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Bouscatel : « J’aurais souhaité que Novès reste »

EXCLU RMC SPORT. René Bouscatel s’exprime pour la première fois depuis la nomination de Guy Novès à la tête du XV de France. Même s’il avoue qu’il aurait préféré conserver son mythique entraîneur, le président du Stade Toulousain se veut confiant pour l’avenir.

René Bouscatel, quel est votre sentiment suite à cette nomination de Guy Novès à la tête du XV de France ?

Tout d’abord je suis très heureux pour Guy Novès parce que c’est une nomination méritée. Je le connais suffisamment pour savoir qu’il va réussir avec l’équipe de France. A titre personnel ça a d’abord été un petit déchirement. Là j’en suis un peu au spleen et dans quelques temps j’en serai à la nostalgie. Mais c’est l’avenir qui compte, tant pour lui que pour moi, tant pour l’équipe de France que pour le Stade Toulousain. C’est très positif dans la mesure où il l’a voulu. Et encore une fois il le mérite très, très largement.

Votre relation avec Guy Novès a parfois été ponctuée d’accrochages...

Ce qui m’a le plus peiné, c’est de voir parfois dans les médias que nous étions dans des clans opposés. Ce n’est pas du tout le cas. On a eu 22 ans de vie commune, 22 ans pendant lesquels je l’ai soutenu, accompagné, parfois conseillé. Moi, avec lui je n’ai jamais eu de problèmes. Après, une vie commune de 22 ans ne peut pas se dérouler sans parfois des tensions. Ça n’a pas toujours été linéaire mais ça a toujours été pour des sujets techniques et d’intérêt du club, mais jamais sur des fondamentaux ou surtout dans les relations personnelles et d’amitié que je lui porte.

Cette nomination n’arrive-t-elle pas au bon moment pour tout le monde ?

Personnellement, j’aurais souhaité qu’il reste, c’est très clair. Tout le monde le sait en interne, lui-même aussi. Je pensais que l’on pouvait évoluer et qu’il nous accompagne dans cette évolution pour faire la transition et le changement au moment opportun. Il a choisi un autre challenge, encore une fois j’en suis très heureux pour lui, mais ce n’était pas mon choix. 

« On ne peut pas faire du sous-Novès »

Guy Novès a dit dimanche que deux personnes au club voulaient qu’il parte. Comment interpréter ces propos ?

Il faut le lui demander. S’il n’y a que deux personnes qui demandaient son départ, dans un club participatif où nous avons 18 membres dans le conseil de surveillance et une centaine de dirigeants et de bénévoles, ce n’est pas beaucoup. J’espère qu’il n’y en a pas plus en ce qui me concerne (sourire).

Comment voyez-vous sa succession ?

Sa suite sera complètement différente. Je pense qu’on ne peut pas copier Guy Novès. C’est quelqu’un d’exceptionnel, qui a apporté au club non seulement par son palmarès mais par son empreinte, son mode de management qui n’appartenait qu’à lui. Donc il ne faudra pas faire une copie. On va partir sur un nouveau projet, que je construis patiemment. Je suis en train de construire une équipe qui est quasiment faite mais je ferai une présentation, non seulement des hommes, mais également de l’organisation et du mode de fonctionnement que nous allons mettre en place et qui sera différent car on ne peut pas faire du « sous-Novès ».

« Je le lui ai dit mais je ne l’ai pas consulté »

Lui-même a déjà parlé de son successeur...

Il n’y aura pas de successeur de Guy Novès, qui était à la fois manager et entraîneur principal. On va travailler différemment, avec une autre organisation, mais je l’annoncerai lorsque nous aurons terminé la saison sportive.

L’avez-vous consulté concernant l’avenir du Stade Toulousain ?

Je ne l’ai pas consulté. Cette transition et la mise en place d’une nouvelle équipe, ça dépend de ma responsabilité. Ce sera un mode de fonctionnement participatif. J’ai mes idées, il faudra qu’elles soient partagées et pour l’instant elles le sont. Je le lui ai dit mais je ne l’ai pas consulté. Il a approuvé mes choix, ce qui me rassure quelque part et me fait plaisir. La grande fierté que j’ai, c’est que Guy Novès partant, le club est capable de générer une concurrence très large d’anciens joueurs entraînant actuellement, avec beaucoup de compétences et de qualités. Il faudra faire des choix. Ce n’est pas toujours facile, mais nous les feront. Les gens pourraient penser qu’il y a une personne providentielle et qu’elle partant, le Stade Toulousain est terminé, mais pas du tout. Le Stade Toulousain est un être vivant. Nous sommes tous des successeurs et les héritiers sont nombreux et de qualités.

« Ugo Mola est le choix premier »

L’arrivée d’Ugo Mola est déjà actée...

C’est vrai qu’Ugo Mola est le choix premier que j’ai fait. Il aura un rôle très important dans le dispositif et l’organisation, mais il ne sera pas le seul.

Appréciez-vous le profil de Fabien Pelous ?

Vous savez, au club nous avons une histoire telle que j’apprécie tous ceux qui ont porté le maillot.

Briguerez-vous un nouveau mandat de président en 2017 ?

Je vous le dirai en 2017. Je ne le sais pas et ce n’est pas à moi de le dire, c’est au conseil de surveillance qui désigne le président du directoire. S’il considère qu’il est de l’intérêt du club que je poursuive et si je suis, comme aujourd’hui, en pleine motivation pour le faire pourquoi pas... Mais vous savez, deux ans c’est beaucoup et c’est rien. Est-ce que j’en ai envie ? Aujourd’hui, oui.

la rédaction avec Wilfried Templier