussi sous surveillance.

Stéphane Christidis : « On a vu de l'eau verte presque fluo ! »

Autre préoccupation et pas des moindres : la pollution des eaux. Celles de la Lagoa, où se dérouleront les épreuves d'aviron, et surtout celles de la Baie de Guanabara qui accueillera la voile et le triathlon. Les organisateurs ont déjà reconnu qu'ils n'arriveraient pas à traiter 80% des eaux usées qui se jettent dans la baie, comme prévu initialement. « Les aires de compétition de voile sont localisées dans des zones où les conditions de qualité des eaux répondent à toutes les normes internationales, se défend Leonardo Grymer. Ce sont des eaux propres, où vous pouvez vous baignez. » 

Du côté de l'équipe de France de voile qui a commencé à s'entraîner, à 10 jours des épreuves-test, le son de cloche est différent. « Des fois vous avez l'impression qu'il y a un camion d'éboueurs qui s'est un peu déchargé devant le bateau. Des sacs plastiques, des détritus... On a vu de l'eau verte presque fluo ! », raconte, ahuri, Stéphane Christidis, athlète de l'équipe de France. 

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Pour tenter de limiter les dégâts, des éco-barques ratissent la baie et des éco-barrières vont être installées. Mais pour Emmanuel Diyen, co-équipier de Stéphane Christidis, ces mesures d'urgence ne sont pas suffisantes : « Vue l'étendue de la baie et le peu de tout-à-l'égout qu'il y a dans la ville, il faudrait 10 à 20 ans d'efforts pour qu'il y ait des améliorations. » Sous le feu des critiques, le gouverneur de l'Etat de Rio vient de promettre une dépollution totale de la baie de Guanabara pour… 2030 ! Mais les Jeux Olympiques eux n'attendront pas. Ils ont lieu dans un an jour pour jour.

dossier :

Rio 2016

Mélanie Ferreira, à Rio