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Vastine et le coin français ne décolèrent pas

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La route du boxeur français s’est arrêtée en quart suite à une décision incompréhensible des juges mardi soir. Une terrible injustice calquée sur le scenario de Pékin en 2008, où Vastine avait été privé de finale suite à une pénalité contestable des arbitres.

« Je suis écœuré ! Ecœuré. Voilà. Je suis dans un cauchemar. Je n’ai pas de mots. » Effondré, en larmes, Alexis Vastine (25 ans) ne réalise toujours pas. Défait sur décision des juges par l’Ukrainien Shelestiuk qu’il avait pourtant nettement dominé, le boxeur français (-69kg) voit ses rêves d’or s’envoler, sur une nouvelle injustice quatre ans après Pékin. « Je vais retrouver mes amis. Mon frère, mes proches, souffle Vastine. On va faire avec, encore une fois. Parce qu’il n’y a que des incapables. »

Dans la salle, le public siffle une décision incompréhensible. « Sur ce que j’ai vu, je donne le combat au Français Alexis Vastine, glisse Daniel Trepanier, chef d’équipe du Canada. Si on ôte le 1er round, Alexis a dominé les 2e et 3e. C’était serré, mais le combat allait au Français, sans aucun doute pour moi. » Idem pour Lee Cullen, l'un des coaches britanniques : « Je n'ai pas vu tout le combat parce que j'étais en train de préparer mon boxeur mais pour moi, Vastine gagne. Il gagne confortablement. » La réclamation portée par le clan français sera rejetée par la fédération internationale tard dans la nuit. Un simple petit bout de papier sans âme sur lequel était indiqué : « Vastine Alexis. La AIBA (fédération internationale de boxe amateur, ndlr) a visionné le combat 218 et n’a constaté aucune infraction au règlement. Le résultat est donc entériné. » Dévasté, Vastine shoote dans une chaise et fond à nouveau en larmes.

Acariès : « Il n’y a pas scandale »

Dans l’entourage du boxeur, la douleur est intolérable. « C’est insupportable, terrible, injuste, lance Jean Savarino entraineur des équipes France de boxe. On fait un sport avec des règles, codifiées. Le jugement doit être honnête. C’est destructeur pour l’athlète. On ne peut pas s’entrainer jour et nuit pendant quatre ans pour les Jeux de Pékin, puis pendant quatre ans supplémentaires pour les Jeux de Londres et subir cette humiliation humaine et sportive. C’est très difficile. »

Vastine paierait-il aujourd’hui ses critiques à l’égard du corps arbitral après les Jeux de Pékin ? C’est la thèse que soulève Patrice Dominguez, membre de la Dream Team RMC Sport. « J’ai l’impression qu’on ne lui a pas pardonné d’avoir critiqué l’arbitrage à Pékin. Il est dans le collimateur. On a l'impression qu'il y a de l'acharnement contre lui. » Ancien boxeur devenu entraineur et promoteur de combats, Louis Acariès va plus loin : « On n’arrête pas de pleurer. Voilà dans quel état on est aujourd’hui dans ce monde de la boxe. On a toujours su qu’aux JO, il y avait des décisions qui n’étaient pas très justes. Il n’y a pas scandale. Bien sûr, on aurait aimé que notre boxeur soit vainqueur. On jette la pierre aux arbitres du matin au soir. Faire Cosette, ce n’est pas beau pour la boxe. » L’opacité entourant les décisions des arbitres n’a pas fini de faire couler de l’encre et des larmes. Bien loin de l’esprit du sport et des Jeux. 

Sylvain Reignault avec P.Do