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Béziers: Dominici travaille déjà sur le recrutement

Christophe Dominici

Christophe Dominici - ICON SPORT

INFO RMC SPORT. Même s’il n’a pas (encore) repris le club de Béziers, Christophe Dominici multiplie les contacts pour s’attacher les services de plusieurs joueurs et entraineurs pour la saison prochaine. La méthode étonne.

C’est encore mieux qu’une série sur Netflix. A chaque jour son nouveau feuilleton. Et son lot de rumeurs. Le pitch: Christophe Dominici et des investisseurs emiratis souhaitent prendre le contrôle du club de Béziers, en Pro D2. Ils sont même entrés en négociations exclusives après le dîner de travail de lundi soir à Béziers, réunissant le maire Robert Ménard et les différents protagonistes. Des garanties bancaires auraient été apportées avec 10 millions d’euros placés sur un compte séquestre. "Je ne les ai pas vus", nous a cependant affirmé le Maire Robert Ménard. La soirée de lundi aura au moins permis de renouer le dialogue entre les deux parties.

Dans le discours qu’il tient à tous ses interlocuteurs, l’ancien international (48 ans, 67 sélections) ne laisse pas de place au doute: ce n’est plus qu’une question de jours avant que l’opération ne soit finalisée. Dans l’entourage du club biterrois, on se montre pourtant plus prudent. Mais aussi lassé par ces dernières semaines éprouvantes pour les nerfs. Et dans le monde du rugby, beaucoup suivent quotidiennement les évolutions avec un scepticisme prononcé. "Il n’a pas intérêt à se rater, sinon il est grillé sans avoir eu une affaire", voilà ce que beaucoup nous disent au sujet de Dominici.

L’intéressé, lui, est sûr de lui. A tel point qu’il travaille déjà sur le recrutement de la saison à venir. Selon nos informations, il a même concrètement contacté plusieurs agents ces derniers jours pour évoquer de potentielles recrues de renom. Des éléments libres, aussi bien français qu’étrangers, sont sur le marché après la pandémie. De Benjamin Fall à Alexis Palisson en passant par Ben Te'o ou Maks Van Dyk, la liste est longue. Dominici voudrait frapper fort pour renforcer le club dont il n’est pas encore le patron. La méthode étonne. "Il a mis le costume avant d’avoir repris le club", nous dit-on. "Il veut renverser la table", selon une autre source.

Nouvelle réunion jeudi à Paris

Chez les managers, là aussi, le vice-champion du monde 1999 voit grand. Des techniciens comme le Toulousain Ugo Mola ou le Clermontois Franck Azéma, bien que sous contrat, le font rêver. L’inverse est moins vrai. Car aller à Béziers dans un tel contexte n’est pas imaginable aujourd’hui. D’autres noms, dont celui de son ancien partenaire Richard Dourthe, circulent en coulisses alors qu’un staff est déjà en place. Accessoirement une équipe dirigeante aussi… Au moins jusqu’à jeudi matin et une nouvelle réunion à Paris à laquelle les actuels propriétaires ont été priés de se rendre par le Maire qui fera lui aussi le déplacement.

Car encore une fois, la vente n’est pas bouclée. D’ici là, les conseils des deux parties vont avoir du travail. Si des dettes "cachées" devaient apparaître à l'examen des documents comptables et que leur montant soit important, ce serait de nature à dissuader les nouveaux investisseurs d'aller plus avant dans leur projet. A l’inverse, certains doutent encore des ressources financières de ces éventuels repreneurs. "Il m’a dit qu’ils ont de l’argent mais je ne s’en sais pas plus", raconte un proche de Dominici. Il faudra de toute façon rassurer aussi bien avant qu’après la vente probable du club. "Est-ce que les mecs derrière lui sont crédibles, s’interroge un proche du club. Il ne faudrait pas que ça soit la dégringolade après…" Le feuilleton est encore loin d’être terminé.

Jean-François Paturaud