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Un boxeur italien suspendu pour ses tatouages nazis

Michele Broili a été suspendu par sa Fédération.

Michele Broili a été suspendu par sa Fédération. - Capture d'écran Instagram

Michele Broili, un boxeur italien de 28 ans, a été suspendu par la Fédération italienne à cause de ses tatouages nazis sur le torse.

Michele Broili a été suspendu jeudi par la Fédération italienne de boxe en raison de ses "tatouages avec symboles et évocations nazis", au coeur d'une polémique depuis un combat officiel samedi dernier. Les tatouages du boxeur italien de 28 ans ont été dénoncés par plusieurs médias italiens à l'occasion du combat qu'il a disputé - et perdu - samedi dernier à Trieste (nord) pour l'attribution du titre de champion d'Italie des poids super-plumes.

Sur son torse, on peut apercevoir un tatouage en référence aux "Skinheads du Front de Vénétie", un groupe violent, raciste et antisémite. Le boxeur italien est également couvert des lettres SS et du crâne "Totenkop", utilisé par les unités SS chargées de la gestion des camps de concentration, sans oublier le chiffre "88", en référence aux combattants SS et au salut hitlérien.

Un salut fasciste avant le combat

Son adversaire victorieux, Hassan Nourdine, 34 ans, avait confié à des médias avoir ressenti du "dégoût" quand il a "vu les tatouages sur le corps de Broili louant le nazisme" ainsi que des "saluts romains" dans les gradins. Tout en assurant que Broili était toujours resté "cordial" avec lui, tant avant qu'après le combat. Avant le combat, Michele Broili a même effectué un salut fasciste en direction de ses proches.

Le tribunal de la Fédération italienne, réuni jeudi, a décidé de suspendre le boxeur natif de Trieste au moins jusqu'au 19 novembre, date prévue de la fin de l'enquête préliminaire ouverte par le procureur fédéral. "Le tribunal considère que montrer en public des tatouages avec des symboles et des évocations nazis non équivoques lors d'une compétition sportive officielle représente un comportement grave et injustifié pour un licencié", s'opposant "aux principes généraux d'égalité, de non-violence et de non discrimination à la base du système sportif", selon la décision.

L'Office national de lutte contre les discriminations raciales (UNAR), rattaché aux services du Premier ministre, s'est indigné de la tenue du match dans ces conditions. "Nous demandons que la lumière soit faite sur les raisons pour lesquelles, face à une conduite aussi grave, il n'a pas été décidé d'interrompre immédiatement le match, et pourquoi il a fallu autant de temps pour se saisir d'un cas manifeste d'apologie au nazisme", a tonné le directeur de l'organisme, Triantafillos Loukarelis, dans un communiqué. La police s’est également emparée de l’affaire et une enquête pénale pourrait être ouverte.

AS avec AFP