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Asloum : « J’ai pris goût au cinéma »

Brahim Asloum

Brahim Asloum - -

Pour sa première en tant qu’acteur, Brahim Asloum incarne Victor Young Perez, un champion du monde de boxe dans les années 1930 qui fut abattu lors de l’évacuation du camp d’Auschwitz (mercredi au cinéma). Il raconte cette reconversion pour RMC Sport.

La naissance du projet

« Je suis un apprenti acteur. On m’a contacté il y a plus d’un an. Un directeur de casting m’a demandé si ça m’intéressait de faire l’acteur. J’ai eu un rendez-vous avec Jacques Ouaniche, le réalisateur, et toute son équipe. On a discuté pendant trois heures et Jacques m’a demandé de revenir dans la semaine pour faire un casting filmé. La prestation que j’ai fournie lui a plu. Le lundi suivant, j’ai travaillé avec un prof pour apprendre et assimiler le texte. Ensuite, on s’est mis au travail, tant sur le jeu que physiquement. »

Une préparation difficile

« Il y a eu un peu plus de trois mois de préparation et deux mois et demi de tournage. C’était short, mais c’est peut-être là où je suis le meilleur, quand je dois vite assimiler les choses. La chance que j’avais, c’était que je connaissais cette histoire à mes débuts dans la boxe. Victor était un champion qui me parlait car il a été le plus jeune champion du monde de l’histoire dans ma catégorie (les poids mouches, ndlr). Quand je suis arrivé en équipe de France à 16 ans et que j’ai vu une plaque avec sa date de naissance, de décès et son palmarès, je me suis un peu identifié à lui. Je n’étais pas dans l’inconnue totale. »

L'apprentissage d'un nouveau métier

« Bizarrement, ce qui a été le plus dur ce sont les scènes de combat. Je me suis fait violence parce qu’il fallait que je fasse comme si je ne connaissais pas. Jacques m’a laissé apporter ma touche personnelle mais ce qui a été dur pour moi, c’est de ne pas anticiper, en sachant que tout se voit à la caméra. Il fallait que je subisse sans anticiper. C’était dur de prendre des coups toute la journée, pendant deux jours. Pour le jeu d’acteur, j’ai beaucoup travaillé. J’ai employé la même méthode que quand je voulais être champion du monde ou olympique. J’ai beaucoup répété. J’ai cherché beaucoup de documentation pour rentrer au maximum dans mon personnage. Ça demande beaucoup d’implication. Mais quand tu es sportif de haut niveau et que tu as besoin de faire une performance, il faut être minutieux, se dépasser, se faire mal. C’est un peu dans mon ADN. J’ai pris Jacques Ouaniche comme si c’était Louis Acariès (son ancien entraîneur, ndlr), j’ai bu ses paroles. »

Une reconversion préméditée ?

« J’avais cette envie de cinéma étant jeune mais après, j’ai entamé ma carrière de sportif de haut niveau. Bizarrement, j’aurais refusé le rôle d’un boxeur mais il s’avère que je l’ai accepté pour Victor. C’était l’exception. C’est une histoire qui me parlait et ça me tenait à cœur de la mettre à l’écran. Je suis Français de confession musulmane, Victor Perez est un Tunisien de confession juive, donc je trouvais la symbolique belle et elle parlait d’elle-même. Moi, elle me convient. Maintenant, j’ai pris goût au cinéma mais certains paramètres ne dépendent pas de moi. Est-ce que les gens auront envie de me voir au cinéma ? Est-ce que le monde du cinéma a envie de m’avoir avec lui ? Est-ce qu’on va me proposer des rôles ? Si je suis bon, on me proposera des scénarios. »

Un hommage à la boxe

« Si je suis ce que je suis aujourd’hui, c’est grâce à la boxe. Elle m’a donné l’opportunité de grandir et de faire des choses autour. Si je peux valoriser mon sport et lui apporter une certaine lumière, j’en suis ravi. La boxe a tellement de valeurs et de vertus. On le voit à travers le comportement de Victor : c’est ça un boxeur et un champion. »

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Propos recueillis par Vincent Delzescaux