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Caristan fait suer Mormeck

Caristan fait suer Mormeck pour la préparation de son combat contre Klitschko

Caristan fait suer Mormeck pour la préparation de son combat contre Klitschko - -

Pour son grand rendez-vous avec Wladimir Klitschko, et éventuellement avec l’histoire en cas de victoire le 10 décembre à Dusseldorf pour la couronne du titre mondial chez les lourds, le boxeur français se prépare avec l’ancien hurdler. Et « ça pique ». Reportage.

L’ancien hurdler ne montera jamais sur un ring pour y décrocher une ceinture mondiale chez les lourds comme le fera Jean-Marc Mormeck, le 10 décembre à Dusseldorf face à Wladimir Klitschko. Mais ces jours-ci dans l’est parisien, c’est bien le champion d’Europe 1986 du 110 mètres haies qui met la misère à l’ancien champion du monde des lourds légers, bien déterminé à décrocher la consécration dans la catégorie reine. De huit ans l’aîné de « J2M », 39 ans, Stéphane Caristan ne ménage pas son poulain depuis qu’ils ont commencé, en septembre, à préparer ensemble le choc face au cadet des Klitschko. Mormeck veut rejoindre Evander Holyfield et David Haye dans le cercle fermé des champions du monde mi-lourds sacrés dans la catégorie supérieure. Un défi qu’il paie au prix d’une préparation musclée.

« Non, non, tu remontes les talons sur les fesses (…) Garde tes mains hautes (…) Tu fais attention, il y a des voitures (…) Non, non, ils ne sont pas réveillés tes pieds ! » Le Guadeloupéen ne bronche pas. Collant noir, sweat blanc, il enchaine les pas-chassés et courses talons-fesses le long de la montée de la rue Maurice Grenat, à Saint-Maurice (Val-de-Marne), puis les 84 marches d’escalier de la ruelle du Bois, avant de terminer avec des fractionnés. La séance de plus d’une heure se terminera à l’INSEP par des exercices d’explosivité sur les gradins de la salle couverte. « Tiens ton rythme (…) Deux par deux, les marches, sinon tu casses ton rythme (…) Impose-toi jusqu’en haut ! » La sueur coule sur le visage de Mormeck. Une jeune athlète qui piquait un somme dans les travées regarde le manège, incrédule. Un peu plus tôt en haut de la volée de marches de la ruelle du Bois, le boxeur s’écroule sur la rampe. Cassé en deux. A la fin des fractionnés, il ne fait plus semblant. Brûlé de l’intérieur.

Un programme de soutier

« Ça pique, c’est sûr », glisse Caristan. Mais le maitre est content de son élève. « Aujourd’hui, Jean-Marc fait dans la qualité, ce qu’il n’arrivait pas à faire il y a deux mois. Il travaille bien. C’est super. » Mormeck morfle, mais Mormeck est d’accord. « Stéphane a une autre vision des choses, on travaille beaucoup sur l’explosivité. C’est dur, mais l’enjeu est là : au bout il y a une couronne dans la catégorie reine. » Le spécialiste des haies et le boxeur partagent les qualités de force explosive. Mais pas uniquement. « On travaille l’aérobie pour tenir sur la durée de la préparation, la puissance dans les cotes pour tenir les 12 rounds, et la vitesse pour aller vite avec ses jambes et ses bras. On jongle avec tout ça », détaille l’ancien coach de Christine Arron. Un programme de soutier qui va encore durer une semaine. Après, « J2M » aura droit à un programme allégé pour ses trois dernières semaines avant le combat. « La dernière semaine en Allemagne, on fera des mini-séances d’une heure, juste pour le maintenir réveillé. »

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De retour sur les rings dès la semaine prochaine
Une fois terminées ses séances de « torture », Mormeck remontera sur le ring face à des sparring-partners, comme ces Anglais qui viendront la semaine prochaine. « Des gars plus grands et plus lourds que Klitschko, ce sera parfait », s’impatiente le Français. Pendant ce temps, l’Ukrainien, poursuit sa préparation. On l’a vu mettre les gants avec des combats de son adversaire sur écran géant, et avaler les longueurs de piscine. « On verra bien qui aura fait la meilleure préparation. » Caristan a son idée là-dessus. Surtout qu’il aimerait bien finir l’aventure secrète qu’il a avec la boxe. « J’ai toujours été passionné, fan de Marvin Hagler dans les années 80,  j’ai vu le premier combat de Tyson pour le titre de champion du monde, le Cobra (Don Curry, NDLR) à Bercy, et maintenant Jean-Marc … »