RMC Sport

La folle histoire de l'Iranienne Sadaf Khadem, qui va boxer en France

Iranienne de 24 ans, Sadaf Khadem va devenir la première femme de son pays à combattre officiellement sur un ring. L’idée est venue de l’ancien boxeur Mahyar Monshipour, lui-même né à Téhéran, qui a livré son témoignage dans les Grandes Gueules du Sport.

Du haut de ses 24 ans, elle s’est lancée dans un pari osé. Dans les prochaines semaines, l’Iranienne Sadaf Khadem deviendra la première femme de son pays à combattre officiellement sur un ring. Elle va quitter momentanément l'Iran pour venir en France et enfiler les gants à Royan (Charente-Maritime). A travers cet acte, elle entend faire progresser les droits dans son pays.

Un pari rendu possible par un autre boxeur originaire d’Iran, Mahyar Monshipour, né à Téhéran et devenu champion du monde sous les couleurs françaises en 2003. "La dernière fois que je suis allé en Iran, il y a deux ans, j’ai organisé un entraînement sur des collines sur les hauteurs de Téhéran. Parmi la quarantaine de boxeurs venus à cet entraînement, il y avait six filles, dont Sadaf. Ça a été notre premier contact", a raconté vendredi Monshipour dans les Grandes Gueules du Sport sur RMC.

"Elle va devenir une héroïne"

"L’Iran est un pays plein de contradictions et de paradoxes. La boxe est interdite en compétition pour le moment. Et il n’y a pas d’entraîneurs pour les femmes. Elles sont donc entraînées par des hommes et entrent alors dans la clandestinité. Elles s’entraînent dans des clubs privés, des salles privées. Elles ont le droit de s’entraîner, mais pas par des hommes. Avec Sadaf, on s’est mis d’accord. Elle m’a dit: "j’assume". Je suis persuadé qu’elle va devenir une héroïne nationale. Je lui ai dit que s’ils viennent l’embêter (le régime, NDLR), il est hors de question que je la laisse tomber. Pour bien connaître le fonctionnement du pays, je sais que vous êtes plutôt tranquille en Iran tant que vous ne faites pas de politique et que vous ne mettez pas en danger le régime", a témoigné Monshipour.

"Sadaf a le niveau d’une débutante, elle n’a fait que des entraînements. Mais c’est une athlète. Elle est prof de fitness. Elle est forte physiquement", a souligné Monshipour. En aidant cette jeune Iranienne - suivie par 17.000 personnes sur Instagram - à participer à monter sur le ring, l’ex-champion y voit avant tout "un combat vers la liberté et l’égalité".

RMC Sport