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XV de France: les Bleus n'ont pas oublié la déroute de Twickenham durant le Tournoi

Lors de la dernière confrontation face à l’Angleterre, le XV de France avait sombré à Twickenham (44-8) en février dernier. Huit mois plus tard, les Bleus, remodelés depuis, estiment avoir progressé. Et ils vont tenter de le démontrer samedi à Yokohama (10h15) pour le dernier match de phase de groupes de la Coupe du monde.

Personne n’a oublié le 10 février dernier. Ce jour-là, le XV de France avait sombré (44-8) sur la pelouse de Twickenham face à l’Angleterre, dans le cadre du Tournoi des VI Nations. Les hommes de Jacques Brunel, dominés dans tous les compartiments du jeu, avaient encaissé six essais. Une humiliation encore dans toutes les mémoires avant les retrouvailles, samedi à Yokohama (10h15). "On en a parlé ente nous, avoue le troisième ligne Grégory Allddrit, remplaçant en février dernier. Cette déroute reste comme l’un des gros points noirs et on n’a pas envie de revivre la même. On va se servir de ce match et on va essayer de se rattraper." Une victoire n’effacera rien évidemment, surtout que la qualification est déjà assurée. Mais le traumatisme londonien paraîtrait alors bien loin.

"C’était une grosse déculottée, se souvient le centre Gaël Fickou, titulaire à Twickenham et qui avait écopé d’un carton jaune en début de seconde période. On l’a toujours en travers mais nous sommes aujourd'hui une nouvelle équipe et beaucoup de personnes sont arrivés dans le staff. Nous sommes sur une dynamique positive et on veut continuer. Ceux qui n’y étaient pas ne s’identifient pas à cette défaite. On sait très bien que les équipes changent très vite, c’est du passé. Mais c’est vrai que certains l’ont dans un coin de la tête. C’était dur pour nous, comme cela l’avait été un an plus tôt pour eux d‘avoir perdu au Stade de France."

A la recherche d’un match référence

Sauf que les Bleus avaient piqué leur crise en coulisses. Les langues s’étaient alors déliées et, pour la première fois, l’idée d’un changement de capitaine mais aussi d’un renforcement du staff, avec l’apport de Fabien Galthié, avait émergé. Huit mois plus tard, les Bleus ont effectivement beaucoup changé. Et au sein du groupe, on estime avoir plus de certitudes. "On a eu l’apport de certains membres dans le staff (Fabien Gathié donc, mais aussi Laurent Labit et Thibault Giroud, NDLR), note Maxime Médard. Ils ont amené des détails. On est plus précis dans notre jeu qu’avant." "On a l’impression d’avoir progressé, en tout cas d’avoir avancé et travaillé, selon Alldrit. On verra où l’on en est samedi contre une grande équipe comme l’Angleterre." Victorieux de ses trois premiers matchs de Coupe du monde sans convaincre, ce XV de France est pourtant toujours à la recherche de son match référence.

"Depuis Twickenham, nous avons progressé dans de nombreux secteurs mais nous sommes encore loin du niveau que l’on peut avoir si on arrive à respecter notre stratégie, qui est de faire reculer notre adversaire, et que l’on essaie de ne pas surjouer, souligne Fickou. Mais on sait que ça sera difficile et qu’il faudra mettre beaucoup d’agressivité. Un match référence? Oui, mais on veut surtout gagner nos matchs. Si c’est pour faire du beau jeu et se faire éliminer en quart de finale, ça ne nous intéresse pas. Si on gagne l’Angleterre de 42 points et qu’on perd ensuite le quart, on s’en fout. En revanche, si on gagne les deux d’un point on sera content." Un scénario idéal que personne n’aurait osé imaginer en février dernier…

Jean-François Paturaud à Kumamoto (Japon)