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Judo : sept choses à savoir sur Khyar, champion d'Europe à 20 ans

Personne ne l’attendait vraiment sur cette première journée des championnats d’Europe de judo, à Kazan (Russie). Et pourtant, Walide Khyar a surmonté tous les obstacles pour décrocher, à 20 ans, son premier titre de champion d’Europe, en moins de 60 kg. Découverte d’une pépite qui n’a jamais lâché pour s’imposer au plus haut niveau.

Il faisait partie de la virée des Espoirs en 2012 

Alors qu’ils effectuaient un stage au Japon, treize membres de l’équipe de France espoirs de judo sont pris en train de voler dans un magasin, en novembre 2012. Si aucune poursuite n’est finalement engagée contre eux, ces derniers sont rapatriés illico en France et suspendus trois ans, dont deux avec sursis. Parmi eux figure Walide Khyar. « C’était très dur, on s’entraînait comme des chiens. Les gens ne nous faisaient pas de cadeaux », confie l’intéressé, dont le souvenir de cette période est encore douloureux. « Mais ça fait partie de mon histoire et on ne sait pas ce qui se serait passé si ça n’était pas arrivé. » On sait en tout cas ce qui s’est produit après : ce titre de champion d’Europe chez les seniors, à Kazan.

Un judoka qui ne lâche jamais rien

« J’ai toujours été comme ça. Toujours. C’est ma plus grande force ». Alors qu’il ne reste que trois minutes et qu’il est mené, Walide Khyar fait du Walide Khyar. L’Azebaïdjanais Orkhan Safarov ne le sait pas encore mais il est tombé sur l’homme le plus déterminé de ces championnats d’Europe de judo. « Oui, il ne faut jamais lâcher, poursuit le Français. Il restait quand même trois minutes quand j’étais mené. Je savais qu’un yuko ou un wazari ne suffirait pas. Il fallait vraiment que je mette ippon. Ce que j’ai fait. J’ai fait le taff. »

Vainqueur sous les yeux de son coach

A Kazan, Walide Khyar n’a pas voyagé seul. Mais avec son coach au club FLAM 91, Kilian Le Blouch. Les deux hommes sont unis par un lien très fort. Membre de l’équipe de France lui aussi, Kilian Le Blouch n’a pas connu la même réussite, en s’inclinant dès le 1er tour de ces championnats d’Europe. C’est donc en spectateur qu’il a pu apprécier le tour de force réalisé ce jeudi par son poulain.

Zlatan comme modèle

La coupe de cheveux, cet espèce de palmier en guise de queue de cheval, laissait déjà transparaitre une influence ou, en tout cas, une volonté de ressemblance avec le grand Suédois du PSG. Walide Khyar est un fan de Zlatan Ibrahimovic, dont il partage la rage de vaincre. Et lorsqu’on lui lance : « Zlatan meilleur buteur de Ligue 1, Walide Khyar champion d’Europe », l’intéressé part dans un rire avant de relever : « c’est la Zlatan attitude ». CQFD.

Jeune oui. Ambitieux aussi

Champion d’Europe espoirs en septembre, Walide Khyar aurait très bien pu venir en repérage à Kazan, histoire de se frotter au haut niveau. C’est mal connaitre le bonhomme. « Ah non, pas du tout, affirme-t-il le plus innocemment du monde. Je n’étais pas en découverte. J’étais là pour gagner, pour avoir ce 2e titre dans la même année. J’ai fait champion d’Europe en septembre, là je le refais en senior. » Le CV du jeune judoka commence à peser. Outre ce titre européen, Khyar avait aussi fait des étincelles aux championnats du monde espoirs, en repartant avec le bronze. Mais aussi en terminant sur la dernière marche du podium de sa catégorie au tournoi de Paris.

Déjà dans l’histoire

Avant lui, chez les hommes, il y avait Teddy Riner. Puis Darcel Yandzi, véritable figure du judo dans les années 90. Et maintenant, il y a… lui. A 20 ans, Walide Khyar est devenu ce jeudi le plus jeune judoka masculin français à décrocher un titre européen.

Jamais sans sa mère

Un athlète n’est, souvent, pas grand-chose sans sa maman. C’est le cas de Walide Khyar, très proche de sa mère, qui constitue son plus grand et fidèle support. L’intéressé se déplace sur toutes les compétitions et ne manque jamais une performance de son fils. Sauf… cette fois, à Kazan. « Il devait y avoir mes deux grands frères et ma maman, raconte Walide Khyar. Mais au dernier moment, ils n’ont pas pu venir. Ils ont eu un problème de visa. Je suis déçu, dégouté mais je sais qu’ils m’ont soutenu. Ils se sont levés aussi tôt que moi pour me suivre. » Et ils ont bien vibré.

Et maintenant, le Brésil ?

« Je ne peux pas décrire ce que je ressens. C’est une année olympique, c’est un championnat d’Europe super important et revenir avec la plus belle des médailles, il n’y a vraiment rien de mieux ». Walide Khyar le sait : sa médaille d’or va compter à une centaine de jours des Jeux Olympiques de Rio. « En août, j’espère être au Brésil, martèle-t-il. J’espère faire les Jeux Olympiques. Ce n’est pas fini. J’ai un concurrent, Vincent Limare, qui n’a pas dit son dernier mot. » Certes. Mais le nouveau champion d’Europe des moins de 60 kg a marqué des très gros points en vue d’une sélection olympique. Désormais dans le Top 20 mondial, il est, à cet instant, qualifiable pour les Jeux

M.M. à Kazan