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L’énorme business du MMA, peut-être prochainement autorisé en France

Tom Duquesnoy

Tom Duquesnoy - AFP

Vieux serpent de mer, la légalisation du MMA en compétition en France a été relancée par Roxana Maracineanu, ministre des Sports, ce mardi sur RMC Sport. Un marché très lucratif pour une discipline déjà très populaire dans l’hexagone.

Plusieurs organisations mais l'UFC ultra-dominante

La principale organisation de MMA est évidemment l’UFC (Ultimate Fighting Championship). Rachetée en 2016 pour 4 milliards de dollars par la société WME-IMG aux anciens dirigeants de Zuffa, elle poursuit une vaste stratégie d’expansion. C’est à ce titre que l’O2 Arena de Londres avait accueilli la Flight Night en mars 2018. Les 15.000 billets à 100 euros de moyenne s’étaient arrachés en un jour et demi. Le souhait de Roxana Maracineanu de règlementer la MMA et d'autoriser la compétition en France allèche évidemment les organisations (cf ci-dessous).

Des combats sont également organisés en Chine, à Shanghai ou en Allemagne (la Russie est à l’étude) et les 500 combattants de l’organisation viennent de 152 pays. Bharat Khandare est ainsi devenu en 2018 le premier combattant indien de l’UFC. Elle organise une quarantaine d’évènements par an et chiffre à 35 millions d’euros les retombées économiques locales.

Derrière l’imposante UFC, d’autres organisations se partagent la part du lion, dont Bellator et Invicta FC, également américaines, ou la Britannique Cage Warriors, qui organise des évènements à l’O2 Arena. Konfrontacja Sztuk Walki (Pologne) est également une référence comme Maximum Fighting Championship (Canada)

Des stars au service de la cause

Si l’UFC a d’abord eu une image déplorable en raison de son ultra violence et de l’absence de cadre réglementaire, elle s’est achetée une crédibilité en instaurant des règles très strictes (52) avec la sécurité des combattants érigées en priorité. Cela a participé à offrir une nouvelle crédibilité à la pratique, ainsi qu’à l’organisation. Signe que les temps ont changé, les stars d'Hollywood Ben Affleck et Mark Wahlberg, les joueuses de tennis Maria Sharapova et Serena Williams, le quaterback Tom Brady, le chanteur Adam Levine, et les humoristes Conan O'Brien et Jimmy Kimmel ont tous investi dans les parts mises en vente par l’agence WME-IMG, détenteur de l’UFC. De quoi asseoir son professionnalisme et son énorme cote.

Des droits TV démentiels

L’UFC monnaie évidemment ses combats via les très fructueux pay-per-view mais aussi des contrats télévisuels énormes à l’instar de 100 millions de dollars pour Fox Sports, pour un potentiel d’un milliard de téléspectateurs. Le combat entre Conor McGregor et Khabib Nurmagomedov organisé le 6 octobre 2018 a engendré un peu moins de trois millions de ventes de pay-per-view, un record pour la discipline. En France, RMC Sport a les droits de diffusion des combats, qui ont lieu dans la nuit du samedi au dimanche.

Une date réservée à Bercy chaque année

Malgré l’interdiction des compétitions de MMA en France, l’UFC est très attentive à l’évolution de la législation. Chaque année, l’organisation réserve en effet une date à Paris-Bercy "pour effectuer les meilleurs débuts possibles en France, au cas où les choses bougent", expliquait David Shaw, vice-président de l’UFC, à l’AFP en 2018. "L’UFC est très populaire en France, confiait Gary Cook, chargé du développement de l’UFC en Europe au Figaro en 2018. Les fans français sont parmi les plus actifs sur les réseaux sociaux. Nous avons eu des discussions avec des représentants du gouvernement et des fédérations d’arts martiaux. J’aimerais penser que la levée de cette interdiction n’est qu’une question de temps." Selon des chiffres officiels, il y aurait 50.000 pratiquants en France

Nicolas Couet