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Boxe: Lomachenko, le meilleur boxeur du monde en quête d’histoire et de renommée (à voir sur RMC Sport)

Meilleur boxeur de la planète pour de nombreux spécialistes, le champion WBA Super des légers Vasiliy Lomachenko revient sur les rings ce samedi soir à New York après quelques mois d’absence sur blessure dans un combat d’unification contre le Portoricain Jose Pedraza, détenteur de la ceinture WBO (en direct sur RMC Sport 1 à partir de 3h). L’occasion pour l’Ukrainien de marquer un peu plus l’histoire de son sport, dont il a déjà écrit de belles lignes, et de gagner en notoriété avec un créneau de diffusion ultra stratégique.

Il est pour beaucoup le meilleur boxeur de la planète. A raison. Phénomène des rings, où son infernal travail de pieds formé à la danse traditionnelle ukrainienne lui permet de trouver des angles d’attaque très atypiques, Vasiliy Lomachenko pose des problèmes insolubles à ses adversaires. Au point d’en avoir vu quatre de rang - Nicholas Walters, Jason Sosa, Miguel Marriaga et Guillermo Rigondeaux - jeter l’éponge en cours de combat et refuser de partager le ring avec "Hi-Tech". Et forcément, avec un tel talent, on marque vite l’histoire. Le double champion olympique (2008, 2012) s’en est fait une spécialité.

Record de précocité égalé

Premier titre mondial? La ceinture WBO des plumes, alors vacante, raflée dès son troisième combat pro, record de précocité du Thaïlandais Saensak Muangsurin datant de 1975 égalé, alors qu’il avait raté sa chance de la remporter dès le deuxième, sa seule défaite chez les pros contre un expérimenté et vicieux Orlando Salido qui avait utilisé tous ses trucs de vieux briscard pour pourrir le combat. Deuxième titre mondial dans une autre catégorie? La ceinture WBO des super-plumes accrochée à son palmarès dès son septième rendez-vous dans le ring, record historique battu.

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Rebelote pour le troisième sacre dans une troisième division différente, les légers, avec le titre WBA Super pour son douzième combat en mai dernier. Du jamais-vu. Et à trente ans, celui qui a déjà annoncé en être grosso modo à la moitié de sa carrière pro – il a eu une longue carrière amateur au bilan quasi irréel de 396-1, une défaite "vengée" deux fois – compte bien poursuivre sur cette voie. Cette fois, Lomachenko (11-1 ; 9 KO) s’attaque à de l’inédit pour lui : un combat d’unification. Il n’avait pas pu le faire dans les deux catégories inférieures, bloqué par d’autres champions qui n’avaient aucune envie de se mesurer à lui. On peut d’ailleurs les comprendre. Mais le Portoricain Jose Pedraza a relevé le défi, sa présence dans l’écurie Top Rank de Bob Arum à laquelle appartient également l’Ukrainien facilitant les choses.

Une cote de 1,01

"J’ai toujours voulu unifier des ceintures, c’était mon objectif principal en passant chez les pros", salive l’intéressé, cité par ESPN. Qui devrait ensuite tenter d'aller chercher les titres IBF (pour l'instant vacant) et WBC (l'Américain Mikey Garcia, qui monte chez les welters en mars pour un super combat contre le champion IBF Errol Spence Jr) pour imiter son grand pote Oleksandr Usyk, roi unifié et incontesté des lourds-légers, avant de monter encore de catégorie. Champion WBO des légers depuis sa victoire sur décision unanime sur le Mexicain Raymundo Beltran en août, "Sniper" Pedraza (25-1 ; 12 KO) s’attaque pour sa part à une montagne bien plus pentue, en témoigne la cote de… 1,01 pour Loma sur la plupart des sites de paris. Ce qui ne l’empêche pas de croire en lui. "Sur le plan de la technique, il n’a jamais affronté un combattant comme moi, annonce-t-il pour le network américain. Vous allez me voir plus concentré et plus intelligent que jamais Je vais avoir l’occasion de montrer toutes mes qualités."

Arum espère surtout que l’Ukrainien affichera les siennes. Alors qu’il commence à peine à parler assez bien anglais pour répondre aux interviews dans la langue de Shakespeare, mais en cherchant toujours ses mots via son manager Egis Klimas, une vraie tare quand on veut développer son aura aux Etats-Unis (où il réside et s’entraîne), son promoteur continue de tout faire pour tenter de lui offrir une notoriété à la hauteur de son talent. Pour la deuxième année de suite après le combat contre Rigondeaux en 2017, Lomachenko est en effet programmé sur ESPN juste après la remise du Heisman Trophy, célèbre trophée américain célébrant le meilleur joueur universitaire de foot US, une cérémonie très suivie outre-Atlantique.

>>> Retrouvez le long format "Vasiliy Lomachenko, coups de ballet"

Pas de Madison Square Garden

De quoi surfer sur une vague d’audience même si le clan de "Matrix" a dû se résoudre à abandonner la salle principale du Madison Square Garden (occupée par un match de NBA entre les New York Knicks et les Brooklyn Nets), dans laquelle il avait affronté Jorge Linares en mai, son dernier combat en date en raison d’une blessure à l’épaule droite ayant nécessité une opération, pour revenir dans le Theater (5.500 places seulement) où il avait affronté Roman Martinez en 2016 et Guillermo Rigondeaux en 2017. Reste à savoir s’il a bien récupéré des soucis physiques ayant entraîné la "plus longue période sans combattre de (s)a carrière". "Je suis à 100%", affirme-t-il. Cela doit inquiéter Pedraza. Que Loma a privilégié à une affiche plus vendeuse contre un certain Manny Pacquiao, dont il considère la carrière comme "terminée", ce qui l’a poussé à refuser le choc pour "ne pas faire (s)a promotion en battant une vieille légende". L’histoire du noble art plutôt que la hype médiatique. Vasiliy Lomachenko n’est définitivement pas un boxeur comme les autres.

Alexandre Herbinet